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22 septembre 2020 2 22 /09 /septembre /2020 00:01

Elle fait désormais l’objet d’une taxe, depuis le 1er août, dans la ville d’Eskilstuna, dans l’ouest de la Suède. Toute personne qui mendie devra payer un permis de mendicité. Pour ce permis de trois mois, il faut débourser 250 couronnes suédoises, soit environ 23 euros. Sans lui, la mendicité est passible d’une amende de 4000 couronnes, soit environ 372 euros. En une semaine, huit permis ont été validés selon le site suédois SVT (Source : huffingtonpost.fr, 06/08/2019)

 

Évidemment cette mesure a suscité des critiques. Déjà on ne voit pas comment les mendiants, qui n’ont pas de quoi vivre, pourraient payer ce permis. Simplement on leur inflige une double peine, en ajoutant à leur misère l’obligation de l’acheter. Ensuite certains redoutent que des gangs criminels le paient à leur place avant de rançonner les intéressés et de leur demander des remboursements faramineux. C’est effectivement une possibilité.

 

Mais je crois que là n’est pas le principal grief qu’on peut faire à cette initiative. Son but est de normaliser la mendicité en la bureaucratisant. Et on veut la réguler de cette façon jusqu’à finalement la faire disparaître, quand les mendiants n’auront pas de quoi payer leur permis et ne pourront payer l’amende.

 

L’intention est peut-être bonne. Mais on ne voit pas comment cette mesure visant à les recenser pourrait « conduire les personnes concernées à entrer en contact avec les services sociaux et les autorités locales », comme le dit le conseiller social-démocrate de la ville.

 

Méfions-nous des projets philanthropiques. Il faut bien en voir l’hypocrisie. On connaît l’ouvrage généreux De l’extinction du paupérisme de Louis-Napoléon Bonaparte, publié en 1844. Mais ensuite le régime du Second Empire n’a pas hésité à massacrer des pauvres à l’occasion d’émeutes, comme cela est dénoncé dans beaucoup de poèmes des Châtiments de Victor Hugo. Ce fut là une singulière façon d’éteindre le paupérisme !

 

Singulier de la même façon est le modèle social suédois. Au lieu de se demander d’où vient le dénuement des personnes, et comment on pourrait les aider, on prend acte de leur présence dans un corps social qui fondamentalement les rejette, et on invente un dispositif qui vise à leur disparition. Aucune pitié ou compassion ici. Simple cynisme administratif, et égoïsme foncier.

 

Mais on ne fait pas tomber la température en cassant le thermomètre.

 

D.R.

 

***

 

Retrouvez tous mes articles de Golias Hebdo, publiés en plusieurs volumes, sous le titre Des mots pour le dire, chez BoD. Sur le site de cet éditeur, on peut en lire un extrait, les acheter... Cliquer : ici.

 

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 00:01

... Cet amour de l’amour est une grande soif d’aimer, et comme on le sait le propre de la soif est de ne pas être difficile sur la nature du breuvage qui lui est présenté. On peut se désaltérer de tout, et de la première gourde venue. C’est pourquoi le dieu latin de l’amour, Cupidon, est présenté avec un bandeau sur les yeux : il rend aveugles ceux qu’il frappe de ses flèches.

 

Pourtant, si confus que soit cet état, l’aban­donnerait-on ? De toute façon, après le sommeil ou la léthargie de l’enfance, le corps désire, et le cœur bat, et ce n’est pas rien. Enfin quelque chose se produit qu’il nous semble avoir attendu depuis toujours ! C’est comme un réveil. Voyez la Belle au bois dormant réveillée par l’étreinte du Prince charmant, ou encore le groupe sculpté de Canova : Psyché (l’Âme) réveillée par le baiser de l’Amour.

 

Car si l’amour fait souffrir, par exemple lors de la rencontre effective de l’autre, qui très souvent déçoit ou désabuse, il donne au moins l’impression de vivre. Quand on aime, on ne s’ennuie pas. Les ennuis d’amour ont ceci de bon qu’ils n’ennuient jamais. Au moins est-ce là ce qu’on peut comprendre rétrospectivement, avec le recul de l’expé­rience ...

 

 

***

 

Ce texte est extrait de mon livre Savoir aimer - Entre rêve et réalité, pp.13-14.

 

Pour en feuilleter le début, cliquer ci-dessous sur : Lire un extrait. Pour l'acheter sur le site de l'éditeur, cliquer sur : Vers la librairie BoD  :

Savoir aimer

Théron, Michel
20,00Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Aimer au sens humain du mot n'est pas quelque chose de spontané. Cela s'apprend tout au long de la vie, et par une réflexion à quoi ce livre veut contribuer. Il ne défend aucune vision normative de l'amour. Il traite d'abord de l'amour-passion, qui se nourrit de désir et de rêves. Puis de l'amour-compassion, qui affronte le réel. Ensuite il met en lumière les dangers qui guettent l'un et l'autre : l'oubli d'autrui pour le premier, le sacrifice de soi pour le second. La (...)

On peut aussi acheter ce livre dans le commerce (ISBN :  978232224221).

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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 00:01

En mini-jupe, décolleté provoquant ou nombril apparent (crop top), répondant à un appel sur les réseaux sociaux, des lycéennes et collégiennes ont manifesté lundi 14 septembre contre la « tenue correcte » exigée par les règlements des établissements, qu’elles estiment sexistes. Elles ont réclamé le droit de s’habiller comme elles le veulent, et Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté et ex-ministre à l’Égalité femmes-hommes les a soutenues dans un tweet : « En tant que mère, je les soutiens avec sororité et admiration. » (Source : nouvelobs.com, 14/09/2020)

 

Je trouve non seulement que cette initiative n’a rien à voir avec ce que devrait être un vrai féminisme, mais qu’elle est aussi extrêmement imprudente. Elle témoigne d’une ignorance totale du fonctionnement masculin. Ce dernier est basé essentiellement sur la vue. Si pour la femme par exemple le toucher est important (le pôle haptique), pour l’homme c’est l’optique qui domine, ou ce qu’on appelle la « pulsion scopique ». Il y a là une différence anthropologique fonda­mentale.

 

À partir de là, il est absurde de vouloir une parfaite identité d’habillement entre les sexes. Les seins féminins par exemple ont pour l’homme un pouvoir érotique indéniable, et vouloir pour une femme se promener poitrine nue en arguant du fait que l’homme le fait aussi est méconnaître la différence essentielle des deux situations. On sait que les Femen ont fait de cette initiative leur étendard. Mais on ne peut pas banaliser la nudité féminine au même titre que la masculine.

 

Voici comment s’exprime une lycéenne de Terminale : « On en a marre que ce soit à nous de nous changer, de nous couvrir. C’est au regard des hommes de changer, ce n’est pas à nous de nous adapter. Ce mouvement, c’est une forme de rébellion face au règlement imposé par le patriarcat. »

 

Mais les hommes peuvent-ils changer toujours leur regard ? Je sais bien que comme dit l’Évangile l’impureté est dans le regard, et non dans la chose regardée (Matthieu 6/22 ; Luc 11/34). Dans l’absolu, rien du plus juste que cela. Mais aussi il faut être réaliste, et avoir ici une certaine prudence : que gagne-t-on à provoquer le Diable ?

 

Une autre lycéenne résume sa position ainsi : Nos tenues ne sont pas le problème. Le problème, c’est le harcèlement, les agressions et les viols. » Mais si ces derniers étaient favorisés précisément par les premières ?

 

Je viens de citer l’Évangile. À côté de celle concernant la pureté du regard, une autre sentence s’y trouve, et que devraient ici méditer nos provocatrices : « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! » (Matthieu 11/6)

 

Appel à manifester, journée lycéenne du 14 septembre 2020 (D.R.)

 

***

 

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
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