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10 août 2018 5 10 /08 /août /2018 00:01

Il y a quelque temps en Allemagne on a proposé aux hommes qui n’étaient pas sûrs s’être les vrais pères de leurs enfants un test de paternité par analyse d’ADN. Ils devaient frotter l’intérieur de leur joue et celui de leurs enfants avec deux coton-tiges différents et envoyer les échantillons dans un labo spécialisé, qui déterminait en quelques secondes, pour 400 euros environ, si les empreintes génétiques se recoupaient ou non.

 

Résultat : les soupçons ont été confirmés dans un cas sur cinq. Cela évidemment a déclenché des crises familiales, rupture, rejet des enfants, etc. Un vrai faux papa a même exigé devant un tribunal le remboursement de dix-huit ans de pension alimentaire !

 

Le Bundestag a envisagé alors d’interdire la réalisation de ces tests sans le consentement explicite de la mère. Dans un pays où de très nombreuses femmes, toujours au foyer, dépendent financièrement du père, véritable ou non, de leurs enfants, l’essentiel était de les protéger d’un futur précaire.

 

Ce m’est ici l’occasion de réfléchir sur ce qu’est la vraie paternité : elle n’est pas biologique, mais fonctionnelle. Le vrai père n’est pas celui qui « donne la vie », mais celui qui adopte l’enfant, qui décide de s’en occuper. C’est ce qu’on voit dans le très profond mythe de la naissance virginale de Jésus, tel que le raconte le début de l’évangile de Matthieu. Le vrai père de Jésus est Joseph, parce qu’il l’a gardé auprès de lui pour l’élever, le faire grandir.

 

Voyez aussi Fanny de Marcel Pagnol. À Marius qui veut récupérer son enfant, César répond qu’il est très facile pour un homme de donner la vie, et même très souvent elle lui est prise, en quelques secondes d’inconscience : « Les chiens aussi donnent la vie… » Le père ici est Panisse, qui a épousé Fanny et reconnu l’enfant qu’elle portait en lui donnant son nom. Comme le dit l’adage juridique : Is pater est quem nuptiae demonstrant – Le père est celui que démontre le mariage. Et quand Marius demande impertinemment si le père est « celui qui donne la vie ou celui qui paie des biberons », César répond très profondément : « Le père, c’est celui qui aime. »

 

Laissons donc la biologie où elle est : elle nous ferait régresser à la barbarie, en passant de l’ordre subtil de la culture à celui, élémentaire, de la nature.

 

(8 avril 2010)

 

 

D.R.

 

***

 

Nota : Ce texte est aussi publié en volume. Retrouvez-le, avec toutes mes chroniques revues et enrichies, réunies sous forme de livres édités chez BoD en version papier et en version électronique, et constituant une collection de plusieurs tomes :

 

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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