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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 01:01

C’est la théorie selon laquelle les richesses des uns descendent ou « ruissellent » sur les démunis, par les dépenses que font les premiers et donc les emplois qu’ils créent, donnant ainsi du travail aux seconds.

 

L’origine peut en être La Fable des abeilles, de Bernard Mandeville, ouvrage politique anglais paru en 1729. Le sous-titre en est : Private Vices, Public Benefits (Vices privés, vertus publiques). Ce livre soutient un constant paradoxe : c’est l’égoïsme des nantis qui crée au final l’opulence générale, et c’est à l’inverse la morale traditionnelle qui inhibe les gens et qui, en les empêchant d’agir, appauvrit la société. On a vu dans Mandeville un précurseur du libéralisme économique.

 

Sans doute notre président, qu’il le veuille ou non, est-il un adepte de cette théorie, quand il dit que dans une société les « premiers de cordée » tirent en quelque sorte les autres en leur donnant du travail par leurs investissements. C’est la cause évidente de la mesure qu’il a prise de supprimer l’Impôt sur la Fortune (ISF) : dans une économie mondialisée, il importe que les capitaux, découragés par une fiscalité confiscatoire, ne s’évadent pas.

 

Keynes pensait que la théorie mandevillienne était entièrement pernicieuse. Comme lui je pense qu’elle est immorale, mais en plus sophistique : il ne s’agit pas du tout d’une théorie, mais d’un pur mythe.

 

Voici ce que je viens d’entendre à France Inter, et qui m’a édifié. Les associations caritatives ont remarqué que durant l’année passée les dons faits par les très riches ont disparu. La raison ? Ils donnaient jusque là pour réduire leur impôt. Mais une fois exemptés de l’ISF, ils n’ont plus donné. La conclusion est que les riches ne donnent pas s’ils n’y voient pas leur propre intérêt : il ne faut rien attendre d’eux spontanément. Un esprit cynique dirait ici que c'est précisément parce qu'ils ne donnent pas qu'ils sont riches !

 

Le rôle de la Loi et de l’État est donc de les contraindre, pour diminuer au moins un peu la distance qui les sépare des mal-lotis. Si on attend qu’ils le fassent eux-mêmes, ils ne le feront jamais. Lacordaire avait bien raison, quand il disait : « Entre le faible et le fort c’est la liberté qui opprime, et c’est la loi qui libère. »

 

La Fable des abeilles - Cliquer sur l'image

 

 

***

 

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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