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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 23:01

Ce blog est interdisciplinaire. Pour en explorer la grande diversité, pour faire un tri et ne voir que ce qui intéresse, pensez à cliquer sur Catégories, dans la colonne de droite


 ª(Chroniques de Golias Hebdo)

Gaspillage

C’est une notion à quoi j’ai pensé à la suite de différentes informations qui nous sont parvenues. On sait par exemple que le réchauffement climatique est dû à la pollution humaine. Eh bien, comme ce réchauffement amène la prolifération des moustiques, la firme allemande Bayer va faire de l’argent en mettant au point des produits anti-moustiques. Or ce consortium chimique lui-même a contribué au réchauffement du climat par la pollution qu’il a engendrée. Le méfait profite ainsi à son auteur. On s’enrichit d’abord par la cause, et puis par l’effet.

Autre exemple : les compagnies minières, qui sont des pollueurs majeurs et quasiment des voyous de l’environnement, applaudissent au réchauffement climatique, car du fait de la fonte des glaces qu’il provoque dans l’Arctique, elles vont exploiter les richesses souterraines du Groenland : c’est pour elles une véritable aubaine. Le processus est toujours le même : d’abord on fait les dégâts, et ensuite on en tire profit, sans s’interroger en aucune façon sur la moralité du processus d’ensemble. Le seul moteur est la cupidité, et la bonne affaire passe avant tout. Comme disent les Anglais, ces pragmatistes cyniques, Business as usual  – « Les affaires comme d’habitude ».

À suivre ce raisonnement, on peut penser qu’il est bon de détruire, dans les guerres par exemple, puisqu’après il faudra reconstruire. On gagne sur les deux tableaux : d’abord on fait marcher l’industrie de l’armement, puis celle du bâtiment.

Devant tant de gaspillage, je ne peux m’empêcher de penser à ce que dit Montesquieu dans De l’esprit des lois : « Quand les sauvages de la Louisiane veulent avoir du fruit, ils coupent l’arbre au pied, et cueillent le fruit. » Il utilisait cet exemple pour caractériser le gouvernement despotique. Mais on peut l’appliquer au capitalisme effréné, à la cupidité systématique qui caractérise la situation actuelle. On n’y agit qu’à très courte vue, on pille et détruit partout sur la terre de façon irréfléchie et absurde : on est bien loin de s’occuper du « développement durable » ! En fait, on ne s’occupe que de s’emplir les poches.

→ Voir aussi : Gaz de schistes


 

Gaspillage--illustration.jpg




 

Nota : Un recueil de toutes les chroniques précédentes, que j'ai données à Golias Hebdo de fin décembre 2008 à début mars 2014, est disponible en version enrichie, avec regroupement thématique des notions, et assorti de nombreux liens internes et externes facilitant son exploitation, sous forme de livre électronique multimédia :

   

Petite philosophie de l'actualité, format Internet  Cliquer sur l'image


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commentaires

TEDDY ARNAVIELLE 26/11/2014 07:26

Cher Michel,

je voudrais prolonger la réflexion que tu engages. Oui, la cupidité, "auri sacra fames", mène l'homme, pas seulement le capitaliste pollueur; nous tous sommes sommes avides d'objets, forgés grâce
au pillage des ressources naturelles ("Il y avait un jardin qu'on appelait la terre"), dont il est difficile de dire ceux qui sont utiles et ceux qui ne le sont pas, et dont la possession nous
obsède, jusqu'à ce qu'ils nous lassent et que nous les mettions au rebut. Quel vide cherchons-nous à combler, tonneau des Danaïdes où l'abandon, la destruction suivent de près, de plus en plus
près, la prise ? Dans l'aventure humaine, construction et destruction se sont toujours fait équilibre, mais il semble que notre époque ait opéré une rupture au profit de la seconde, même si
quelques initiatives isolées permettent de ne pas tout à fait désespérer. Au crépuscule de ma vie, je me prends de plus en en plus d'attachement pour le "génial et geignard Rousseau" (Paul Veyne),
dont Claude Lévi-Strauss avait fait un de ses phares, alors qu'il était moqué de ses chers collègues philosophes (Voltaire, Diderot,...), pères de notre monde moderne conquérant: c'est le "fou" qui
avait raison.

Bien à toi

www.michel-theron.fr 26/11/2014 13:33



Cher Teddy,


merci de ton commentaire, qui montre bien que nous sommes en proximité. Outre le poème de Leconte de Lisle, il y a aussi la phrase de René Char : "Obéissez à vos porcs qui existent, je me
soumets à mes dieux qui n'existent pas."


Amitiés.


Michel



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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
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