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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 00:01

... Bien ambiguë est la formule qu’on prononce souvent à l’adresse de l’objet aimé : « Mon amour ». Faut-il comprendre, relativement à ce sentiment : « Toi qui es le résultat du désir que j’éprouve », ou bien : « Toi qui le causes » ?

 

En général, dans l’amour-désir ou l’amour-passion l’objet aimé n’est qu’un prétexte à fantasmes, imaginaire. Dans les premiers temps où le désir fait irruption dans nos vies, l’autre ne compte pas. Proust va même jusqu’à dire qu’il ne compte jamais : « On n’aime jamais personne, quand on aime. » Mais disant cela il ne sort pas de la logique de l’amour-désir.

 

Un homme épris par exemple ne rêve pas d’une femme parce qu’il la trouve belle, il la trouve belle tout simplement parce qu’il s’en est persuadé et rêve à son sujet. C’est l’imagination qui joue ici le principal rôle. Il y a un très joli mot de Sacha Guitry là-dessus : « Comme vous étiez jolie, hier soir au téléphone ! »

 

D’où la disproportion manifeste entre le monde de l’amour-passion, fait de rêves (et parfois aussi de cauchemars), et celui du réel ...

 

 

***

 

Ce texte est extrait de mon livre Savoir aimer - Entre rêve et réalité, p.16.

 

Pour en feuilleter le début, cliquer ci-dessous sur : Lire un extrait. Pour l'acheter sur le site de l'éditeur, cliquer sur : Vers la librairie BoD  :

Savoir aimer

Théron, Michel
20,00Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Aimer au sens humain du mot n'est pas quelque chose de spontané. Cela s'apprend tout au long de la vie, et par une réflexion à quoi ce livre veut contribuer. Il ne défend aucune vision normative de l'amour. Il traite d'abord de l'amour-passion, qui se nourrit de désir et de rêves. Puis de l'amour-compassion, qui affronte le réel. Ensuite il met en lumière les dangers qui guettent l'un et l'autre : l'oubli d'autrui pour le premier, le sacrifice de soi pour le second. La (...)

On peut aussi acheter ce livre dans le commerce (ISBN :  978232224221).

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22 septembre 2020 2 22 /09 /septembre /2020 00:01

Elle fait désormais l’objet d’une taxe, depuis le 1er août, dans la ville d’Eskilstuna, dans l’ouest de la Suède. Toute personne qui mendie devra payer un permis de mendicité. Pour ce permis de trois mois, il faut débourser 250 couronnes suédoises, soit environ 23 euros. Sans lui, la mendicité est passible d’une amende de 4000 couronnes, soit environ 372 euros. En une semaine, huit permis ont été validés selon le site suédois SVT (Source : huffingtonpost.fr, 06/08/2019)

 

Évidemment cette mesure a suscité des critiques. Déjà on ne voit pas comment les mendiants, qui n’ont pas de quoi vivre, pourraient payer ce permis. Simplement on leur inflige une double peine, en ajoutant à leur misère l’obligation de l’acheter. Ensuite certains redoutent que des gangs criminels le paient à leur place avant de rançonner les intéressés et de leur demander des remboursements faramineux. C’est effectivement une possibilité.

 

Mais je crois que là n’est pas le principal grief qu’on peut faire à cette initiative. Son but est de normaliser la mendicité en la bureaucratisant. Et on veut la réguler de cette façon jusqu’à finalement la faire disparaître, quand les mendiants n’auront pas de quoi payer leur permis et ne pourront payer l’amende.

 

L’intention est peut-être bonne. Mais on ne voit pas comment cette mesure visant à les recenser pourrait « conduire les personnes concernées à entrer en contact avec les services sociaux et les autorités locales », comme le dit le conseiller social-démocrate de la ville.

 

Méfions-nous des projets philanthropiques. Il faut bien en voir l’hypocrisie. On connaît l’ouvrage généreux De l’extinction du paupérisme de Louis-Napoléon Bonaparte, publié en 1844. Mais ensuite le régime du Second Empire n’a pas hésité à massacrer des pauvres à l’occasion d’émeutes, comme cela est dénoncé dans beaucoup de poèmes des Châtiments de Victor Hugo. Ce fut là une singulière façon d’éteindre le paupérisme !

 

Singulier de la même façon est le modèle social suédois. Au lieu de se demander d’où vient le dénuement des personnes, et comment on pourrait les aider, on prend acte de leur présence dans un corps social qui fondamentalement les rejette, et on invente un dispositif qui vise à leur disparition. Aucune pitié ou compassion ici. Simple cynisme administratif, et égoïsme foncier.

 

Mais on ne fait pas tomber la température en cassant le thermomètre.

 

D.R.

 

***

 

Retrouvez tous mes articles de Golias Hebdo, publiés en plusieurs volumes, sous le titre Des mots pour le dire, chez BoD. Sur le site de cet éditeur, on peut en lire un extrait, les acheter... Cliquer : ici.

 

Notez qu'ils sont aussi tous commandables en librairie, et sur les sites de vente en ligne (Amazon, Fnac, etc.).

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 00:01

... Cet amour de l’amour est une grande soif d’aimer, et comme on le sait le propre de la soif est de ne pas être difficile sur la nature du breuvage qui lui est présenté. On peut se désaltérer de tout, et de la première gourde venue. C’est pourquoi le dieu latin de l’amour, Cupidon, est présenté avec un bandeau sur les yeux : il rend aveugles ceux qu’il frappe de ses flèches.

 

Pourtant, si confus que soit cet état, l’aban­donnerait-on ? De toute façon, après le sommeil ou la léthargie de l’enfance, le corps désire, et le cœur bat, et ce n’est pas rien. Enfin quelque chose se produit qu’il nous semble avoir attendu depuis toujours ! C’est comme un réveil. Voyez la Belle au bois dormant réveillée par l’étreinte du Prince charmant, ou encore le groupe sculpté de Canova : Psyché (l’Âme) réveillée par le baiser de l’Amour.

 

Car si l’amour fait souffrir, par exemple lors de la rencontre effective de l’autre, qui très souvent déçoit ou désabuse, il donne au moins l’impression de vivre. Quand on aime, on ne s’ennuie pas. Les ennuis d’amour ont ceci de bon qu’ils n’ennuient jamais. Au moins est-ce là ce qu’on peut comprendre rétrospectivement, avec le recul de l’expé­rience ...

 

 

***

 

Ce texte est extrait de mon livre Savoir aimer - Entre rêve et réalité, pp.13-14.

 

Pour en feuilleter le début, cliquer ci-dessous sur : Lire un extrait. Pour l'acheter sur le site de l'éditeur, cliquer sur : Vers la librairie BoD  :

Savoir aimer

Théron, Michel
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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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