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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 00:01

En mini-jupe, décolleté provoquant ou nombril apparent (crop top), répondant à un appel sur les réseaux sociaux, des lycéennes et collégiennes ont manifesté lundi 14 septembre contre la « tenue correcte » exigée par les règlements des établissements, qu’elles estiment sexistes. Elles ont réclamé le droit de s’habiller comme elles le veulent, et Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté et ex-ministre à l’Égalité femmes-hommes les a soutenues dans un tweet : « En tant que mère, je les soutiens avec sororité et admiration. » (Source : nouvelobs.com, 14/09/2020)

 

Je trouve non seulement que cette initiative n’a rien à voir avec ce que devrait être un vrai féminisme, mais qu’elle est aussi extrêmement imprudente. Elle témoigne d’une ignorance totale du fonctionnement masculin. Ce dernier est basé essentiellement sur la vue. Si pour la femme par exemple le toucher est important (le pôle haptique), pour l’homme c’est l’optique qui domine, ou ce qu’on appelle la « pulsion scopique ». Il y a là une différence anthropologique fonda­mentale.

 

À partir de là, il est absurde de vouloir une parfaite identité d’habillement entre les sexes. Les seins féminins par exemple ont pour l’homme un pouvoir érotique indéniable, et vouloir pour une femme se promener poitrine nue en arguant du fait que l’homme le fait aussi est méconnaître la différence essentielle des deux situations. On sait que les Femen ont fait de cette initiative leur étendard. Mais on ne peut pas banaliser la nudité féminine au même titre que la masculine.

 

Voici comment s’exprime une lycéenne de Terminale : « On en a marre que ce soit à nous de nous changer, de nous couvrir. C’est au regard des hommes de changer, ce n’est pas à nous de nous adapter. Ce mouvement, c’est une forme de rébellion face au règlement imposé par le patriarcat. »

 

Mais les hommes peuvent-ils changer toujours leur regard ? Je sais bien que comme dit l’Évangile l’impureté est dans le regard, et non dans la chose regardée (Matthieu 6/22 ; Luc 11/34). Dans l’absolu, rien du plus juste que cela. Mais aussi il faut être réaliste, et avoir ici une certaine prudence : que gagne-t-on à provoquer le Diable ?

 

Une autre lycéenne résume sa position ainsi : Nos tenues ne sont pas le problème. Le problème, c’est le harcèlement, les agressions et les viols. » Mais si ces derniers étaient favorisés précisément par les premières ?

 

Je viens de citer l’Évangile. À côté de celle concernant la pureté du regard, une autre sentence s’y trouve, et que devraient ici méditer nos provocatrices : « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! » (Matthieu 11/6)

 

Appel à manifester, journée lycéenne du 14 septembre 2020 (D.R.)

 

***

 

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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 00:01

Il vient d’être réhabilité par le pape François, répondant aux questions de Carlo Petrini, écrivain et gastronome italien dans un livre d’entretiens publié le 9 septembre. Très utile à l’homme, il est même qualifié de « simplement divin » : « Le plaisir de manger sert à vous maintenir en bonne santé en mangeant, tout comme le plaisir sexuel est fait pour rendre plus beau l’amour et garantir la perpétuation de l’espèce. » (Source : huffingtonpost.fr, 10/09/2020)

 

Il est très heureux que gourmandise et plaisir sexuel ne soient plus autant anathématisés en tant que péchés capitaux, et que le pape s’éloigne ainsi de ce qu’il appelle la « bigoterie ». On notera tout de même que comme prélat il n’est contraint comme tout prêtre qu’au célibat, et non pas à la chasteté comme le sont les moines.

 

Cependant il ne faut pas ici exagérer la portée de la position. D’une part l’Église a depuis longtemps condamné les Encratites, ou Continents. Et de l’autre les deux plaisirs dont parle le pape ne sont pas à valoriser en tant que tels, mais en ce qu’ils sont subordonnés à une fin bien précise : la « bonne santé » pour le plaisir de manger, et la « perpétuation de l’espèce » pour le plaisir sexuel.

 

« Boire sans soif et faire l’amour en toute saison est la seule chose qui nous distingue des bêtes. » Cette phrase de Beaumarchais dans Le Mariage de Figaro arrache l’être humain au déterminisme naturel, et définalise les deux pulsions. Tout ce qui vit en effet sur la terre n’a que deux buts : se nourrir et se reproduire. Mais de cette aveugle injonction naturelle les hommes sont capables de se détacher. S’agissant de la sexualité, ils ont disjoint la fonction de reproduction de ce qu’on peut appeler la fonction érotique, et qui est bel et bien une fonction autonome. Elle relève même de l’art, si ce dernier, définalisé par essence, est « l’homme ajouté à la nature » (ars homo additus naturae).

 

Évidemment le pape ne peut entrer dans ces considérations, puisqu’il subordonne le plaisir sexuel à la reproduction. En quoi il élimine tous ceux qui ne peuvent ni ne veulent se reproduire, comme les homosexuels, ou les hétérosexuels même qui ont passé l’âge de le faire, et pour qui le plaisir peut bien rester un but dans l’existence.

 

En quoi aussi il se situe dans le droit fil de la tradition juive, où la perpétuation de l’espèce est la plus grande des injonctions (l’acte sexuel est la seule pratique à ne pas être défendue le jour du sabbat, et il est même obligatoire ce jour-là selon le Zohar). Et quand une femme mariée n’a pas d’enfant on peut la répudier au bout de dix ans, comme il se voit dans le film Kadosh, d’Amos Gitaï. On ne se demande même pas si cette infertilité est le fait de l’homme, ce qui pourrait se vérifier par un spermogramme. En effet le sperme de l’homme ne doit pas être émis sans but, car il porte la vie : le cas d’Onan dans la Bible en est l’illustration.

 

Les injonctions natalistes, juives ou papales, contreviennent enfin aujourd’hui aux nécessités écologiques, dans une planète surpeuplée.

 

D.R.

 

***

 

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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 00:01

... Quand se termine l’enfance, et qu’apparaît l’adolescence, alors apparaît vraiment la première forme de l’amour, la première éprouvée dans chaque vie : l’amour de désir. Ce qu’on cherche, ce n’est pas forcément de rencontrer réellement ou effectivement quelqu’un, c’est de se trouver dans un certain état, celui d’être amoureux. On le ressent, et on s’y complaît.

 

On ne pense pas encore ce qu’on pourra voir ou entrevoir plus tard, qu’être amoureux et aimer sont des choses différentes. On croit peut-être, naïvement et abusé par les mots, que quand on est amoureux, on aime. Mais on oublie la forme verbale différente dans ces deux cas : être amoureux vise un certain état où l’on se trouve, une passivité. Et aimer est un verbe transitif, actif. Dans le premier cas, l’amour se  ressent ou s’éprouve, dans un monde fantasmé dominé par le désir. Dans le second, il se prouve dans l’action. Ou s’il s’éprouve, c’est qu’il s’affronte à la réalité, à la personne même de l’autre ...

 

 

Ce texte est extrait de mon livre Savoir aimer - Entre rêve et réalité, pp.11-12.

 

Pour en feuilleter le début, cliquer ci-dessous sur : Lire un extrait. Pour l'acheter sur le site de l'éditeur, cliquer sur : Vers la librairie BoD  :

Savoir aimer

Théron, Michel
20,00Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Aimer au sens humain du mot n'est pas quelque chose de spontané. Cela s'apprend tout au long de la vie, et par une réflexion à quoi ce livre veut contribuer. Il ne défend aucune vision normative de l'amour. Il traite d'abord de l'amour-passion, qui se nourrit de désir et de rêves. Puis de l'amour-compassion, qui affronte le réel. Ensuite il met en lumière les dangers qui guettent l'un et l'autre : l'oubli d'autrui pour le premier, le sacrifice de soi pour le second. La (...)

On peut aussi acheter ce livre dans le commerce (ISBN :  978232224221).

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
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