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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 00:01
Haïku (036)
Rayon de lumière

Sur l’olivier du chemin

Modeste miracle

 

 

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D'autres photos accompagnées de poèmes figurent dans mes derniers livres Éternels instants (Tomes I, II, III et IV). Ce sont des petits livres d'art de 100 pages chacun, format 12 x 19 cm, imprimés sur papier photo brillant 200 gr. On peut les offrir en cadeau, ou s'en faire cadeau à soi-même. Vous pouvez en feuilleter le début (cliquer ci-dessous sur Lire un extrait), les commander sur le site de l'éditeur (cliquer sur Vers la librairie BoD), ou bien en librairie (diffusion SODIS), ou sur les sites de vente en ligne. 

ISBN : 9782322133673, 9782322171361, 9782322193066, 9782322223541 

Éternels instants 1

Théron, Michel
15,00Livre papier
Lire un extrait

 

è Pour voir les trois ouvrages suivants de cette collection, cliquer : ici.

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 00:01

J’ai été très impressionné par l’émission Lene Marie ou le Vrai Visage de l’anorexie, diffusée sur Arte en fin de soirée le 19 août dernier. Sans aucun fard, cette jeune femme à la maigreur squelettique, devenue photographe, confessait qu’elle n’avait pas voulu grandir à partir de l’âge de dix ans. Sa maladie venait de ce qu’elle n’admettait pas les changements en tout domaine et les ravages ordinaires du temps, d’où un désir d’arrêt sur place, qu’elle satisfaisait par la seule défense qui lui restait, la maîtrise sur son corps qu’elle refusait de nourrir.

 

Elle n’a donc pas connu la puberté, et est restée une femme-enfant. Sans doute ce qu’elle observait autour d’elle, la vie des adultes, les bassesses, compromissions et hypocrisies qu’elle implique, l’ont-elles confortée dans son choix. Mais ce ne fut pas comme on le croit un choix de mort : elle dit bien dans le film qu’elle voulait vivre. Simplement vivre autrement que ce qu’elle voyait autour d’elle, qui pour elle était une fausse vie : j’ai pensé par exemple à celle de ceux que les anciens gnostiques appelaient pseudanthropes, ou semblants d’hommes.

 

Je ressens tout à fait en ce qui me concerne la pertinence de ce choix. Qu’est-ce qu’une vie d’adulte, sinon une capitulation, une trahison des promesses de l’enfance ? Rien de tel qu’un regard lucide, celui d’un enfant précisément, pour voir le décalage constant entre ce qui est affirmé et ce qui est effectivement vécu. Et cette impression est d’autant plus forte que l’enfant est sensible, ce qui fut le cas de Lene Marie.

 

Aussi rien ne sert pour les adultes de vouloir entraîner l’anorexique dans leur monde, puisque précisément il le refuse. Ils devraient plutôt s’examiner eux-mêmes et essayer de se changer, si tant est qu’ils le puissent : au moins peuvent-ils par introspection se demander ce qui ne va pas dans leur genre de vie, et qui justifie un tel refus.

 

Quand une vie est vouée à la seule consommation matérielle, dont la nourriture est une évidente métaphore, on comprend qu’elle soit percée à jour et suscite la nausée. La Grande Bouffe de Ferreri, film symbole et apocalyptique, est bien propre à inspirer par réaction tous les anorexiques du monde.

 

Il ne faut pas négliger chez une jeune fille ce qui n’est pas une lubie de minceur pour se conformer aux canons de la mode, mais qui constitue en réalité un refus métaphysique du monde comme il va. L’anorexique « n’est pas d’ici », comme l’a dit Patrick Poivre d’Arvor dans le livre consacré à la mort de sa fille Solenn. C’est exactement ce que dit Jésus dans l’évangile selon Jean : « Mon Royaume n’est pas de ce monde. » (18/36)

 

 

D.R.

 

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Retrouvez tous mes articles de Golias Hebdo, publiés en plusieurs volumes, sous le titre Des mots pour le dire, chez BoD. Sur le site de cet éditeur, on peut en lire un extrait, les acheter... Cliquer : ici.

 

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En complément, sur le thème de l'anorexie, on peut lire :

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22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 00:01

Dimanche 16 août, le thermomètre a atteint la température de 54,4°C aux États-Unis, dans le lieu nommé Furnace Creek (Ravin de la Fournaise), au cœur de la Vallée de la Mort. C’est la température la plus chaude relevée sur Terre depuis 1931.

 

Par association verbale, j’ai pensé aussitôt au verset 4 du Psaume 23, où le roi David dit en s’adressant à Dieu : « Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi. » Ce passage, qu’on cite souvent, m’a toujours impressionné par sa formulation (« la vallée de l’ombre de la mort »).

 

Comme aux États-Unis en ce moment, il y a aussi des canicules inhospitalières dans nos vies, où nous sommes abandonnés, brûlés comme dans une fournaise, désertés de l’amour par exemple et de toute tendresse : atmosphère sans vapeur d’eau. À nous donc d’y faire face, pensant que nous n’y sommes pas seuls, que quelqu’un marche à nos côtés : une parole est là qui nous le signifie.

 

Mais quel crédit lui faire ? Il dépend de nous. On peut penser qu’elle est ici performative. Qu’il suffit de l’écouter ou de la lire pour qu’elle fasse advenir ce qu’elle énonce, de façon thaumaturgique, comme par exemple celle que le centurion de l’Évangile demande à Jésus de prononcer pour opérer une guérison : « Parle par ta parole et mon enfant sera guéri. » (Matthieu 8/8)

 

Mais il faut y croire pour qu’elle agisse et réconforte. Elle n’a de force que par la confiance qu’on lui donne. Son pouvoir, comme d’ailleurs tout pouvoir et en tout domaine, dérive d’une foi, d’une créance accordée. L’attitude symbolo-fidéiste en religion résume cela : existe ce à quoi on croit.

 

« Je ne crains aucun mal car tu es avec moi »... Le croyant pense ici à une effective présence extérieure qui garantit sa foi. L’athée parlera ici d’autosuggestion, ou de « méthode Coué ». Mais l’agnostique, ou le croyant qui doute, pensera à une foi nécessaire mais toujours menacée : « Seigneur j’ai foi, viens au secours de mon manque de foi ! » (Marc 9/24)

 

Fragile est donc le secours, et précaire, c’est-à-dire obtenu par prière (latin precari, prier). On n’en est jamais sûr. Si l’on espère en lui, il ne dépend que de notre confiance, comme dit le mot Amen ! en hébreu. Si le secours divin n’est que « la récompense de ceux qui le cherchent » (Hébreux 11/6), puissions-nous, si nous en avons besoin, traverser avec lui la vallée de la mort et les canicules de la vie !

 

D.R.

 

 

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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