C’est un spectacle que j’aime bien regarder. J’admire beaucoup l’habileté et l’adresse de certains, la force physique d’autres, la bonne humeur et l’enjouement de tous. Cependant il arrive que ce qu’il présente à mes yeux suscite en moi quelques réserves.
Je veux parler du dressage des animaux, conditionnés j’imagine au prix d’un long apprentissage, à obéir aveuglément aux injonctions de leur maître humain. Certes je sais bien qu’il y a eu ici une évolution : le dressage d’animaux sauvages est en voie de disparition aujourd’hui. Il est même légalement interdit en Autriche et en Grèce, bientôt en Belgique (Source : Le Monde.fr, 09/01/2014) Mais reste celui d’animaux domestiqués, comme les chiens ou les chevaux. Et je ne peux approuver au fond de moi le spectacle qu’ils me donnent, malgré les applaudissements et la satisfaction très fréquents du public qui pourraient ici me contredire. J’y vois pour ma part un tableau d’humiliation très souvent pathétique.
C’est l’image d’êtres forcément considérés comme inférieurs, puisque obligés à se plier en tout point à la volonté de leur maître, un manipulateur qui dément leur supposé désintéressement en leur délivrant des friandises dès lors que le tour est réussi. Le portrait que je me fais de ce dernier est celui de l’homme présenté dans le début de la Genèse comme un roi de la Création appelé à « dominer et soumettre » la terre (1/28). Ce désir de domination et de soumission s’applique bien, il me semble, aux animaux présentés dans les cirques, dans une évidente position d’infériorité.
Au fond, me dis-je, au lieu de séparer radicalement l’espèce humaine des autres espèces, comme y invite expressément la Genèse, il convient au contraire de les unir, et de considérer que l’homme est un animal humain. C’est ce que soutient l’antispécisme d’aujourd’hui. Dans cette vision, il n’y a aucune raison de penser que les animaux doivent nous être soumis, puisque nous sommes à la base et comme eux des animaux, qui n’ont fait ensuite qu’évoluer différemment d’eux.
Au cirque je cesserai alors de voir avec désolation le manège absurde et ridicule des chevaux grotesquement affublés galopant tout autour de la piste, et je les imaginerai maintenant galopant dans leur lieu de naissance et leur native liberté, celle là même à laquelle il m’arrive moi-même d’aspirer.
Voir aussi :
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Cirque - Le blog de michel.theron.over-blog.fr
Comme beaucoup, j'ai regardé à la télévision, lors des périodes de fêtes, des spectacles de cirque. Et autant j'ai aimé les prestations montrant l'habileté humaine, comme celle des jongleur...
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