Les baptêmes d’adultes sont en hausse en France, selon des chiffres publiés par la Conférence des évêques à l’occasion des fêtes de Pâques, où plus de 21.000 catéchumènes doivent recevoir le sacrement. Inversement le baptême des nouveau-nés (pédobaptisme), pourtant traditionnel en catholicisme, est en régression constante. (Source : bfmtv.com)
Les raisons de ces deux constatations en apparence contradictoires sont diverses. On comprend que beaucoup d’existences adolescentes et adultes étant « cabossées » par les aléas immaîtrisables de la vie, on veuille se tourner vers des pratiques apaisantes comme celles qu’on trouve dans le baptême vu comme un refuge pour panser ses plaies. Cela vaut aussi pour les assemblées de groupe (JMJ…), et les pèlerinages, en vogue eux aussi, où on se sécurise en se fondant dans le collectif. Peu importe que le fond en soit irrationnel. L’essentiel est ce qu’on y gagne. « Prenez de l’eau bénite, disait Pascal, cela vous fera croire. »
Quant à la désaffection du pédobaptisme, elle n’est qu’un signe de la sécularisation générale et de la dé-ritualisation commencée chez nous il y a bien longtemps. Sans doute aussi les scandales sexuels constatés dans l’Église catholique concourent-ils beaucoup à cette désaffection.
Quant à moi, je pense que le vrai baptême n’est pas celui d’un petit enfant, qui est hors d’état de comprendre ce qui lui arrive. Si on le soutient, il faut croire aussi au péché originel qu’il est censé laver, et que nous devons à saint Augustin et à sa victoire sur Pélage. Peut-être vaut-il mieux voir l’homme comme responsable de ce qu’il fait, plutôt que coupable par essence.
Il me semble en tout cas que le vrai baptême doit procéder d’un engagement mature, et que celui qui le reçoit doit avoir atteint l’âge de raison, ce qui n’est pas le cas des bébés. Et aussi le baptême ne donne pas la foi, il la signifie symboliquement, tout rite magique ou propitiatoire exclu : or on sait que l’Église refuse le débaptisage des anciens baptisés, au nom de l’inviolabilité des sacrements. Le baptême vient toujours après la foi. S’il n’y a pas cette foi, il est sans substance. C’est ce que dit bien l’Évangile : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné. » (Marc 16/16) Et cette foi, et c'est essentiel, n’est jamais donnée pour toujours : « « J’ai foi. Viens en aide à mon manque de foi ! » (ibid. 9/24)
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Michel Théron