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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 23:01

¨(Extraits de mes ouvrages)

Voici une recension de mon livre Méandres de l'amour, faite pour Le Monde des Religions par Michel Cazenave, écrivain, poète, homme de radio (voir son site). Ce texte est protégé par copyright, et il est absolument interdit de le reproduire :

 

 


 

L’AMOUR, TOUJOURS...

 

Voici longtemps que, à la suite de la traduction en grec des livres de la Bible par les « Septante » à Alexandrie, nous avons pris l’habitude, dès qu’on parle de l’Amour, d’opposer les deux  termes d’éros (qui aurait plus ou moins à voir avec la pulsion sexuelle) et d’agapè (l’amour libre de tout ‘souci de soi’, ouvert aux autres et à la gratuité de Dieu).

Distinction qui a largement à voir, en-deçà d’Aristote, avec la distinction déjà introduite par Platon entre l’Aphrodite pandemia – autrement dit, l’Aphrodite vulgaire à laquelle nous sacrifierions trop facilement – et l’Aphrodite ourania : l’Aphrodite céleste auquel n’auraient accès que ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont engagés dans une véritable quête philosophique.

Distinction et opposition reprises à satiété par le christianisme triomphant – et donc par notre culture : Anders Nygren, le théologien scandinave, s’appuie entièrement dessus, et on sait comme, dans sa fameuse (et si fausse) analyse de l’histoire de Tristan et Iseut, quelqu’un comme Denis de Rougemont y a sans cesse recours. Jusqu’à un Jacques Lacan (quoi qu’il s’en défende et qu’il mette apparemment en cause les deux auteurs que je viens de citer), qui, dans son christianisme de fond, y fait encore largement appel !

C’est pourquoi il est bon et rafraîchissant de suivre une méditation au long cours qui fait bien ressortir comme ces deux notions ne sont pas forcément antithétiques, mais se trouvent beaucoup plus dans un rapport d’inclusion de l’éros par l’agapè (et réciproquement, aurais-je personnellement envie d’ajouter)

D’ailleurs, dans les textes sacrés de notre civilisation, c’est-à-dire dans l’ancien hébreu, n’était-ce pas le même verbe dont on se servait pour désigner le fait d’aimer – que ce fût une femme (je suis évidemment un homme !), ou bien le Seigneur ?

C’est pourquoi – bien que, on s’en doute, je ne sois pas toujours d’accord avec lui… – l’ouvrage de Michel Théron me paraît très précieux : structuré en autant de thèmes que l’on peut aborder selon ses inspirations du moment (point de lecture imposée, et on y picore sous l’effet de ses curiosités passagères), nourri par de multiples références littéraires ou philosophiques qui ne sont jamais là pour réciter du « prêt-à-penser », mais qui viennent enrichir la réflexion et lui permettre de s’approfondir, il offre une méditation qui bouscule bien des idées reçues et oblige à « frotter sa cervelle » à celle d’un homme dont on sent bien qu’il n’a écrit qu’après une longue expérience qu’il tente de jauger en l’éclairant, et de comprendre jusqu’à son tuf le plus profond.

 

→ Michel Théron, Méandres de l’amour/Eros et Agapè, éditions Dervy, 266 pages, 17 euros.

 

© Michel Cazenave, 2014


 

Méandres de l'amour - Couverture recto 

 


 

→ Nota : Ce texte est maintenant en ligne sur le site Internet Recours au poème.  Pour l'y lirecliquer : ici.

→ Pour le lire sur le site du Monde des religions, cliquer : ici.

 

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 23:01

 

On vante beaucoup la simplicité et le naturel dont fait preuve le nouveau pape François. On lui oppose le côté trop sérieux et savant de son prédécesseur. Enfin, dit-on, un pasteur proche des gens, qui les comprend et parle comme eux !

Il m’est venu la curiosité de lire son exhortation apostolique Evangelii gaudium du 24 novembre 2013, qu’il a présentée comme le programme de son pontificat. On y lit des choses tout à fait édifiantes. D’abord qui ne serait d’accord avec cet éloge de la joie ? Mais dès le début on lit une formule oxymorique : « L’Évangile, où resplendit glorieuse la Croix du Christ, invite avec insistance à la joie. » (§ 5) Allez faire comprendre à un public simple que la Croix, supplice infâmant, puisse en tant que telle inviter à la joie !

Mais de toute façon, le pape ne s’occupe pas de contradictions de fond, pas plus que d’essayer de les résoudre, car il se méfie de toute réflexion critique, et chez lui l’obscurantisme n’est pas loin. Chez le prédicateur en effet il bannit « des paroles propres à la théologie ou à la catéchèse, dont la signification n’est pas compréhensible pour la majorité des chrétiens. » (§ 158) Le conseil qu’il lui donne est simplement d’entrer en empathie avec les auditeurs, d’agir sur leurs émotions, l’ambiance, la forme de la présentation étant plus importantes que le contenu. Bref il doit s’adresser à ses auditeurs comme une mère parlant à son enfant : « On doit favoriser et cultiver ce milieu maternel et ecclésial dans lequel se développe le dialogue du Seigneur avec son peuple, moyennant la proximité de cœur du prédicateur, la chaleur de son ton de voix, la douceur du style de ses phrases, la joie de ses gestes. » (§ 140) En effet, « l’Église est mère et elle prêche au peuple comme une mère parle à son enfant, sachant que l’enfant a confiance que tout ce qu’elle lui enseigne sera pour son bien parce qu’il se sait aimé. » (§ 139)

Il faut donc rassurer le croyant en le berçant de douces paroles. Plus question de réexaminer ou éclaircir tels ou tels textes et dogmes, qui pourtant auraient bien besoin d’être revisités. Rassure-toi et laisse-toi guider : tu es aimé, et ne t’occupe pas de penser. Ce maternalisme, propre depuis toujours à l’Église catholique et qu’évidemment le pape incarne encore, ne peut qu’infantiliser les fidèles, et les maintenir dans une épouvantable régression.

 

Regression--illustration.jpg

 


 

Nota : Un recueil de toutes les chroniques précédentes, que j'ai données à Golias Hebdo de fin décembre 2008 à début mars 2014, est disponible en version enrichie, assorti de nombreux liens internes et externes facilitant son exploitation, sous forme de livre électronique multimédia :


Petite philosophie de l'actualité, format Internet

 

Cliquer sur l'image


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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 23:01

µ(Photographies)

Reflet-d-eau-sur-la-coque-d-un-bateau.jpg

 

Le Grau du Roi (30) – 23 avril 2014, 16 H 12

 

Infini fugitif


      « Vous fuyez l'infini que vous portez en vous... »

(Baudelaire)

La coque du bateau en son précieux reflet

Entr'ouvre un infini où fuir et s'y noyer...

 

© M.T. – 2014

 


 


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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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