26 juillet 2010
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" (Textes libres)
Marcher sur une poutre est un grand plaisir. À une cinquantaine de centimètres du sol, à peu près, il faut évidemment garder l’équilibre. Mettre pied à terre serait un déshonneur. Donc voici, en cette marche, la marche à suivre : regarder un peu en avant de soi, pas trop loin car on se décourage, pas trop près car on n’avance pas. Dans ce qu’on entreprend, la mi-distance est nécessaire. Aussi il faut un certain élan, un certain allant. Immobile, on ne se décide à rien. On stagne. Stase debout. On peut penser, à beaucoup de choses, mais surtout pas à ne pas tomber. Car alors sûrement on tombe. Une certaine mécanicité dans les gestes, une certaine machinalité sûrement. Si se lève le vent, n’y pas faire attention. S’occuper donc, mais pas trop. Le souvenir parfois vient en aide. On y est déjà arrivé. Alors…
Au bout de l’épreuve (en est-ce une ?), on sera fier. Enfin voici qu’on l’est. Jusqu’à la prochaine fois.
Image parfaite de la vie.
Superbolquère, dimanche 1er août 2004
© Michel Théron - 2010
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Textes libres (Littérature)
24 juillet 2010
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" (Textes libres)
Elle voulait un homme pas comme les autres. Qu’il fût brillant, respecté, doté d’aura. Un jour elle le trouva. Tous deux furent éblouis. Pleinement surpris, remplis désormais l’un de l’autre. À deux ils s’exaltèrent comme jamais humainement prévisible. Catherine et Heathcliff sur la lande. Et le monde les entoura, les berça. Jamais ni pour l’un ni pour l’autre ce n’était espérable.
Puis vint l’Adversité. La sale vie, celle des contraintes, du travail. Alors elle comprit, petit à petit, que celui qu’elle aimait décidément n’était pas comme les autres. Et maintenant elle regrettait qu’il ne le fût pas : aidant pour le sordide, solide où s’appuyer. Elle l’eût voulu comme ceux qu’elle voyait, comme ces autres gens normaux qu’elle s’imaginait et enviait maintenant, pouvant porter à deux une peine. Le monde où il était ne le permettait pas. Et lui aussi commença à ne plus la reconnaître.
Pas comme les autres : ce qu’elle avait voulu, voici qu’elle le refusait.
La même chose qui en lui l’avait séduite la sépara de lui.
© M.T. - 2010
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Textes libres (Littérature)
21 juillet 2010
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" (Textes libres)
Cet enfant que j’étais et que je ne suis plus,
Il restera toujours tout au fond de mon être.
A la fin je voudrai ne pas l’avoir déçu,
Car l’adulte n’est pas ce qu’il donne à paraître.
© M.T. - 2010
On trouvera un développement de cette thématique (le salut trouvé dans l'âge adulte par la réunion à l'Enfant au fond de soi), en cliquant sur :
Saint Christophe, ou l'Enfant salvateur
Voici enfin sur ce même thème une magnifique pensée de Pessoa :
Nous avons tous deux vies : la vraie, celle dont nous avons rêvé enfant et que nous continuons de vivre de façon souterraine, et la fausse, celle que nous vivons tous les jours et qui nous mène au cercueil.
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Textes libres (Littérature)