Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 01:01

A

uri sacra fames !, dit l’expression latine empruntée à Virgile, et passée en proverbe : « Maudite est la faim de l’or ! ». On veut toujours de l’argent, et toujours plus.

 

Un exemple significatif nous en vient du Royaume-Uni. En 2011, un couple de Britanni­ques a remporté le gros lot (110 millions d’euros) à l’Euro Millions. Ils ont décidé de donner 2 millions d’euros à leur fils. Mais ce dernier a jugé que ce n’était pas suffisant, et a décidé de les attaquer en justice, estimant qu’ils devaient le « financer » tout au long de sa vie.

 

L’affaire vient maintenant d’être jugée, et la décision finale lui a donné tort. Le magistrat a estimé que le fils plaignant « avait les fonds nécessaires pour avoir une vie confortable ». Ce dernier a rétorqué que son père lui avait promis de « toujours le prendre en charge », un argument que n’a pas retenu le juge, qui ne lui a pas accordé de fonds supplémentaires (Source : LeParisien.fr, 19/05/2017).

 

De tels chiffres sont évidemment abyssaux, et insultent à la vie du commun des mortels. Mais au-delà de ce fait, ce qui est remarquable est l’achar­nement où peut conduire la cupidité. Il semble qu’il n’y ait là aucune limite infranchissable, et qu’on puisse s’attendre à tout. Les liens familiaux, les attachements affectifs élémentaires ne comptent pour rien quand il s’agit d’argent, et la vision idyllique qu’on peut en avoir est bien démentie par la réalité quotidienne.

 

Bien oubliées sont les phrases évangéliques disant qu’on ne peut servir Dieu et Mammon, et qu’il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des cieux. Bien oubliée aussi est la mésaventure de Midas, qui obtint que tout ce qu’il touchait fût changé en or : le résultat fut qu’il ne put ingérer aucun aliment, et donc fut en danger de mourir de faim, car l’or ne se mange pas.

 

Quand aura-t-on la sagesse de comprendre que l’argent pourrit jusqu’aux plus belles choses, qu’un linceul n’a pas de poches, et qu’il ne sert à rien d’être le plus riche du cimetière ?

 

1e juin 2017

 

D.R.

***

Ce texte est extrait de mon dernier recueil d'articles Petite philosophie de l'Insolite. L'ouvrage est disponible en deux formats, papier et livre électronique (E-Book). On peut en feuilleter le début en cliquant ci-dessous sur : Lire un extrait. On peut le commander sur le site de l'éditeur en cliquant sur : Vers la librairie BoD. Il est aussi disponible sur commande en librairie et sur les sites de vente en ligne.

Petite philosophie de l'Insolite
Théron, Michel
17,00€Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Les textes composant cet ouvrage sont tous parus, sous leur forme initiale, dans un journal hebdomadaire. Ils concernent des sujets d'actualité étranges, bizarres, insolites, souvent amusants, mais se prêtant toujours à un commentaire philosophique. Ils peuvent servir de points de départ pour la réflexion individuelle du lecteur, mais aussi ils peuvent alimenter des débats thématiques collectifs (cours scolaires, cafés-philo, réunions de réflexion...).

 

***

 

Pour voir la liste de tous mes livres édités chez BoD, cliquer : ici.

 

***

 

Enfin n'hésitez pas à visiter mon blog artistique, pour voir des photos, des vidéos, des textes littéraires et poétiques :

Partager cet article
Repost0
12 août 2021 4 12 /08 /août /2021 01:01

E

lle est nécessaire, selon l’Église catholique, pour que le mariage soit valable. À Viterbo, en Italie, deux fiancés, âgés de 25 et 26 ans, devaient se marier. Mais un mois avant la célébration, un grave accident de la route priva le jeune homme de l’usage de ses jambes. Dès lors l’évêque du lieu annula la cérémonie, au motif d’« impuissance copulative », une des « raisons dirimantes » exprimées dans le droit canon, qui fonde le mariage sur l’acte sexuel opéré en vue de la procréation des enfants. (Source : site de L’Express, 11/06/2008).

 

Je ne sais si depuis la paralysie et l’impuis­sance du jeune homme ont pu disparaître, et si l’interdiction de l’évêque a pu être levée. Mais ce fait me semble significatif d’une position ecclésiale inflexible, qui n’est pas propre d’ailleurs au catholicisme.

 

Or de quoi se mêlent les religions en l’espèce ? D’abord subordonner l’amour à la seule sexualité réalisée est le réduire bien souvent. Il peut exister un amour non sexuel. Les partisans de la Fin’amor, au Moyen-âge, cherchaient souvent dans l’épreuve de la chasteté volontaire un moyen de sublimer les pulsions par quoi l’homme tient de l’animal. Pensons aussi aux Condormants, qui à la même époque s’essayaient au « martyre blanc », épreuve consistant à coucher avec un partenaire de l’autre sexe pour vérifier si l’on était capable de garder la continence. Ou pensons encore, dans un autre contexte, au syneisaktisme des Pères du Désert, forme d’ascèse consistant en la cohabitation chaste avec une personne de sexe différent, dans le but de surmonter ses tentations charnelles.

 

Là est l’essence de tout l’amour courtois, qu’il ne faut pas balayer d’un revers de main, pas plus que l’amour dit « platonique ». Et d’ailleurs, l’Église elle-même ne fait-elle pas l’éloge de la virginité, avec son culte marial ?

 

– En second lieu, subordonner la sexualité à la reproduction de l’espèce, c’est ravaler l’homme précisément au rang des animaux, chez lesquels ce lien est constant. Mais l’homme a disjoint sexe et reproduction, en inventant l’érotisme, qui est précisément sa spécificité. L’enjeu est le plaisir qu’on peut se donner mutuellement, qu’il serait bien barbare de vouloir refuser à ces pauvres êtres promis à la mort que nous sommes, durant notre bref passage sur cette terre.

 

Certes l’Église se contente de refuser l’« im­puis­sance copulative », et ne va pas jusqu’à considérer, comme « raison dirimante » d’annula­tion d’un mariage, la stérilité. Mais le judaïsme orthodoxe voit dans cette dernière un motif de divorce, comme il se voit dans le film Kadosh, d’Amos Gitaï. Et on ne se demande même pas si elle ne vient pas de l’homme, dont on ne peut faire le sper­mogramme, depuis la condamnation biblique du péché d’Onan…

 

Laissons donc les interdits religieux où ils sont, et simplement ayons pitié de nous-mêmes ! [v. Obligation]

 

16 août 2012

 

D.R.

***

Ce texte est extrait de mon dernier recueil d'articles Petite philosophie de l'Insolite. L'ouvrage est disponible en deux formats, papier et livre électronique (E-Book). On peut en feuilleter le début en cliquant ci-dessous sur : Lire un extrait. On peut le commander sur le site de l'éditeur en cliquant sur : Vers la librairie BoD. Il est aussi disponible sur commande en librairie et sur les sites de vente en ligne.

Petite philosophie de l'Insolite
Théron, Michel
17,00€Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Les textes composant cet ouvrage sont tous parus, sous leur forme initiale, dans un journal hebdomadaire. Ils concernent des sujets d'actualité étranges, bizarres, insolites, souvent amusants, mais se prêtant toujours à un commentaire philosophique. Ils peuvent servir de points de départ pour la réflexion individuelle du lecteur, mais aussi ils peuvent alimenter des débats thématiques collectifs (cours scolaires, cafés-philo, réunions de réflexion...).

 

***

 

Pour voir la liste de tous mes livres édités chez BoD, cliquer : ici.

 

***

 

Enfin n'hésitez pas à visiter mon blog artistique, pour voir des photos, des vidéos, des textes littéraires et poétiques :

Partager cet article
Repost0
10 août 2021 2 10 /08 /août /2021 01:01

C’

est un bel usage, qui permet de socialiser les individus parlants que nous sommes. Mais encore pour se parler faut-il avoir quelque chose à se dire.

 

Rassurons-nous : ce sera toujours le cas avec les progrès de la technique. L’application de conversation Messenger de Facebook va désormais nous suggérer des sujets de conversation avec nos amis en fouillant leur timeline, leur « fil d’actu­a­lité », le journal de leurs activités tenu heure par heure, où seront puisées les occasions d’échan­ges. Vive donc ce progrès high tech mis au point dans une intention éminemment charitable, « pour ces moments où nous ne savons plus quoi dire » (Source : 20minutes.fr, 18/10/2016) !

 

J’admire la sollicitude de tous ces créateurs de dispositifs qui nous viennent en aide quand nous sommes incapables de nous prendre en main nous-mêmes. Manquons-nous d’idées, on nous en suggère. De sujets pour parler, on nous en propose. De vie même, on va nous « animer », comme dans ces lieux de vacances où le touriste a si peur de s’ennuyer qu’il s’enquiert, aussitôt qu’arrivé, des « animations » disponibles auprès du Syndicat d’initiative de l’endroit.

 

Tout concourt maintenant à pallier nos manques. Au lieu de nous inviter à y remédier nous-mêmes, on nous offre des recettes toutes faites pour nous en délivrer. On ne cherche pas à nous faire penser, mais à nous panser. Assistés permanents, nous serons enfin heureux et délivrés de tout souci.

 

Je gage que ces conversations seront faites de simple bavardage, de cette « parlerie » dont parle Heidegger dans L’Être et le Temps. L’homme moderne a l’horreur du vide (horror vacui). Ce vide qu’il trouve en lui-même, il ne cesse de s’en détourner, de s’en divertir, pour se fuir lui-même. À cela sert le dernier gadget technique à la mode. La prothèse protège.

 

Facebook croit qu’on doit obligatoirement parler avec ses « amis », éviter absolument le silence. Mais il y a là un double abus de mots, et sur le langage et sur l’amitié. Car le vrai langage doit venir du cœur, non être initié par un robot-espion. Et un vrai ami est celui avec lequel on peut partager le silence, au côté duquel on peut rester sans rien dire du tout, sans qu’il en soit vexé en aucune façon.

 

[v. Gazouillis]

 

27 octobre 2016

 

D.R.

***

Ce texte est extrait de mon dernier recueil d'articles Petite philosophie de l'Insolite. L'ouvrage est disponible en deux formats, papier et livre électronique (E-Book). On peut en feuilleter le début en cliquant ci-dessous sur : Lire un extrait. On peut le commander sur le site de l'éditeur en cliquant sur : Vers la librairie BoD. Il est aussi disponible sur commande en librairie et sur les sites de vente en ligne.

Petite philosophie de l'Insolite
Théron, Michel
17,00€Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Les textes composant cet ouvrage sont tous parus, sous leur forme initiale, dans un journal hebdomadaire. Ils concernent des sujets d'actualité étranges, bizarres, insolites, souvent amusants, mais se prêtant toujours à un commentaire philosophique. Ils peuvent servir de points de départ pour la réflexion individuelle du lecteur, mais aussi ils peuvent alimenter des débats thématiques collectifs (cours scolaires, cafés-philo, réunions de réflexion...).

 

 

***

 

Pour voir la liste de tous mes livres édités chez BoD, cliquer : ici.

 

***

 

Enfin n'hésitez pas à visiter mon blog artistique, pour voir des photos, des vidéos, des textes littéraires et poétiques :

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de michel.theron.over-blog.fr
  • : "Mélange c'est l'esprit" : cette phrase de Paul Valéry résume l'orientation interdisciplinaire de mon blog. Dans l'esprit tout est mêlé, et donc tous les sujets sont liés les uns aux autres. - Si cependant on veut "filtrer" les articles pour ne lire que ce qui intéresse, aller à "Catégories" dans cette même colonne et choisir celle qu'on veut. On peut aussi taper ce qu'on recherche dans le champ "Recherche" dans cette même colonne, ou encore dans le champ : "Rechercher", en haut du blog - Les liens dans les articles sur le blog sont indiqués en couleur marron. Dans les PDF joints, ils sont en bleu souligné. >>>>> >>>>> Remarque importante (avril 2021) : Vous pouvez trouver maintenant tout ce qui concerne la Littérature, la Poésie et l'Art dans mon second blog, "Le blog artistique de Michel Théron", Adresse : michel-theron.eu/
  • Contact

Profil

  • www.michel-theron.fr
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

Recherche

Mes Ouvrages