C’est un mot tabou dans le monde de l’enseignement, et d’ailleurs la sélection des bacheliers pour entrer à l’Université par exemple, exception faite pour la médecine, est interdite par la loi. Cependant certaines formations en licence très prisées (sciences politiques, éco-gestion, langues étrangères appliquées, arts du spectacle, information-communication, psychologie, etc.) doivent faire face à un afflux important de candidats. Aussi la solution qu’elles ont trouvée est l’admission par tirage au sort, que les juges ont décrété légale, puisque la sélection au mérite est prohibée (Source : Libération, 15/07/2014 : « Sélection : il y a du tirage à l’Université ».
On conviendra qu’il n’y a rien de plus injuste pour les candidats méritants que le tirage au sort : s’il leur est défavorable, les voilà pénalisés pour toute leur vie. Mais on doit évidemment se demander pourquoi on en est arrivé à une telle absurdité. Tout simplement parce que le système scolaire dans son ensemble récuse toute idée de mérite et de choix reposant sur lui, au nom d’une idéologie angélique et égalitaire, démagogue aussi, selon laquelle chacun doit pouvoir faire le seul type d’étude qui l’intéresse, indépendamment de sa propre capacité. On sait que la moitié des bacheliers est éliminée pour insuffisance de niveau à l’issue de la première année d’études à l’Université. Cela n’est pas étonnant, puisque le baccalauréat n’est plus qu’une formalité : 87,9 % d’admis lors de la dernière session (Source : Le Figaro Étudiant, 10/07/2014). Il est bien loin de valoir l’ancien Certificat d’études primaires, où faire cinq fautes dans une dictée était éliminatoire !
Nota : Un recueil de toutes les chroniques précédentes, que j'ai données à Golias Hebdo de fin décembre 2008 à début mars 2014, est disponible en version enrichie, assorti de nombreux liens internes et externes facilitant son exploitation, sous forme de livre électronique multimédia :
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Michel Théron