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Le cycle de mes émissions cette année à FM Plus Montpellier est consacré à une reprise remaniée et enrichie de mon livre Comprendre la culture générale, paru chez Ellipses en 1991, toujours disponible en version papier, mais dont une version numérique sortira bientôt dans sa nouvelle présentation, remise à jour et plus développée.
Voici la 18e de ces émissions (durée : 28' 37") :
Les Mots de la culture : Le langage symbolique (3)

La mésaventure de l’actuel candidat de la droite aux prochaines élections présidentielles doit nous faire réfléchir sur la différence entre ce qui est légal et ce qui est légitime. Ce n’est pas parce que, peut-être, on n’a rien fait d’illégal, que ce qu’on a fait (ou en l’occurrence ce qu’on a oublié de faire faire) est légitime d’un point de vue moral. Sous Vichy, il était légal d’obéir au gouvernement en place. Mais était-ce une raison pour le faire, en faisant taire sa conscience ? On sait assez, depuis l’Antigone de Sophocle, que les lois en place, les « lois écrites », ne correspondent pas toujours aux lois « non écrites » de la conscience individuelle, et que peut bien se trouver légitimée l’insurrection de la seconde face aux premières.
Que les pratiques qu’on reproche à notre candidat soient aussi le fait de maints acteurs politiques n’est en aucune façon une excuse. Nul ne peut se prévaloir, dit l’adage juridique, de sa propre turpitude. Et aussi, dit un autre adage, l’abus ne supprime pas l’usage (abusus non tollit usum).
On ne peut pas non plus se défendre, devant des accusations, en se contentant de dénoncer d’où elles peuvent venir. La question est simplement de savoir si elles sont fondées, ou non. Cela me fait penser aux discussions des assemblées post-soixante-huitardes, où souvent l’on s’occupait moins de savoir si un intervenant avait raison, mais « d’où » il parlait, de qui il était le « sous-marin ». Il y avait là un terrorisme intellectuel certain.
Pour connaître vraiment un homme, il faut juger non ce qu’il dit, mais ce qu’il fait. Le fond de la question ici est que, si se perd en démocratie cette « vertu » qui selon Montesquieu en est la base, la République n’est plus qu’une « dépouille », et le civisme ou sentiment du bien public disparaît, au profit du déchaînement des intérêts particuliers. Beaucoup d'hommes politiques, qui devraient pourtant être exemplaires, voient leurs avantages comme des privilèges dont ils peuvent user à leur gré. Et au lieu de servir, ils se servent.