Elle me semble caractériser l’attitude générale du président états-unien actuel. Beaucoup de ses décisions sont tonitruantes et impérieuses, matamoresques dans leur expression, mais régulièrement contredites par les actes qui les suivent. À propos des droits de douane qui ont fait trembler les bourses du monde entier, et qui ont été ensuite suspendus, un éditorialiste du Financial Times a inventé une explication, qu’il a appelé la théorie du TACO, acronyme de : Trump Always Chickens Out (Trump se dégonfle toujours – comme une poule mouillée). Cette expression renvoie aussi au plat mexicain du même nom. (Source : franceinfo.fr, 30/05/2025)
Trump a beau avoir répliqué que ces va-et-vient caractérisent l’art de la négociation, il reste que la volatilité et l’imprévisibilité de ses décisions jette un jour singulier sur sa psychologie. Certes il se veut un homme fort, son discours est viriliste, celui d’un Mâle alfa. Mais en réalité, ses hésitations et atermoiements quand il s’agit de prendre les plus graves décisions font sérieusement en douter. La vraie force quand elle existe ne s’affiche pas ainsi : les paroles ne doivent pas être démenties par les actes. Au fond, ne lui en déplaise, il ne fait en agissant ainsi que se donner en spectacle à lui-même, il veut se convaincre que sa conduite correspond à l’image de lui qu’il veut laisser – fidèle en cela à l’acteur de télévision qu’il a été et qu’il est encore. Pour le fond, on peut douter qu’il y ait dans sa personnalité beaucoup de substance et de profondeur.
Le chien qui aboie le plus fort est le plus petit chien. En fait au fond de lui-même il a peur, et l’aboiement est une façon de se rassurer. Ainsi certes avec les faibles, Trump est fort. Mais avec les forts, il est faible, hésitant, immature. Sa relation avec Poutine le montre : il est incapable, tant son narcissisme naturel l’aveugle, de voir lucidement la nature de son interlocuteur, qui est loin de correspondre à ses propres visions et schémas. En cela il fait preuve d’une manifeste étroitesse d’esprit, et les Ukrainiens font les frais de cette psychorigidité.
On pourrait en rire, si les enjeux n’étaient pas si graves, et si depuis sa venue au pouvoir ne s’était rompue une relation, vitale pourtant, entre son pays et les autres peuples de la terre : la confiance. Il faut des années pour l’établir, et quelques instants pour la détruire.
D.R. Un appui A ux plus sombres de nos jours nous cherchons un appui, quelque chose qui nous donne un peu plus de courage d'être, malgré toutes les dénégations où nous mène la pensée. Derri...
J’ai regardé sur Arte, dans la soirée du 27 mai dernier, l’émission ADN Business : la face cachée des tests grand public. Elle montrait qu’on fait, à tort, à ces tests une confiance aveugle quant à leur pouvoir de prédiction. On y voit l’expression pour chacun d’un destin irrévocable, en quelque sorte Némésis sans son masque, sans se douter que ce à quoi nous sommes promis dans nos vies est un mélange non distinguable entre la pression de nos gènes d’une part, et de l’autre l’influence de notre environnement. Tout seul, le matériau génétique ne suffit pas pour prédire le destin de chacun. Mais les tests grand public n’ont pas la prudence de la reconnaître, pressés qu’ils sont par le désir, chez tous, de savoir à quoi s’en tenir sur ce qui les attend.
Aussi certains recevant le message des tests en anticipent délibérément les conséquences possibles, en se faisant ôter par la chirurgie ou tel organe dont le test a prédit qu’il doit plus tard tomber malade. Mais qu’en sait-on ? Il faudrait être ici moins certain de ce qui peut arriver, et méditer la phrase évangélique : « Vous ne savez ni le jour ni l’heure. » (Matthieu 25/13)
Maintenant, à supposer qu’un test ADN soit vraiment irréfutable, qui nous dit qu’il y a des cas où la connaissance de ses résultats ne peut pas être destructrice ? Je pense à ceux qui enquêtant sur leur ascendance veulent à tout prix connaître leur vrai géniteur. Effectivement c’est possible avec le test. Mais combien de foyers ne risquent-ils pas d’exploser, quand un enfant s’aperçoit par exemple que celui qu’il croit être son vrai père ne l’est pas, qu’il n’est que son père adoptif !
Mais on oublie ici la vraie signification de la paternité : est père celui qui élève l’enfant, le fait grandir, bref celui qui l’adopte. On voit bien cela dans le mythe chrétien de la naissance virginale du Sauveur. Le vrai père est Joseph, qui épouse Marie pour la relever aux yeux du monde, et ensuite adopte l’enfant. L’adage juridique le dit bien : Is pater est quem nuptiae demonstrant (Celui-là est père que montre le mariage). Une belle réécriture de cet épisode se trouve dans Fanny de Pagnol. Le père n’est pas le père biologique (Marius), mais Panisse, qui a épousé Fanny et reconnu son fils. Laissons-donc ici les tests génétiques où ils sont. Ils nous feraient régresser de l’espace de la culture à celui de la barbarie scientifique, sous le visage de la biologie.
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Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).