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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 01:01

Voici un petit film qui a été réalisé par une équipe d'étudiants en audiovisuel de Béziers, encadrée par leur professeur Sandy Blanco. Il s'inspire d'un de mes poèmes, La Chaleur de l'été, illustré par une de mes photographies, et publié chez BoD. On notera la différence entre les intentions possibles de l'auteur et les interprétations faites par le récepteur, vérifiant par là la phrase de Valéry : "Il n'y a pas de vrai sens d'un texte."

 

Voici le poème :

 

La Chaleur de l'été

 

 

Volets mi-clos

Soupçons brûlants

Dans l’été chaud

Dehors dedans

 

Tant de lumière

Qui nous consume

Et de mystère

Qui nous résume...

 

Voici la photo qui l'illustre dans le livre :

 

 

 

Pour voir maintenant le film, cliquer sur : 

 

 

***

 

Pour voir une expérience faite dans les mêmes conditions sur un autre de mes poèmes, cliquer sur : 

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 01:01

Je republie ici un article paru en son temps dans Golias Hebdo, et consacré à la façon dont on peut considérer la famille.

 

L

es catholiques viennent de fêter la fête de la Sainte Famille, fixée au dimanche qui suit Noël. Il s’agit bien entendu de la famille de Jésus, qu’on nous invite à célébrer.

 

Pourtant, en ouvrant mon Évangile, j’y remarque le passage suivant : « Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs,  il ne peut être mon disciple. » (Luc 14/26) Quel décalage, alors, entre ce refus radical de la famille bio­logique, et cette fête qu’on nous propose !

 

Ce texte me poursuit toujours, d’autant que le verbe haïr (en grec, miseîn) y figure, et qu’il ne sert à rien de vouloir l’atténuer.

 

De ma perplexité, cependant, m’a tiré la lecture de l’évangile selon Thomas. On y lit en effet, au logion 101 : « Celui qui ne récuse son père et sa mère comme moi ne pourra devenir mon disciple, et celui qui n’aime son Père et sa Mère comme moi ne pourra devenir mon disciple. Car ma mère m’a engendré, mais ma véritable Mère m’a donné la vie. »

 

Enfin un texte magnifiquement lumineux ! Pourquoi faut-il à la fois récuser père et mère, et les aimer ? C’est que, dans le premier cas, il s’agit des parents réels, dont nous avons tôt fait de voir, par la proximité même où nous sommes d’eux, les imperfections, les faiblesses. Et dans le second cas, il s’agit des parents idéaux, mythiques, archétypaux.

 

Ce sont des projections admiratives que nous faisons, enfants, sur nos parents, mais dont le souvenir peut nous accompagner toute notre vie, pour conjurer la déception que fatalement ils nous donnent dans le monde réel. Peut-être au fond nos parents ainsi idéalisés, projetés et attendus par notre psyché ne naissent-ils pleinement en nous que lorsqu’ils meurent...

 

Parfois ce sont le Parrain et la Marraine qui jouent dans la réalité ce rôle de Père divin et Mère divine, en anglais Godfather et Godmother. Pour les enfants qui ont la chance d’en avoir, ils peuvent correspondre à ce profond besoin psycho­logique de sécurisation, en tirant leur prestige de leur éloignement même. En dehors même de toute signification religieuse, je dirai que l’usage de donner ainsi des garants tutélaires à l’enfant qu’on baptise est bénéfique : sa vérité pour moi est son utilité.

 

Si donc Père et Mère idéaux sont les caryatides qui soutiennent l’enfant balcon, ils peuvent rester pour nous adultes des viatiques vivifiants : il est bien dommage que Luc n’en ait pas fait mention, et nous laisse sur un mot abrupt et tranchant qui peut désespérer.

 

Aussi, même si comme disait Jules Renard tout le monde dans la réalité n’a pas la chance d’être orphelin, tout le monde peut garder et chérir au fond de soi le souvenir de ses parents idéaux, qui constituent la vraie famille – spirituelle.

 

5 janvier 2009

 

D.R.

 

Voir aussi :

***

 

Le texte ci-dessus, initialement paru dans Golias Hebdo, fait maintenant partie de mes Chroniques religieuses, ouvrage en deux tomes, disponible en version papier et e-book : 

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25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 02:01

En complément à mon article précédent sur l'humour, voici maintenant un article sur l'ironie :

  

I

l faut bien la distinguer de l’humour [v. Humour (lien)], bien que beaucoup d’amuseurs publics se pavanant sur les médias se prétendent humoristes, alors qu’ils ne sont que des ironistes de bas étage.

 

L’humour consiste à se moquer de quelque chose qu’on aime, et l’ironie, à dévaloriser, de façon souvent très agressive, quelque chose que l’on n’aime pas. Le vrai humoriste peut même rire aux dépens de lui-même, alors que l’ironiste se situe de toute façon au-dessus de ce qu’il attaque, et aux dépens de quoi il fait rire.

 

C’est pourquoi il y a une grande sagesse de l’humour, et au contraire une grande présomption ou fatuité de la part de celui qui manie l’ironie. Sûr de lui, il ne se met pas en question, et peut épingler ses victimes avec un grand sadisme.

 

La différence est entre une grande plasticité intellectuelle propre à l’humoriste, sensible à tous les aspects complexes et incertains d’une situation, et au contraire une psychorigidité très fréquente chez l’ironiste. Par exemple Raymond Devos pra­ti­quait seulement l’humour, et ne comprenait pas par exemple qu’on pût rire de certains malheurs et détresses, qui pour lui n’appelaient que l’em­pathie. Sa vision était charitable, et donc humaine.

 

Nous en sommes loin aujourd’hui, à entendre la façon dont nos bateleurs d’estrade médiatique se moquent de leurs victimes, ne reculant devant aucun coup bas pour faire rire. Leur ego surdimensionné n’admet aucune pitié. Cela correspond d’ailleurs à l’état actuel des esprits, où l’agres­sivité et le désir de rabaisser dominent très souvent.

 

On objectera que l’ironie sert parfois salutairement la polémique, et qu’en tant que telle elle est une arme de lutte contre les abus de toute sorte, dans l’ordre social par exemple. On peut citer les philosophes du 18e siècle qui l’ont maniée, dont Voltaire.

 

Mais ce dernier avait du talent, et d’ailleurs ne reculait pas à certains moments lui-même devant l’humour. Au lieu que nos modernes ironistes visent très bas, et font rire grassement un public : ils ne s’adressent pas à son intelligence, mais ils flattent ses plus bas instincts, ceux de la meute et de la curée.

 

Au total, le rire qu’ils suscitent n’est pas du tout subversif pour l’ordre en place. Rien de plus bas, trivial, et entièrement conformiste que la vision qu’ils véhiculent. S’appeler « humoristes » dans leur cas relève de la plus grande confusion d’esprit et du plus caractéristique abus de mot.

 

24 janvier 2013

 

D.R.

 

***

 

Ce texte est d'abord paru dans le journal Golias Hebdo. D'autres textes comparables figurent dans l'ouvrage suivant, premier tome d'une collection, dont on peut feuilleter le début (Lire un extrait), et qu'on peut acheter sur le site de l'éditeur (Vers la librairie BoD). Le livre est aussi disponible sur commande en librairie, ou sur les sites de vente en ligne.

Petite philosophie de l'actualité
Théron, Michel
15,00€Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Les textes composant cet ouvrage sont tous parus, sous leur forme initiale, dans un journal hebdomadaire. Souvent inspirés par l'actualité, ce qui les rend plus vivants, ils ont cependant un contenu intemporel, et se prêtent toujours à une réflexion philosophique. Ils peuvent servir de points de départ pour la réflexion individuelle du lecteur, mais aussi ils peuvent alimenter des débats thématiques collectifs (cours scolaires, cafés-philo, réunions de réflexion...).

Pour voir l'ensemble des volumes parus dans cette collection, cliquer ici.

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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