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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 01:01
Le christianisme en questions (009)
Question : Que savons-nous de l’existence historique de Jésus ?
 
Réponse : Peu de choses. Mais l’important sont les voix, les enseignements qu’on nous en rapporte.

 

En-dehors de ce que nous disent de Jésus ceux qui ont cru en lui, et qui viennent de témoins non oculaires, mais comme susdit de « témoins de conviction », nous avons peu de témoignages non chrétiens sur Jésus. Il y a d’abord un passage des Annales de Tacite (XV, 44), où on lit que Néron a accusé les chrétiens d’avoir mis le feu à Rome pendant l’été de l’année 64 ap. J.-C. De ces derniers Tacite parle de façon peu amène : « Néron se trouva des coupables et il infligea des châtiments raffinés à des gens que leurs scandales rendaient odieux et que la masse appelait Chrétiens. Ce nom leur vient de Christ que le procureur Pontius Pilatus avait fait supplicier sous le règne de Tibère. Contenue pour un temps, cette superstition pernicieuse perçait à nouveau, non seulement en Judée, où ce mal avait pris naissance, mais à Rome même où tout ce qu’il y a partout d’affreux et de honteux afflue et trouve des gens pour l’accueillir. »

 

Cependant certains disent que l’historien latin aurait tout simplement confondu avec le Christ un certain Chrestos, agitateur juif habile et remuant, qui avait rassemblé autour de lui une clique de partisans et qui les exhortait à jeter périodiquement le trouble dans la capitale. Il faudrait alors se rapporter au texte bien connu de Suétone dans Vie de Claude, XXV, 11 : « Les Juifs provoquant continuellement des troubles à l’instigation de Chrestos, il les chassa de Rome. » Il est vrai qu’avec l’iotacisme, Chrestos se prononce aujourd’hui exactement comme Christos. Mais l’événement dont parle Suétone a eu lieu en 42 ap. J-C., donc ce Chrestos, juif révolutionnaire, était vivant après la mort de Jésus !

 

Dans le monde romain, nous reste aussi une lettre de Pline à Trajan (Lettre 96), où Pline demande à l’Empereur comment il faut traiter les chrétiens, en disant qu’ils rendent un culte au Maître quasi deo, « comme à un dieu ». Mais il n’est question là que des disciples, non du Maître lui-même.

 

Enfin reste le témoignage de Flavius Josèphe, l'historiographe juif de la fin du 1er siècle, le fameux testimonium  flavianum. Il écrit dans ses Antiquités juives (19/343-350) : « À cette époque survient Jésus, un homme sage, car c’était un faiseur d’œuvres prodigieuses, maître des gens qui reçoivent les vérités avec plaisir ; il se gagna beaucoup de Juifs et beaucoup qui étaient d’origine grecque. Lorsque, sur la dénonciation de nos notables, Pilate l’eut condamné à la croix, ceux qui l’avaient aimé au début ne cessèrent pas de le faire. Et aujourd’hui encore, le clan des chrétiens – nommés ainsi à cause de lui – n’a pas disparu. »

 

Cependant l’authenticité de ce passage a été bien souvent discutée : Voltaire déjà la niait catégoriquement, dans son  Dictionnaire philosophique, à la rubrique « Christianisme ». Certains disent qu’il s’agit d’une interpolation totale faite par une main chrétienne, d’autres parlent d’interpolation partielle, mais dans ce dernier cas peu contestent l’expression d’« homme sage », qu’assurément le christianisme dominant, paulinien d’origine et déjà alors en développement, ne pouvait utiliser. – Pour moi, au contraire, cette idée d’« homme sage » me conviendrait très bien !

 

Au total, rares sont les renseignements sur Jésus extérieurs au christianisme lui-même. Certains ont même été jusqu’à nier son existence historique. Ce fut le cas de Prosper Alfaric, à qui cette négation valut l’excommunication. Voir : Mythistes.

 

Quand on emploie chez nous l’expression : « parole d’évangile », on veut attester l’irréfutabilité de ce qu’on dit. Cependant pour comprendre concrètement que le rédacteur évangélique parle, non comme un témoin oculaire, mais bel et bien comme un romancier, il suffit de lire l’épisode de l’agonie de Jésus au Mont des Oliviers. On nous dit que des grumeaux de sang coulent de sa tête jusqu’au sol, et dans certaines versions, mais pas dans toutes, qu’un ange descend du ciel pour le fortifier (Luc 22/43-44). Tout cela, comment le sait-on ? Les seuls habilités à le dire seraient les apôtres. Mais à ce moment-là ils dorment ! La vérité est qu’on a affaire à une scène inventée, et que le narrateur procède avec une totale liberté en écrivant ce qui lui convient.

 

Maintenant, a-t-on brodé sur de l’historique, ou a-t-on créé en la personne de Jésus un mythe de toutes pièces ? Certains disent qu’il faut considérer dans cette occasion le cas de tant de martyrs chrétiens qui ont versé leur sang pour attester leur foi : on ne meurt pas, prétendent-ils, pour de la fiction. Mais, outre que mourir pour une idée ne signifie pas qu’elle soit bonne, personnellement je pense que cette question d’historicité n’a pas grand sens. Borges affirmait : « La vérité historique n’est pas dans ce qui s’est passé, mais dans ce que nous pensons qui s’est passé. » Et Alain disait fort justement : « Ce qui importe n’est pas ce qui est vrai, mais comment c’est vrai. »

 

Qu’Homère ait existé ou non, la beauté marine de l’Odyssée n’en souffre pas. Même chose pour Shakespeare, et pour tant d’autres ! L’important ce sont les œuvres, non les personnes.  Valéry disait même qu’on pouvait enseigner la littérature, pur fait de langage, sans qu’aucun nom d’auteur ne fût prononcé. De même, de Jésus nous restent des voix, des paroles, des enseignements. Ce sont eux qui comptent, et c’est à chacun de choisir ce qui lui convient, en fonction de ses propres attentes et de son caractère. « Qui dites-vous que je suis ? » (Matthieu 16/15 ; Marc 8/29 ; Luc 9/20) Les réponses sont fort diverses, et tel nous le dirons, tel, pour nous, il sera.

 

A suivre...

***

 

Nota :

 

Pour approfondir les notions fondamentales du christianisme, on peut se reporter aussi aux 80 émissions de radio que j'ai faites à FM+ Montpellier, à partir de mon ouvrage en deux tomes, Théologie buissonnière. Chaque émission (50 minutes environ) est consacrée à une entrée du livre, correspondant chacune à une notion. Elle est illustrée de musiques spécialement choisies pour être appropriées au thème.

 

Pour cela, taper : Théologie buissonnière, dans le champ Recherche (colonne de droite du blog), et choisir la notion qui intéresse.

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 01:02
Le christianisme en questions

Le christianisme en questions

Question : Les textes anciens sont-ils recopiés à l’identique dans la construction chrétienne ?    
Réponse : Non. Elle s’en inspire et y trouve des motifs. Mais elle ajoute aussi, et à partir d’eux trouve des perspectives nouvelles.

 

« Inventer » a deux sens : le sens ancien et étymologique (latin invenire), qui signifie trouver quelque chose de déjà existant. Par exemple « l’inventeur » d’un trésor est celui qui l’a trouvé, dans la terre ou autre part. Et le sens moderne, qui signifie trouver quelque chose de nouveau. Par exemple l’inventeur de la TSF, de la télévision, etc.

 

Eh bien, les rédacteurs du texte néotestamentaire procèdent des deux directions : d’abord ils trouvent dans le texte qu’ils ont sous les yeux (la Bible juive) un motif d’inspiration, c’est donc inventer ou trouver au sens ancien. Mais ils ne se contentent pas de cela : sur ce motif ils vont broder, développer, inventer ou trouver au sens moderne de nouvelles caractérisations et perspectives. D’abord on se souvient, on repère ; ensuite on développe et amplifie : on ne regarde plus vers le passé, la répétition simple, mais vers l’avenir, la novation.

 

Un exemple évangélique type est la crucifixion du Christ entre les deux larrons. Ces larrons, qui nous semblent si familiers aujourd’hui, ont-ils vraiment existé ? Ils viennent en réalité d’un texte, du passage bien connu d’Isaïe, celui dit du « Serviteur souffrant », où les chrétiens, après Paul (voir question 004) ont vu une préfiguration du Messie ou du Christ crucifié pour le salut des hommes. On est donc parti du verset 3 du chapitre 53 d’Isaïe : « Il a été mis au nombre des  hors-la-loi ». Notez qu’il n’est pas encore question ici de « larrons », mais de « hors-la-loi » : la LXX a anomoi, la Vulgate scelerati (d’où notre : « scélérats ». On peut donc dire que le rédacteur évangélique invente au sens ancien de ce mot, c’est-à-dire trouve une situation dans un texte plus ancien qu’il a sous les yeux, ou dont il se souvient pour l’avoir longuement fréquenté.

 

Mais ensuite il va inventer au sens moderne du terme, c’est-à-dire ajouter du nouveau à de l’ancien. Ainsi les rédacteurs de Marc et Matthieu spécifient les hors la loi en « brigands » (lèstai), en inventent le nombre (deux), et la répartition par une symétrie topologique que reprendront toutes les œuvres plastiques figurant la scène, « un à droite, l’autre à gauche » : Marc 15/27 ; Matthieu 27/38. La Vulgate traduit le mot grec par latrones, et c’est de là que viennent nos « larrons ». Le rédacteur de Luc, lui, ne parle que de « malfaiteurs » (kakourgoi), que bizarrement la Vulgate traduit encore, sans doute par habitude prise, par latrones : Luc 23/34. Mais surtout le texte lucanien va plus loin encore dans l’invention au sens moderne, en distinguant entre les larrons un mauvais (railleur) et un bon (compatissant). C’est à ce dernier, repentant, que Jésus promet pour le jour même (si on choisit la ponctuation traditionnelle) le salut et le paradis : Luc 23/39-43.

 

Il est très important d’inventer en ce sens, même s’il ne s’agit que d’une fiction ou d’un mythe : « Mythe, disait Valéry, est ce qui n’existe qu’ayant la parole pour cause. » Car il y a un pouvoir performatif de la parole, elle peut soulager, guérir les angoisses par le crédit ou la fiducia qu’on lui accorde. Voyez la parole du centenier à Jésus en Matthieu 8/8, reprise comme réconfort, thérapie à la communion des catholiques : « Seigneur, je ne mérite pas que tu entres sous mon toit, mais seulement parle par ta parole et je serai guéri. » « Parle par ta parole » (gr. eipe logô, lat. dic verbo) : véritablement la parole fait advenir ce qu’elle profère et annonce.

 

En fait cette fiction lucanienne du pardon accordé au bon larron est d’une très grande importance psychologique : elle nous donne espoir, comme il se voit, bien plus tard, dans cette strophe du Dies irae : « Qui Mariam exaudisti / Qui latronem absolvisti / Mihi quoque spem dedisti » (Toi qui as absous Marie [Madeleine], toi qui as absous le [bon] larron / À moi aussi tu as donné espoir). La vérité du pudding, disent les empiristes, est qu’on le mange. Ainsi les fictions instituantes, comme celle de Marie-Madeleine ou du bon larron, sont celles qui mettent en scène nos existences de façon à ne pas nous désespérer, elles nous éclairent par des scénarios qui ensuite peuvent baliser nos chemins de vie, être comme ici génératrices de confiance. C’est la part dans la narration de l’invention au sens moderne du mot.

 

S’agissant de nos deux larrons, un apocryphe ultérieur, la Déclaration de Joseph d’Arimathie, a éprouvé le besoin de les nommer et de les caractériser encore davantage : l’un appelé Dysmas, le « méchant », dont la vie elle-même est calquée sur celle de Procuste, brigand mythique de l’Antiquité ; et l’autre, le « bon », appelé Gestas, brigand au grand cœur, détrousseur des riches et bienfaiteur des pauvres, dont la vie fait penser à celle qui sera prêtée plus tard à Robin des Bois. Un texte en amont donc, et un autre en aval : preuve que la littérature n’a et n’aura jamais de fin…

 

Dernier exemple, celui de la magnifique parole de Jésus en croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23/34) Elle reprend manifestement la suite du texte d’Isaïe susmentionné sur le Serviteur souffrant mis au rang des hors-la-loi : « Et il a intercédé pour les coupables. » (53/12) C’est une nouvelle utilisation, une actualisation de l’ancien texte. Mais le contenu ici est spécifié par l’ajout décisif : « car ils ne savent ce qu’ils font ». Est-il nouveau ? Il reprend l’enseignement même de Socrate dans le Gorgias de Platon : « Nul n’est méchant volontairement. » Qu’en était-il de la voix même, de l’ipsissima vox de Jésus ? On sait que le rédacteur de Luc écrit pour des Grecs, familiers de ce type de pensée. Nous ne saurons jamais si Jésus a prononcé cette si belle phrase, ou si on l’a mise dans sa bouche par réminiscence hellénisante. Mais l’essentiel n’est pas là sans doute : l’important est qu’elle ait en nous un écho, une résonance. Et la littérature suffit bien, si elle aide à vivre.

 

A suivre...

 

 

Voir aussi :

 

 

***

Nota :

 

Pour approfondir les notions fondamentales du christianisme, on peut se reporter aussi aux 80 émissions de radio que j'ai faites à FM+ Montpellier, à partir de mon ouvrage en deux tomes, Théologie buissonnière. Chaque émission (50 minutes environ) est consacrée à une entrée du livre, correspondant chacune à une notion. Elle est illustrée de musiques spécialement choisies pour être appropriées au thème.

 

Pour cela, taper : Théologie buissonnière, dans le champ Recherche (colonne de droite du blog), et choisir la notion qui intéresse.

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 01:01
99 réponses sur le christianisme

Le christianisme en questions

Question : Comment pourrait-on voir l’ensemble de la construction chrétienne ?      
 
Réponse : Comme un immense travail de réécriture opéré à partir de textes plus anciens, donc comme une gigantesque œuvre de littérature.

 

Quiconque pratique en profondeur lecture et écriture le sait bien : les textes sont comme les désirs ou les trains – chacun peut en cacher un autre. On lit d’abord, puis on écrit, et derrière ce qu’on écrit affleurent, consciemment ou inconsciemment, des souvenirs des lectures antérieures. L’ombre d’un texte ancien se profile toujours sur un texte nouveau, au point que l’originalité absolue n’existe pas. « Tout est dit, disait La Bruyère, depuis plus de 6000 ans qu’il y a des hommes et qui pensent. »

 

À partir du grec, on appelle palimpseste d’abord au sens propre un manuscrit regratté sur lequel on a inscrit un texte nouveau, puis par extension un texte qui opère la réécriture d’un texte plus ancien. Dans la tradition juive existe le midrash, qui est un commentaire exégétique de tel ou tel passage antérieur de la Bible, ainsi que le pesher,  une méthode d’interprétation de la Bible propre à la secte de Qumrân, qui interprète les prophéties bibliques comme si elles se rapportaient à la période contemporaine. Selon cette méthode, le contexte historique d’origine n’est plus pris en compte. Elle actualise les textes de la Bible et donne une interpré­tation eschatologique des événements actuels. Dans les deux cas, il s’agit bien de réécriture par réactualisation.

 

Eh bien, on peut dire que tout le Nouveau Testament chrétien procède du même esprit. Les rédacteurs en sont tout imprégnés de leurs propres lectures de la Bible, et en utilisent constamment les passages pour y voir une préfiguration de ce qu’ils avancent, racontent, mettent en scène, indépendamment du sens qu’ils pouvaient avoir dans leur contexte primitif de rédaction. L’exemple du premier Credo chrétien, vu à la question précédente, le montre bien : pour en configurer la matière, Paul utilise simplement des passages de la Bible juive, où il voit des préfigurations et des garants de sa propre construction. La foi nouvelle est une réutilisation ou un « recyclage » de textes antérieurs, avec interprétation nouvelle.

 

Il en est de même pour les récits, le storytelling néotestamentaire. Ainsi le récit de la passion de Jésus n’est qu’un midrash, une reprise de textes antérieurs, principalement des psaumes. Le début du psaume 22 (« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ») est mis dans la bouche de Jésus mourant dans deux des quatre évangiles retenus, en Matthieu 27/46 et Marc 15/34. Quant au dernier cri de Jésus dans la même situation, en Luc 23/46 (« Père, entre tes mains je remets mon esprit »), il vient du Psaume 31, verset 5, avec simplement l’ajout du mot « Père ». Et parfois même le rédacteur indique expressément la référence au texte dont il s’inspire, alors qu’il n’en avait nul besoin : « Après cela, Jésus, qui savait que déjà tout était achevé, dit afin que l’Écriture soit accomplie : ‘J’ai soif.’ » (Jean 19/28). Le « J’ai soif » vient du Psaume 22, verset 15. Sans le commentaire johannique, on ne s’en serait pas douté.

 

Les exemples de ces reprises sont innombrables. L’ensemble constitue bien un gigantesque travail textuel, un travail de pure littérature. Mais disant cela, je ne donne en aucune façon à ce mot un sens péjoratif. La littérature, que je mets très haut, nous construit, nous donne visage humain. Sans elle, sans le miroir instituant qu’elle nous tend pour nous refléter, nous ne serions que des morts-vivants, comme ces vampires qui, dit-on, ne se reflètent dans aucun miroir. Ou bien nous ne serions que des animaux. « Sans les romans, disait Valéry, comment pourrait-on s’y prendre pour faire sa cour à une femme ? »

 

Aujourd’hui, la question de l’historicité réelle des épisodes racontés dans les évangiles n’occupe que les croyants littéralistes. Bultmann disait qu’il fallait bien distinguer le Jésus historique du Christ de la foi. Du premier finalement nous savons bien peu de choses. Le second est évidemment respectable en tant qu’objet de foi, mais il n’a rien d’historique. L’Église instituée elle-même ne parle à cette occasion que de « témoins », en entendant par ce mot non des témoins oculaires, mais des témoins de conviction. Et dans sa grande sagesse elle ne donne des événements racontés que des versions, puisqu’elle ne parle que de l’évangile selon un tel, ou un tel.

 

Je lui ferai simplement un reproche. Elle a vu dans la Bible juive des préfigurations de sa foi (réalisation des prophéties, etc.). Elle y a relevé des symboles de ce qui plus tard devait se produire, par exemple le bois porté par Isaac en vue de son immolation sur le bûcher (Genèse 22/6) symbolisant la croix que bien plus tard Jésus devait porter. Elle s’est donné toute liberté de le faire, soit. Mais une fois ses dogmes établis, elle n’a pas admis que d’autres les interprètent de la même façon. Par exemple après le Concile de Trente l’Église catholique a décrété hérétiques les Tropistes, qui interprétaient symboliquement, par voie de tours ou tropes, l’eucharistie et la transsubstantiation : c’était le cas des Réformés. Il y a là deux poids, deux mesures. Ce que je fais, ne le faites pas... – On peut regretter cette fermeture, cette borne mise à cet infini travail de réutilisation et de réinterprétation qui fait la vie de toute littérature.

 

A suivre...

 

Voir aussi :

Nota :

 

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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