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30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 02:01

Ce mot désigne en psychologie la capacité qu’a le cerveau de réfléchir sur ses propres processus mentaux, de ne pas se laisser influencer par une pensée immédiate, un jugement instantané, la possibilité de prendre de la hauteur par rapport à eux et de les relativiser. Ceux qui en sont incapables ne réfléchissent pas sur ce qu’ils pensent, et ce manque de plasticité peut être la source de nombreux drames.

 

Le premier mouvement nous trompe bien souvent. Par exemple la publicité pour le Loto, « Tous les gagnants ont tenté leur chance », nous fait croire que si nous jouons nous gagnerons à coup sûr. Ce qui est évidemment faux. Il y a là ce que les spécialistes appellent un « biais cognitif » : la publicité les exploite souvent pour faire passer ses messages. À nous donc de faire le tri, entre ce que nous croyons spontanément parce que cela nous fait plaisir, et la réalité.

 

Curieusement, j’ai pensé au manque de métacognition en revoyant sur LCP les deux excellentes émissions consacrées aux religieuses abusées par les prêtres catholiques (16 et 17 octobre derniers). On voyait bien que leur soumission venait d’une absence totale de réflexion sur ce qu’elles croyaient, sans doute pour y avoir été amenées par les élans de leur enfance et par leur éducation. Le prêtre pour eux était un personnage sacré, incarnant l’Église toute entière, et il ne leur est pas venu à l’esprit tout de suite qu’il pouvait être un pervers manipulateur. Elles n’ont pas vu que leur absence de réaction venait d’une projection valorisante qu’elles faisaient spontanément sur celui qui était en fait leur bourreau. Aussi n’ont-elles pas songé même à quitter immédiatement cette Église qu’elles chérissaient, pour demander, non pas excuse et compassion de sa part, mais nécessaires réparation et justice civiles, comme l’a dit Christian Terras dans le documentaire.

 

Des tyrans, La Boétie dit dans son Discours sur la servitude volontaire : « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. » On comprend bien que, si importante que soit sa police, un seul homme ne peut se faire obéir d’une grande masse d’hommes, s’il ne bénéficie pas d’une présomption de supériorité, d’un crédit, d’une confiance (fiducia) basés sur une projection admirative ou effrayée – et parfois les deux. Ce sont nos croyances et nos peurs qui nous aliènent, quand nous ne comprenons pas que c’est en nous qu’est la source de nos asservissements. Bref nous avons peur de notre ombre.

 

D.R.

 

***

 

Retrouvez tous mes articles de Golias Hebdo, publiés en plusieurs volumes, sous le titre Des mots pour le dire, chez BoD. Sur le site de cet éditeur, on peut en lire un extrait, les acheter... Cliquer : ici.

 

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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 02:01

Voici le texte au format PDF d'une causerie que j'ai faite le 21 septembre 2019, lors d'un colloque de deux jours sur la poésie. Je suis parti pour l'illustrer de mon petit film Vie des signes et signes de vie (2), que l'on reverra avec profit avant de le lire.

***

 

Mon texte s'appuie sur les deux images suivantes :

 

Signes de vie

 

Vie des signes

 

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Pour voir l'ensemble de mes livres sur le site de mon éditeur BoD, en lire un extrait, les acheter, cliquer : ici.

 

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 03:01

Après les événements tragiques qui viennent de se produire à la Préfecture de police de Paris, notre président a appelé tous les citoyens à la vigilance, et à signaler aux autorités les moindres signes qui pourraient faire penser chez tel ou tel à une radicalisation fanatisante. Aussitôt certains bien-pensants se sont empressés d’y voir un appel à la délation.

 

Bien sûr, en un sens ils peuvent avoir raison. On sait que dans les périodes troublées surtout les lettres anonymes de dénonciation pullulent. L’exemple-type en est le film de Clouzot Le Corbeau. Si donc je vois que mon voisin, que je n’aime pas, s’est soudainement laissé pousser sa barbe, qu’est-ce qui m’empêche d’aller au commissariat le dénoncer pour radicalisation ? Tout le monde voit ici le risque encouru. En outre, on sait que les terroristes en puissance font en sorte de ne pas se faire remarquer avant de commettre leur crime. Donc l’appel présidentiel serait à la fois dangereux et inutile, et en outre il pourrait exonérer les forces de police de faire les efforts qui leur incombent spécifiquement. Enfin, on sait que, moralement, « il est vilain de rapporter ». Et il y aurait là, surtout si on le fait anonymement, une certaine lâcheté.

 

Et cependant on peut tout aussi bien dire, au contraire, que la lâcheté est de l’autre côté. En effet, on sait que le droit punit le refus de témoignage et la non-dénonciation de crime. Si je sais que mon voisin bat sa femme ou ses enfants, je dois le signaler, sinon je suis coupable de non-assistance à personne en danger. Si je laisse faire, je suis complice de celui qui fait. Complice, disait Péguy, c’est même pire qu’auteur. Car celui qui fait, il a au moins le courage de faire. Tandis que chez celui qui laisse faire, il y a la lâcheté en plus. L’histoire le montre à foison : le non-agir des bien-pensants fait plus de mal que la hardiesse des criminels. Le silence des pantoufles est pire que le bruit des bottes.

 

Bref, cette question est, comme bien d’autres concernant l’humain, d’une extrême complexité, et on ne s’en sort pas par des slogans ou des pudeurs effarouchées. Il y a des indignations qui sont bien sélectives. En fait, comme toujours, tout est affaire de cas, de circonstance (voir mon billet Jésuite, Golias Hebdo, n°594). J’admire ceux qui tranchent en toute chose de façon péremptoire et définitive. Autrement dit, je m’étonne de les trouver si naïfs.

 

D.R.

 

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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