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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 02:01

La liquéfaction du sang de saint Janvier, dont l’ampoule se trouve dans la cathédrale de Naples, devait se produire comme tous les ans le 16 décembre, anniversaire de l’éruption du Vésuve qui avait épargné la ville en 1631. Or elle ne s’est pas produite, et les Napolitains sont inquiets, car c’est un très mauvais présage. Toutes les fois que cet événement est arrivé, de graves catastrophes ont suivi (Source : France Inter, 13-14, 16/12/2020).

 

Pourtant la science explique très bien la chose par le phénomène de thixotropie : un corps solide si on n’y touche pas peut devenir liquide si on l’agite, comme le fait d’habitude l’archevêque en agitant l’ampoule devant les fidèles.

 

Que penser alors des miracles ? Le Nouveau Testament les désigne par trois termes : dunameis (puissances), terata (prodiges), et semeia (signes). Pour les deux premiers, ce sont des transgressions des lois naturelles, et comme elles sont édictées par Dieu, on voit mal comment il voudrait de temps en temps transgresser ce qu’il a instauré. Mais l’essentiel est que ces prodiges proviennent non pas d’un acte souverain et unilatéral de Dieu venant à notre secours, mais d’une parole (rhèma) émanant de lui, à laquelle nous devons faire crédit pour qu’ils se produisent. Voyez ce que dit l’Ange à Marie lors de la scène de l’Annonciation : « Nulle parole venant de Dieu ne sera sans effet. » La réponse de Marie est bien : « Qu’il me soit fait selon ta parole. » (Luc 1/37-38) C’est parce qu’elle lui fait confiance que le prodige de la naissance virginale peut s’accomplir. Si ce crédit n’est pas accordé, le miracle ne se produit pas. Il dépend donc de nous, et de nous seuls, qu’une parole accueillie soit performative, fasse arriver ce qu’elle énonce. On est loin du miracle factuel éblouissant des superstitieux passifs.

 

Plus important encore est le mot de signe. Un signe ne cherche pas à subjuguer, mais à faire penser, réfléchir, indiquer des directions. Le signe doit être interprété symboliquement, comme par exemple la guérison de l’aveugle de Bethsaïda (Marc 8/23-25). Si Jésus s’y prend à deux fois pour lui redonner la vue, ce n’est pas parce que sa puissance est insuffisante, mais parce que toute thérapie, ici l’ouverture vers les autres d’un être au départ muré en soi, doit se faire par étapes.

 

Dans la vie, il faut grandir, comprendre qu’il est vain de s’imaginer que ce qu’on espère arrivera sans qu’on y mette aussi la main.

 

D.R. Le miracle de la liquéfaction du sang de saint Janvier (cliquez sur l'image).

 

***

 

Sur ces "miracles du sang", voir aussi :

 

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17 décembre 2020 4 17 /12 /décembre /2020 02:01
Ganivelle
Ombre et lumière

Forment prison.



Qui désespère

A-t-il raison ?



Trait de la mer

À l’horizon...

 

***

 

D'autres photos accompagnées de poèmes figurent dans mes derniers livres Éternels instants (Tomes I, II, III et IV). Ce sont des petits livres d'art de 100 pages chacun, format 12 x 19 cm, imprimés sur papier photo brillant 200 gr. On peut les offrir en cadeau, ou s'en faire cadeau à soi-même. Vous pouvez en feuilleter le début (cliquer ci-dessous sur Lire un extrait), les commander sur le site de l'éditeur (cliquer sur Vers la librairie BoD), ou bien en librairie (diffusion SODIS), ou sur les sites de vente en ligne. 

ISBN : 9782322133673, 9782322171361, 9782322193066, 9782322223541 

Éternels instants 1
Théron, Michel
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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 02:01

Apparemment elle ne nous est pas essentielle, selon notre gouvernement, qui a continué d’interdire, pour des raisons sanitaires, l’ouverture des théâtres, des cinémas et des musées. Mais parallèlement il a autorisé l’ouverture des magasins et des centres commerciaux.

 

Je remarque d’abord que l’affluence est au moins aussi grande dans les seconds que ce qu’elle aurait été dans les premiers, s’ils avaient ouvert. Au surplus, les mêmes précautions y auraient été prises, à en croire les responsables.

 

Mais plus radicalement il importe de voir ce qu’implique le choix gouvernemental, son orientation et son oubli. Le but de la décision est l’intérêt économique : les gens doivent consommer pour assurer la circulation des marchandises et de l’argent. Mais l’oubli majeur est celui de ce qu’est véritablement la culture.

 

Elle est toujours une distance prise vis-à-vis de la pulsion élémentaire, engendrant une réflexion à son propos. Par exemple, si devant un magasin je désire instinctivement un objet que je vois dans la vitrine, je peux voir fugitivement mon reflet dans la glace, et me voyant en train de désirer je peux me demander si j’ai bien raison de le faire. À l’intérieur de moi se fait un discours, qui peut me retenir dans ma pulsion acheteuse. Et mon vrai moi peut apparaître, par ce dédoublement, cette définalisation, l’embryon d’une mise en récit de ce que je vis.

 

La vie n’existe vraiment que représentée, mise en forme et mise en scène dans un récit prenant sa distance vis-à-vis des événements immédiatement vécus. Ces récits sont véritablement instituants : ils façonnent l’homme pour qu’il ressemble à l’homme. En eux-mêmes, ils sont purs objets de langage. Que serons-nous, disait Valéry, sans le secours de ce qui n’existe pas ? Mais aussi ces récits existent au fond de nous-mêmes, et opèrent en nous, nous mettant en chemin vers une métamorphose.

 

Le gouvernement a autorisé l’ouverture des lieux de culte. Pourquoi ne pas l’avoir fait aussi pour les temples de la culture, où ce qui est délivré est exactement de même nature, au moins pour un agnostique ? Récit religieux et récit culturel ont un même contenu : une mise en scène explicative et institutrice de la vie. Fils de ses propres fictions, l’homme descend du Songe.

 

De ses prédécesseurs immédiats je n’aurais pas été surpris. Mais je me serais attendu à autre chose, de la part d’un président qui se pique de culture. C’est bien dommage.

 

D.R.

 

***

 

Retrouvez tous mes articles de Golias Hebdo, publiés en plusieurs volumes, sous le titre Des mots pour le dire, chez BoD. Sur le site de cet éditeur, on peut en lire un extrait, les acheter... Cliquer : ici.

 

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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