Le moindre objet s’offre au regardEt pourrait nous faire cortègeMais la vie passe sans égardN’est de moment qui ne s’abrègeEt si grande est notre paresseÀ remarquer les moindres chosesQue pouvons oublier sans cesseL’essentiel où la vue se poseEt pourtant dans l’instant qui futPour l’asile de la mémoirePlus attentif nous aurions puTrouver refuge ou bien y croire...
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D'autres photos accompagnées de poèmes figurent dans mes derniers livresÉternels instants(Tomes I, II, III et IV). Ce sont des petits livres d'art de 100 pages chacun, format 12 x 19 cm, imprimés sur papier photo brillant 200 gr. On peut les offrir en cadeau, ou s'en faire cadeau à soi-même. Vous pouvez en feuilleter le début (cliquer ci-dessous surLire un extrait), les commander sur le site de l'éditeur (cliquer surVers la librairie BoD), ou bien en librairie (diffusion SODIS), ou sur les sites de vente en ligne.
ISBN : 9782322133673,9782322171361,9782322193066,9782322223541
Après les récentes manifestations des catholiques traditionalistes réclamant la messe et défendant l'Eglise éternelle, je republie un article paru dans Golias Hebdo en février 2016.
Conseil
Faut-il toujours écouter celui que nous donnent nos amis ? Ainsi l’un des miens vient de m’avertir de l’indisposition où je pourrais mettre mes lecteurs, en faisant un examen critique de la foi dans laquelle ils ont baigné depuis l’enfance. C’était bon pour il y a quelques décennies, m’a-t-il dit, quand l’Église était forte et sûre de son pouvoir. Mais maintenant la société est de plus en plus sécularisée, les églises se vident, et la foi chez les derniers fidèles est de plus en plus chancelante : elle a besoin, non pas d’être fragilisée, mais réconfortée. Et avec les derniers attentats, le temps n’est plus au doute, il ne faut pas souffler la petite flamme prête de s’éteindre de ceux qui croient encore chez nous, il faut étayer le dernier courage qui leur reste. Bref, on ne tire pas sur une ambulance.
Il ne faut donc pas dire que les textes sacrés sont hétéroclites, voire contradictoires, que certains sont d’une extrême violence, que l’image de Dieu qu’ils nous donnent n’est pas très flatteuse, au point d’y faire voir parfois un pervers sadique à l’image des dieux païens. Il ne faut pas contester qu’il a livré pour notre salut son fils unique, sinon que dira-t-on pour les consoler à des parents qui viennent de perdre leur enfant ? Il ne faut pas leur montrer qu’à s’inférioriser constamment dans le sentiment du péché ils risquent de s’emplir de rancœur et de devenir par inhibition violents à leur tour. Pas plus qu’à s’exalter dans l’espérance ils risquent de perdre l’attention au moment présent, et à faire bon marché de leur vie terrestre au bénéfice d’une vie future et d'un paradis rémunérateur où ils trouveront enfin le bonheur. Surtout il convient bien de souligner l’importance décisive de cette croix salvatrice à l’image de laquelle ils doivent modeler leur vie en renonçant aux simples plaisirs qu’ils y peuvent trouver, en faisant une croix dessus. C’est ainsi qu’ils ont été élevés, a conclu mon ami, et c’est là ce que montrent certains textes dont le sens est manifeste pour quiconque sait lire, beaucoup de dogmes inspirés par le Saint-Esprit, et toute la catéchèse ecclésiale. Et au fond, qui ne préfère dormir à s’éveiller ?
Le quittant, je me suis bien promis de réfléchir à ce qu’il m’a dit.
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Nota - On peut lire aussi ce billet sur le site ami Protestants dans la ville :
Dans l'esprit du protestantisme, des hommes et des femmes, théologien ou non, intégrés dans la société, solidaires de la construction d'un monde meilleur partagent librement avec vous leur foi...
Ce mot barbare surprendra sûrement beaucoup de lecteurs de Golias Hebdo. Mais il désigne un défaut très répandu aujourd’hui, spécialement sur Internet et dans les réseaux sociaux, celui de donner systématiquement son avis sur des sujets qu’on ne connaît pas.
Même confidentiel, c’est un mot pourtant ancien (début du xixe siècle), et on en trouvera la définition sur Wikipédia. L’origine en est l’expression latine Sutor, ne ultra crepidam, c’est-à-dire : « Cordonnier, pas plus haut que la chaussure. » C’est ce qu’aurait dit, selon une anecdote rapportée par Pline l’Ancien dans son Histoire naturelle, le peintre Appelle à un cordonnier qui se permettait de critiquer un de ses tableaux. Par là il le remettait à sa place. En effet on ne peut critiquer l’œuvre d’un peintre que si on est soi-même peintre, ou au moins familier de l’art de la peinture. Un simple cordonnier n’a pas son mot à dire dans ce domaine – pas plus d’ailleurs qu’on ne peut, inversement, lui donner des leçons concernant celui de la chaussure. L’équivalent du proverbe latin serait chez nous : « À chacun son métier, les vaches seront bien gardées. »
Dans cet Internet qui prend le relais de l’ancien Café du commerce, on voit aujourd’hui s’étaler sur fond de totale ignorance la prétention à donner immédiatement son opinion sur n’importe quel sujet. Et moins on connaît de choses, plus on est sûr de soi – alors que c’est l’inverse dans le cas contraire : plus on en connaît, plus on doute.
Ainsi en cette période de crise sanitaire on peut entendre des phrases comme : « Je ne suis pas médecin, mais je pense que... » Autrement dit, il n’est pas nécessaire de savoir quelque chose pour en parler. On reste par là au niveau de ce que Platon appelait l’opinion (la doxa), par opposition à la science (l’épistémé).
C’est le lot aussi des sondages d’opinion. Comment une personne même de bonne volonté peut-elle, sans compétence particulière, dire un avis motivé sur n’importe quelle question ? C’est d’autant plus problématique que les politiques naviguent en fonction de ces mêmes sondages et fondent sur eux leur action. Il est vrai qu’eux-mêmes ne maîtrisent pas toujours le domaine dont ils parlent, et font passer dans leur discours rhétorique et langue de bois (xyloglossie) avant tout contenu substantiel.
« La belle chose que de savoir quelque chose ! » Monsieur Jourdain a bien raison. Au moins j’espère que mes lecteurs tireront un petit gain de ce billet, quand bien même ne seraient-ils qu’enrichis par ce nouveau mot dont on ne sait encore si les dictionnaires courants le reprendront : «Ultracrépidarianisme » !
D.R.
N.B. Pour plus de renseignements sur l’Ultracrépidarianisme, cliquez : ici.
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Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).