Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 16:54

 

¨(Extraits de mes ouvrages)

Voici la suite de l'extrait précédent, tiré du chapitre 12 de mon ouvrage Laquelle est la vraie ?, avec les photos qui l'accompagnent :

 


 Mainmise 1

 

 ↓↑

 

Mainmise 2

 

 

Bienheureuse naïveté. Ignorance de nos conditionnements. Un geste, par exemple celui de la caresse, est-il universel ? Son intentionnalité est-elle perçue de tous ? On ne peut sûrement pas établir une sémiologie générale du visible, car gestes, attitudes, postures, toujours sont culturellement codés, et variables. Un Japonais sourit quand il est en colère. Aucune iconographie ne peut être naïve. Elle implique l’anthropologie, et celle-ci est forcément différentielle.

Et puis un geste n’est-il pas trompeur ? Un baiser passionné apparemment peut être légendé avec une égale pertinence : « Le mensonge ». On peut toujours, bien qu’on le fasse très rarement, percevoir une image de façon ironique ou antiphrastique. Naïfs les gens qui rêvent au premier degré sur le Baiser de l’Hôtel de Ville. Posée sans doute la photo. Et posées aussi les questions. Qu’y a-t-il derrière ‑ avant, après ? Avant : la mise en scène. Après, très souvent : les scènes... Grands mots avant, petits mots pendant, gros mot après... La caresse elle-même, peut-être le plus beau et le plus humain des gestes, peut être hypocrite, sournoise stratégie pour annexer quelqu’un, se l’incorporer. Intrusion, intervention sans respect aucun pour l’intimité de la vie d’autrui. À l’inverse de ce que croient les humanistes bien-pensants et les prédicateurs de catéchisme, il n’y a pas de devoir d’ingérence. Les larmes méprisent leur confident. La compassion même parfois peut être un viol, et la retenue, la réserve, le silence, le suprême hommage. Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému. La figure seule peut se bien trouver de n’être pas importunée. Certaines peines refusent tout contact. Ne me touchez pas. Répulsion d’être touchée.

Le geste caressant flatte l’humanité en nous. Seule, la figure semble triste, délaissée (qu’on compare les deux états de la photo, une avec ma main, l’autre sans). Mais cette intrusion de la main, qu’en penser ? Consolation ? Soumission ? Annexion ? Faiblesse ‑ ce désir terrible d’établir un contact, qui nous constitue et dont nous souffrons tant ? Ambiguïté de la « main mise », ou de la « prise en main ». Exactement comme l’intervention du photographe peut être un truc ou un trucage pour rendre la scène intéressante et flatter notre narcissisme, et annexer aussi le monde, le « posséder » (« prendre » en photo), ainsi l’intervention de la main caressante est parfois un truc pour vampiriser et annexer l’autre, s’assurer possession d’un être, main mise sur lui. C’est pourquoi par honnêteté certains photographes s’interdisent de mettre en scène quoi que ce soit ou d’intervenir de la moindre façon dans leurs photos, ces procédés leur semblant très grossiers. Et certains êtres de vampiriser les autres en intervenant indiscrètement dans leur vie. ‑ Mais sans doute ne peut-on qu’essayer d’agir ainsi. Il est impossible de ne rien froisser absolument par sa propre présence, d’être pur accueil transparent. Cadrage et regard sont déjà des intrusions. Tâchons qu’ils ne soient pas égocentriques ou meurtriers.

 

© Michel Théron  2010

 


 

 

Couverture de Laquelle est la vraie   

Pour voir la quatrième de couverture, cliquer : ici.

Nota : Si on a du mal à se procurer l'ouvrage, on peut le faire en me contactant directement. Pour cela, me laisser un message sur ce site, en cliquant sur : Contact.

 

 → Pour voir une vidéo sur ce livre, cliquer sur Laquelle est la vraie ?

 

 


Remarques

 

1/ Pour lire l'ensemble du chapitre, cliquer ici.

 

2/ Ces textes, ainsi que le livre en général, sont littéraires, ce qui veut dire qu'à la différence par exemple de ceux de Conférences et savoirs, ils demandent une lecture plus attentive, peut-être aussi une relecture. Ils sont plus un alcool fort, qu'un long drink. Ou un matelas dur, qu'un mou. Cela est peut-être moins confortable, car j'y fais plus d'ellipses, et donc j'y demande plus d'effort de la part du lecteur. – À vous de me dire ce que vous en pensez...

 

3/ Ils jouent, comme tout le livre, sur ce qu'on appelle l'intertextualité, procédé essentiel en littérature. Cela veut dire qu'ils contiennent tous des citations cachées, dont je ne dévoile l'origine qu'à la fin de l'ouvrage. On peut d'ailleurs appliquer au texte du livre en général le titre même de l'ouvrage : Lequel est le vrai ? – Ce peut être ici l'occasion d'un jeu amusant : à vous de trouver ces citations et leur provenance... Écrivez-moi, et je vous dirai si vous avez gagné !

 

 

 

Partager cet article
Repost0
10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 12:34

¨(Extraits de mes ouvrages)

Voici un premier extrait du chapitre 12 de mon ouvrage Laquelle est la vraie ?, avec les photos qui l'accompagnent :

 


 

Mainmise 2

 

 ↓↑

 

Mainmise 1

 

 

... Les images négatives ne nous condamnent jamais sans retour, et la lucidité de ceux qui exclusivement s’y donnent, peut-être faut-il la plaindre. Salutaire retour aussi du « positif » des choses, même au prix d’un trucage. Au moins les gestes qui le manifestent semblent-ils sans équivoque. À la différence du spectacle nu et isolé des choses mêmes, livrées à leur simple « être-là », tout geste est l’embryon d’une intentionnalité décelable ou explorable, le début d’une fiction. Toute une rhétorique y est en germe : tout le théâtre social, psychologique, artistique imaginatif, narratif aussi, auquel nous sommes habitués, y est contenu. Caresser une joue réconforte. Et la figure caressée aussi semble réconfortée, par effet de contamination contextuelle, de référence immédiate et quasi automatique à des contextes de cet ordre déjà vus ‑ en nos vies ou dans nos images, ou plutôt dans nos images qui informent notre vie.

Je ne sais pas si le premier homme qui instinctivement a caressé, une joue a vu l’émouvant de la scène, objectivement : en fait ce n’était probablement qu’une action-réflexe, ce n’était pas une scène. Mais le premier qui a représenté ce geste, oui. Première mise en scène, première solennisation. Premier arrachement au réflexe ou à l’instinct, première source de réflexion, premier acte de civilisation, car cette dernière est représentation et mise à distance. Main mise aux choses et leur transfert dans autre chose, leur transformation en autre chose : le futur promis. La civilisation est perspective. Modélisations signifiantes, symboliques, pré-figurantes, et finissant par structurer toutes nos perceptions... Rembrandt figure les gestes de la Fiancée juive, jeu de mains, à deux ensemble se recouvrant, et aussitôt tendresse, caresse et promesse dans nos esprits sont associés. Deux mains disent demain, à jamais.

Puis on imite le geste, tout chargé de sens, par les institutions, coutumes, habitudes sociales, et par les peintres, les artistes, qui les représentent, les confortent, les relaient. Nous sommes ainsi les metteurs en scène de nos sentiments, la vie quotidienne n’est que scénographie, imitation, reconnaissance. Qui aimerait s’il n’avait pas déjà entendu parler de l’amour, qui embrasserait s’il n’avait pas déjà lu, dans un livre, le récit d’un baiser ? Nous lisons à deux le baiser sur la page, et puis... « Il  me baisa la bouche tout tremblant ». Rien de si juste que cette confession de Francesca. Toute la littérature y est contenue, et son antériorité-supériorité sur la vie. L’art, l’expression en général des choses, et la représentation qu’ils permettent, nous font. Si le mot amour vient à surgir entre deux êtres, ils s’aiment. Mais pas ou guère avant. Et même, à force de débiter des galanteries à l’être aimé, on en vient à croire à tout ce qu’on lui dit. Le jeu, le   trucage », débouchent sur le vrai. On aime qui on dit aimer, ou bien qui on caresse, ou qui on se voit caresser – peut-être pour imiter ce que d’autres déjà nous ont montré... (pp.89-91)

 

© Michel Théron  2010

 

À suivre...

 

 

→ Pour lire la suite de cet extrait, cliquer ici.

 

→ Pour voir une vidéo sur ce livre, cliquer sur Laquelle est la vraie ?

 

 

→ Références de l'ouvrage (disponible en deux versions, papier et e-book) :

 

 

Partager cet article
Repost0
8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 22:23

¨(Extraits de mes ouvrages)

Mon éditeur Golias ayant mis maintenant en archive, donc rendu non consultable, l'interview que je lui ai donnée sur mon ouvrage La Source intérieure, paru en 2008, en voici une version au format PDF:

 

La Source intérieure : Interview donnée à Golias

  

Pour voir l'interview donnée à Golias en vidéo, cliquer : ici.

 

L'édition de Golias est maintenant épuisée. Pour voir la dernière édition de ce livre, disponible chez BoD (2018), cliquer sur :

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de michel.theron.over-blog.fr
  • : "Mélange c'est l'esprit" : cette phrase de Paul Valéry résume l'orientation interdisciplinaire de mon blog. Dans l'esprit tout est mêlé, et donc tous les sujets sont liés les uns aux autres. - Si cependant on veut "filtrer" les articles pour ne lire que ce qui intéresse, aller à "Catégories" dans cette même colonne et choisir celle qu'on veut. On peut aussi taper ce qu'on recherche dans le champ "Recherche" dans cette même colonne, ou encore dans le champ : "Rechercher", en haut du blog - Les liens dans les articles sur le blog sont indiqués en couleur marron. Dans les PDF joints, ils sont en bleu souligné. >>>>> >>>>> Remarque importante (avril 2021) : Vous pouvez trouver maintenant tout ce qui concerne la Littérature, la Poésie et l'Art dans mon second blog, "Le blog artistique de Michel Théron", Adresse : michel-theron.eu/
  • Contact

Profil

  • www.michel-theron.fr
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

Recherche

Mes Ouvrages