20 septembre 2020
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... Cet amour de l’amour est une grande soif d’aimer, et comme on le sait le propre de la soif est de ne pas être difficile sur la nature du breuvage qui lui est présenté. On peut se désaltérer de tout, et de la première gourde venue. C’est pourquoi le dieu latin de l’amour, Cupidon, est présenté avec un bandeau sur les yeux : il rend aveugles ceux qu’il frappe de ses flèches.
Pourtant, si confus que soit cet état, l’abandonnerait-on ? De toute façon, après le sommeil ou la léthargie de l’enfance, le corps désire, et le cœur bat, et ce n’est pas rien. Enfin quelque chose se produit qu’il nous semble avoir attendu depuis toujours ! C’est comme un réveil. Voyez la Belle au bois dormant réveillée par l’étreinte du Prince charmant, ou encore le groupe sculpté de Canova : Psyché (l’Âme) réveillée par le baiser de l’Amour.
Car si l’amour fait souffrir, par exemple lors de la rencontre effective de l’autre, qui très souvent déçoit ou désabuse, il donne au moins l’impression de vivre. Quand on aime, on ne s’ennuie pas. Les ennuis d’amour ont ceci de bon qu’ils n’ennuient jamais. Au moins est-ce là ce qu’on peut comprendre rétrospectivement, avec le recul de l’expérience ...
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Ce texte est extrait de mon livre Savoir aimer - Entre rêve et réalité, pp.13-14.
Pour en feuilleter le début, cliquer ci-dessous sur : Lire un extrait. Pour l'acheter sur le site de l'éditeur, cliquer sur : Vers la librairie BoD :
On peut aussi acheter ce livre dans le commerce (ISBN : 978232224221).
14 septembre 2020
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... Quand se termine l’enfance, et qu’apparaît l’adolescence, alors apparaît vraiment la première forme de l’amour, la première éprouvée dans chaque vie : l’amour de désir. Ce qu’on cherche, ce n’est pas forcément de rencontrer réellement ou effectivement quelqu’un, c’est de se trouver dans un certain état, celui d’être amoureux. On le ressent, et on s’y complaît.
On ne pense pas encore ce qu’on pourra voir ou entrevoir plus tard, qu’être amoureux et aimer sont des choses différentes. On croit peut-être, naïvement et abusé par les mots, que quand on est amoureux, on aime. Mais on oublie la forme verbale différente dans ces deux cas : être amoureux vise un certain état où l’on se trouve, une passivité. Et aimer est un verbe transitif, actif. Dans le premier cas, l’amour se ressent ou s’éprouve, dans un monde fantasmé dominé par le désir. Dans le second, il se prouve dans l’action. Ou s’il s’éprouve, c’est qu’il s’affronte à la réalité, à la personne même de l’autre ...
Ce texte est extrait de mon livre Savoir aimer - Entre rêve et réalité, pp.11-12.
Pour en feuilleter le début, cliquer ci-dessous sur : Lire un extrait. Pour l'acheter sur le site de l'éditeur, cliquer sur : Vers la librairie BoD :
On peut aussi acheter ce livre dans le commerce (ISBN : 978232224221).
14 août 2020
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... Ce culte exclusif de l’effort renvoie à un aspect essentiel de la morale religieuse. Elle repose en effet sur un lien : religio est alors renvoyé à religare, relier. Il se manifeste par un contrat de nature synallagmatique (fondé sur un échange réciproque) passé avec Dieu, sur un donnant-donnant, un Do ut des : je te donne pour que tu me donnes. Je te donne mon obéissance, et en retour tu me récompenses. Inversement si je te désobéis, tu es fondé à me punir. C’est ce contrat, ou Alliance (Adligatio), qui fut initialement passé entre Dieu et Moïse sur le Mont Sinaï. Dans le lien et l’échange qu’il implique on espère toujours un gain : ainsi dans ce contexte on peut voir que telle morale qui prétend faire abstraction de soi au bénéfice d’autrui est peut-être moins désintéressée qu’il y paraît. Cette vision, comme dans le cas du « pari » de Pascal, est par bien des côtés celle d’un Dieu d’épicerie.
Notez cependant qu’une autre étymologie est possible de ce mot de religion, et aussi une autre vision de cette dernière. Tandis que les auteurs chrétiens (Lactance, Tertullien) ramènent religio à religare, relier, d’autres auteurs antiques (Aulu-Gelle et surtout le grand Cicéron, ce qui n’est pas rien) rattachent ce mot à relegere, accueillir respectueusement et relire au fond de soi certaines vérités essentielles pour vivre. Cette dernière vision, qui fait davantage crédit à l’homme lui-même et à sa capacité d’examen, d’auto-exploration, est plus proche de la sagesse, plus à hauteur d’homme ...
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Ce texte est extrait du chapitre "Le Souci de soi" de mon livre Sur les chemins de la sagesse - Des clés pour mieux vivre, nouvelle édition augmentée 2019 (pp.71-72). Pour plus de renseignements sur et autour de cet ouvrage, cliquer sur le lien ci-dessous :