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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 02:01
Promenade (2)

Au pied d’un mur brillant procèdent les marcheurs.

La mer est toujours là qui surplombe le sable.

Un futur les attend pour bonheur ou malheur,

Mais pour l’éternité toute vie n’est que fable...

 

 

***

 

D'autres photos accompagnées de poèmes figurent dans mes derniers livres Éternels instants (Tomes I, II et III). Ce sont des petits livres d'art de 100 pages chacun, format 12 x 19 cm, imprimés sur papier photo brillant 200 gr. On peut les offrir en cadeau, ou s'en faire cadeau à soi-même. Vous pouvez en feuilleter le début (cliquer ci-dessous sur Lire un extrait), les commander sur le site de l'éditeur (cliquer sur Vers la librairie BoD), ou bien en librairie (diffusion SODIS), ou sur les sites de vente en ligne (ISBN : 9782322133673, 9782322171361, et  9782322193066).

 

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 02:01

On peut réfléchir sur cette notion à partir de la mésaventure de Benjamin Griveaux, qui vient de renoncer à sa candidature à la mairie de Paris à cause d’une vidéo à contenu sexuel le concernant et publiée sur Internet. Évidemment il y a dans cette affaire une influence des mœurs qui nous viennent des États-Unis d’Amérique. On y exige d’un candidat à une fonction publique qu’il soit exemplaire aussi dans sa vie privée : si par exemple il a trompé sa femme, on pense qu’il trompera aussi le peuple.

 

Cette ambition d’une totale transparence, qui mêle allègrement public et privé, a été bien résumée par Éric Schmidt, ancien patron de Google : « Si vous voulez qu’une chose ne se sache pas, peut-être serait il mieux de commencer par ne pas la faire. » La perspective qui s’ouvre alors est totalement terrifiante. On est proche de 1984 d’Orwell : Big Brother is watching you. Comme lui, les internautes vous regardent et épient vos moindres faits et gestes.

 

Notre ex-candidat aurait pu contre-attaquer, dire par exemple qu’il n’a rien fait de répréhensible. L’adultère chez nous n’est plus une faute pénale depuis la loi du 11 juillet 1975. Quant au « péché d’Onan », il n’est vu à l’origine que comme un gaspillage de semence refusant la procréation, rien de plus (Genèse 38/9). Pensons par exemple à Diogène, qui sans pudeur aucune s’y livrait en public pour provoquer ses contemporains et critiquer leurs préjugés.

 

En vérité, l’ex-candidat a succombé à cause évidemment d’un complot politique, mais aussi sous les coups d’un ordre moral toujours présent dans les esprits, et défendant des positions non pas laïques mais religieuses. La condamnation de l’adultère fait bien partie des Dix Commandements bibliques, et l’onanisme est devenu effectivement chez nous un péché, traqué en tant que tel dans les confessionnaux. On voit bien les effets catastrophiques de sa condamnation dans le film Le Ruban blanc, de Michael Haneke.

 

Au fond, l’ex-candidat peut être critiqué, non pas pour adultère ou offense aux bonnes mœurs, mais pour avoir eu la sottise d’envoyer la vidéo en question. Tout ce qu’on poste de cette façon demeure indéfiniment, peut être récupéré, et sur Internet il n’y a pas de droit à l’oubli.

 

Prenons garde enfin que si curée, hallali, lynchage continuent de se déchaîner sur les réseaux sociaux, et la haine de s’y déverser sans une once de réflexion, cela peut faire le lit d’une dictature populiste.

 

D.R.

 

***

 

Retrouvez tous mes articles de Golias Hebdo, publiés en plusieurs volumes, sous le titre Des mots pour le dire, chez BoD. Sur le site de cet éditeur, on peut en lire un extrait, les acheter... Cliquer : ici.

 

Notez qu'ils sont aussi tous commandables en librairie, et sur les sites de vente en ligne (Amazon, Fnac, etc.).

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16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 02:01

Elle vise chez nous, au-delà de la séparation de l’Église et de l’État, à bien différencier dans chaque individu l’être humain qu’il incarne et dont il faut toujours défendre les droits, et ses diverses pensées, opinions et croyances, dont la puissance publique n’a pas à s’occuper.

 

On a beaucoup parlé de l’affaire Mila, cette jeune fille récemment injuriée, menacée de mort par égorgement et déscolarisée pour échapper à ces menaces, parce qu’elle s’était insurgée, en critiquant vertement l’islam, contre un harcèlement sexiste et homophobe.

 

À cette occasion Mme Belloubet, Garde des Sceaux, a déclaré : « L’insulte à la religion est une atteinte à la liberté de conscience ». Il est bien curieux qu’une agrégée de Droit ne distingue pas une religion de ses adeptes. S’il est bien interdit chez nous de s’en prendre aux seconds en particulier, on peut très bien critiquer la première en général. Sinon on instaure un délit d’opinion, on installe une police de la pensée, et on rétablit un délit de blasphème.

 

Il est bien curieux aussi qu’un croyant puisse s’identifier totalement à sa croyance et à son monde mental au point de vouloir à tout prix les afficher dans le domaine public et éventuellement les imposer aux autres. Car au fond ce à quoi on pense, ce à quoi l’on croit, est aléatoire. Montaigne l’a bien remarqué : « Nous sommes chrétiens au même titre que nous sommes périgourdins ou allemands. »

 

On connaît la phrase de Descartes : « Je pense donc je suis ». Peut-être faut-il lui substituer : « Je ne suis pas ce que je pense ». Si j’étais né ailleurs, si j’avais subi d’autres influences, mes pensées, opinions et croyances seraient autres que celles qu’elles sont maintenant, et c’est pourquoi je ne dois pas m’identifier entièrement à elles.

 

Il est extrêmement dangereux de le faire. Cela engendre psychorigidité et fanatisme. Écoutons encore le sage Montaigne, qui pensait peut-être à l’exécution de Michel Servet, brûlé à Genève avec l’assentiment de Calvin, pour négation du dogme de la Trinité : « C’est mettre ses conjectures à bien haut prix que d’en faire griller un homme tout vif. » Et encore : « Il n’y a que les fols certains et résolus. »

 

Grâces donc soient rendues à notre laïcité, qui distinguant fort justement l’homme en général de ce que les hommes dans leur diversité croient en particulier, ouvre à une société de tolérance.

 

D.R.

 

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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