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15 août 2024 4 15 /08 /août /2024 01:01

U

n habitant de Parentis-en-Born (Landes), âgé de 51 ans, a été hypnotisé le samedi soir dernier, 21 mai, en regardant sur TF1 l’émission « Stars sous hypnose », avec l’artiste hypnotiseur québécois Messmer.

 

Pendant l’émis­sion, il a gardé les yeux ouverts, est resté conscient, mais sans réaction. Sa femme a appelé alors le SAMU. « C’est la première fois qu’on est face à ce genre de situation », a réagi un des médecins intervenus. Interrogé par la radio, un infirmier et hypnotiseur de Mont-de-Marsan a estimé que le quinquagénaire devait être « très réceptif à l’hypnose ». Il considère qu’environ un tiers de la population est dans ce cas. (Source : LeParisien.fr, 23 mai 2016)

 

Je trouve très discutables ces constatations médicales. Traitent-elles vraiment le sujet ?  On trouve ce phénomène exceptionnel. Mais être hypnotisé devant sa télévision est extrêmement fréquent.

 

D’abord on s’endort souvent, et d’un vrai sommeil. Mais aussi, yeux ouverts,  on ne peut s’en détacher, la bave aux lèvres, même si l’on se rend compte, ce qui n’est pas fréquent, que ce qu’on regarde est débile. C’est le cas des téléspectateurs de TF1, à commencer par ces 3 millions qui ont regardé l’émission ce soir-là.

 

Comme dit Baudelaire dans son « Avertissement au lecteur » des Fleurs du Mal :

 

« Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;

Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas,

Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent. »

 

Ne soyons donc pas angéliques : il y a bel et bien une volupté dans l’auto-dégradation, et dans la torpeur qu’elle provoque.

 

La télévision est le dieu-lare du foyer moderne : devant elle on somnole, ou on dort. Et de ce Morphée nouveau on ne peut se passer. Télé notre bon plaisir ! Cette fascination, cette sidération par les images les plus stupides, révèle un besoin de ne plus rien penser ou sentir profondément.

 

L’âme est doublement morte : d’abord on l’oublie, puis à la longue on oublie qu’on l’a oubliée. L’aliénation est totale, et point n’est besoin de monter en épingle le cas d’un seul spectateur par hasard hypnotisé. Rares sont ceux qui ne le sont pas.

 

Peut-être écouterons-nous alors une ancienne voix prophétique (viserait-elle aujourd’hui la télévision ?) : « Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts ! » (Éphésiens, 5/14)

 

[v. Hébétude]

 

Article paru dans Golias Hebdo, 2 juin 2016

 

D.R.

***

 

Ce texte est extrait du livre suivant, dont on peut feuilleter le début (Lire un extrait), et qu'on peut acheter sur le site de l'éditeur (Vers la librairie BoD) :

 

Petite philosophie de l'Insolite
Théron, Michel
17,00€Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Les textes composant cet ouvrage sont tous parus, sous leur forme initiale, dans un journal hebdomadaire. Ils concernent des sujets d'actualité étranges, bizarres, insolites, souvent amusants, mais se prêtant toujours à un commentaire philosophique. Ils peuvent servir de points de départ pour la réflexion individuelle du lecteur, mais aussi ils peuvent alimenter des débats thématiques collectifs (cours scolaires, cafés-philo, réunions de réflexion...).

 

***

 

> Pour voir tous mes livres édités chez BoD, cliquer : ici.

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14 août 2024 3 14 /08 /août /2024 11:35

Depuis la Bible, le statut des animaux chez nous :

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11 août 2024 7 11 /08 /août /2024 01:00

V

ictime, au sens étymologique du latin, immolée dans un but de propitiation sur l’autel du sacrifice pour apaiser (placare) un Dieu par conséquent courroucé, selon la Messe catholique en latin, elle vient d’être victime maintenant d’un autre Dieu, celui de l’économie : victime de la flambée du prix du blé et de la farine, de la demande en baisse pour sa consommation, et de la concurrence d’entreprises laïques étrangères industriellement plus performantes. C’est ce dont se plaignent les bonnes sœurs de Lourdes, traditionnellement jusqu’ici dévolues à sa fabrication (Source : LeFigaro.fr, 21/02/2013).

 

On pourrait leur suggérer d’employer une autre matière première que le blé pour cette opération, ce qui la rendrait moins onéreuse. Pensons à la fameuse Querelle des rites, qui agita à la fin du 17e siècle les différents ordres missionnaires chargés de l’évangélisation en pays lointains. Pourquoi garder le pain en des contrées qui l’ignoraient ? N’aurait-on pas pu faire des hosties au moyen de riz, par exemple ? Mais Rome fut inflexible sur le sujet.

 

À date récente encore, dans les Instructions pour dire la Messe (Ordo Missae, Imprimerie du Vatican, 1965, en latin), il est bien spécifié que si l’hostie n’est pas faite à partir de blé pur, de même d’ailleurs que si le vin n’est pas de bonne qualité (« piqué » par exemple), la consécration n’est pas valable, le sacrement n’est pas accompli : non conficitur sacramentum (pp.59-62).

 

La matière et les paroles rituelles sont plus essentielles que la personnalité de l’officiant : si celui-ci a prononcé les bonnes paroles avec l’intention de s’en moquer (delusorie), ou s’il est en état de péché mortel, pourvu que matière première, rite et paroles soient bien observés, valable est le sacrement (conficitur sacramentum) – même si, bien sûr, « le prêtre pèche gravement » (ibid., p.63). C’est apparemment la moindre des choses !

 

Lorsque les Donatistes à l’inverse ont prétendu que le sacrement était invalidé par l’indi­gnité personnelle de celui qui l’administrait, ils ont été violemment attaqués par Augustin, et décrétés hérétiques.

 

Ce matérialisme et ce littéralisme ecclésiaux sont à très courte vue. C’est par pur hasard géogra­phique que l’Évangile a choisi le pain pour signifier le corps du Christ, et pour désigner la nourri­ture quotidienne dans le Notre Père. Les habi­tudes alimentaires changent selon les pays, et il ne faut voir là que symboles. Sinon, quelle publicité là serait faite à la corporation boulangère ! Quelle écoute aurait eu leur lobbying !

 

« La lettre tue, et l’esprit vivifie », dit justement l’Apôtre (2 Corinthiens 3/6). Qu’importe donc la matière ! L’essentiel est ce qu’on y voit. Voilà de quoi peut-être, en leur permettant de modifier un peu leur « cahier des charges », consoler les bonnes sœurs de Lourdes !

 

Article paru dans Golias Hebdo, 14 mars 2013

 

D.R.

 

***

 

Ce texte est extrait d'un des deux tomes de mon ouvrage Chroniques religieuses. Pour plus de détails sur ces deux livres, cliquer: ici.

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
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