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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 23:01

      ª(Chroniques de Golias Hebdo)

Prostitution (suite) 

Je viens de lire dans l’hebdomadaire La Gazette de Montpellier, journal ordinairement sérieux, l’article suivant, sous le titre Facs – 4% des étudiants se prostitueraient : « 4% des étudiants ont déjà accepté des relations sexuelles contre de l’argent ou des cadeaux. C’est la conclusion d’une étude menée par l’Amicale du Nid, le Crous et l’université Paul-Valéry. Parmi les 1800 répondants, tous étudiants à la fac de lettres, 22 hommes et 37 femmes ont ainsi vécu cette situation. Plus étonnant : plus de la moitié des étudiants interrogés estiment que cela peut être un moyen de s’en sortir. » (n°1363-1365, du 31/07 au 20/08 2014, p.13)

 

Cet article conforte ce que j’ai déjà dit dans mon billet Prostitution (initialement paru dans le n°312 de Golias Hebdo), lorsque je me suis élevé contre une proposition de loi qui prévoyait, pour éradiquer la prostitution, de pénaliser le client. Ce texte liberticide émanait à l’évidence d’un lobby féministe moralisateur, qui pouvait voir dans la prostitution, selon le titre de la chanson de Brassens, une « concurrence déloyale ». Mais évidemment il se drapait dans de hautes considérations éthiques, selon lesquelles il est déshonorant de vendre son corps – comme si quotidiennement le travailleur salarié exploité ne vendait pas lui aussi une partie de son être intime, gaspillée sans retour ! De toute façon, la réaction susdite de ce « plus de la moitié des étudiants interrogés », qui dans la prostitution ne voit ni objection ni abjection, fait justice de l’argument moral.

 

Notre société est victime de ce que Nietzsche appelait la « moraline », c’est-à-dire un souci de tout justifier moralement, pouvant mener à une censure systématique de toute conduite jugée condamnable, au mépris des libertés élémentaires de l’individu. D’où la judiciarisation systématique des conduites à laquelle on assiste aujourd’hui, qui pèche par son traitement simpliste de questions autrement plus compliquées. S’agissant de la prostitution, on peut évidemment la déplorer, mais non a priori la condamner si elle est volontaire, et met face à face des adultes consentants. Un axiome juridique est d’ailleurs : Volenti non fit injuria – « Envers qui consent, pas d’injustice ». Dans le cas contraire, et s’il y a contrainte, il suffirait de poursuivre les proxénètes, dont une grande partie d’ailleurs est faite de femmes, n’en déplaise à notre lobby socialo-féministe !

 

 

Prostitution--suite---illustration.jpg

 

 

***

 

Retrouvez tous mes articles de Golias Hebdo, publiés en plusieurs volumes, sous le titre Des mots pour le dire, chez BoD. Sur le site de cet éditeur, on peut en lire un extrait, les acheter... Cliquer : ici.

 

Notez qu'ils sont aussi tous commandables en librairie, et sur les sites de vente en ligne (Amazon, Fnac, etc.).

 

 

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 23:01

ª(Chroniques de Golias Hebdo)

Gangster

J'ai revu, au Ciné-club de FR3, le film de Jean-Pierre Melville, Le Deuxième souffle, que recommandait chaudement Télérama, et qui est « peut-être le chef-d’œuvre » de son auteur, selon le Petit Larousse des films. Cette fois cependant la vision m’en a profondément indigné.

Car le spectateur peut s’identifier avec le « héros », un gangster sans scrupule aucun, qui n’hésite pas à programmer le meurtre d’un motard escortant un fourgon contenant du platine, pour en réaliser le hold-up, et va même jusqu’à nouer fièrement une « amitié virile » avec un autre gangster, meurtrier d’un autre motard, sur la base de cet assassinat partagé. On sent bien que le regard du cinéaste n’est pas hostile vis-à-vis de son personnage, mais au contraire fasciné, de même que celui du commissaire dans le film chargé de l’arrêter. Le monde se divise donc en deux catégories : les médiocres et les lâches, et les êtres d’exception, fussent-ils transgresseurs de la loi. Ces derniers ont un « code d’honneur », qui passe avant tout, et qui les dispense absurdement d’être honorables (voyez là-dessus mon article Honneur, initialement paru dans le n°87 de Golias Hebdo).

La réalisation du film est plastiquement exemplaire, ce qui n’excuse en aucune façon le côté inadmissible de son contenu, qu’un encart préliminaire (la morale du héros n’est pas la Morale) ne parvient pas à supprimer. Tous les films de Melville, exception faite de l’admirable Armée des ombres, sur la Résistance française aux nazis, jouent sur cette fascination aveuglée : ce n’est pas la même chose de supporter muettement la torture pour ne pas « donner » un résistant, et pour ne pas « donner » un autre gangster, selon cette loi du silence, cette omerta, qui est aussi le « code d’honneur » de la mafia… !

Le fond de la question est la présence, ou non, sous la forme de toute œuvre, d’une signification éthique : le formalisme et son abstraction (hiératisme, dépouillement) ne doivent pas masquer l’absence d’un contenu moral, d’une préoccupation concernant les vraies valeurs, d’une aspiration axiologique : n’est pas Bresson qui veut. En somme, si le hors-la-loi se contente de dépouiller les riches sans toucher aux pauvres, comme Robin des bois ou Arsène Lupin, passe ! Mais si c’est une crapule, il n’y a aucune raison d’en admirer la « grandeur », le respect de l’« amitié virile », et le « code d’honneur » !

 

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Gangster--2---illustration.jpg



 

Nota : Un recueil de toutes les chroniques précédentes, que j'ai données à Golias Hebdo de fin décembre 2008 à début mars 2014, est disponible en version enrichie, assorti de nombreux liens internes et externes facilitant son exploitation, sous forme de livre électronique multimédia :


Petite philosophie de l'actualité, format Internet

 

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 23:01

 

Mariage

Comme j’accorde en toute chose une importance maximale au langage, je viens de relire dans mon vieux missel la formule liturgique prononcée par le prêtre lors de la célébration du mariage, après recueil de l’acquiescement réciproque des futurs époux : « Je vous déclare unis en mariage. »

Cette formule ne me semble pas très claire... 

 

Lire la suite dans :

 

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Mariage--illustration.jpg

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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