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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 23:01

ª(Chroniques de Golias Hebdo)

Égalité

Je suis naturellement partisan d’une stricte égalité de droits entre les femmes et les hommes. Je sais très bien que dans le passé elle n’a pas du tout existé. Par exemple un homme pouvait avoir un enfant avec une femme, et disparaître ensuite sans être le moins du monde inquiété. Cette lâcheté était impardonnable.

Mais aujourd’hui on tombe dans l’excès inverse. Ainsi l’ancienne garde des sceaux madame Rachida Dati vient-elle, au terme d’un long procès, d’obtenir de la justice la reconnaissance de paternité du père de son enfant, important homme d’affaires, qui l’a toujours niée. Refusant de se soumettre aux tests génétiques exigés, ce qui a été considéré comme un aveu, il a été condamné à verser une pension alimentaire de 2500 euros mensuels, qui par rétroactivité doit être payée à compter du mois de décembre 2013 (source : 6Medias, 07/10/2014).

Je ne sais pas du tout si cet homme est ou non le père de cet enfant, et ce n’est pas ici la question. Ce qui me semble grave, c’est d’une part l’acharnement de Mme Dati, qui semble avoir été davantage mue par l’intérêt financier que par le confort affectif de sa petite fille, et d’autre part le caractère redoutable de ces tests génétiques, qui sont, ainsi interprétés, une arme fatale dont beaucoup d’hommes peuvent faire les frais. Si par exemple une femme dit à son partenaire qu’elle est sous contraception, alors qu’il n’en est rien, et se fait faire un enfant par lui, elle peut ensuite en recourant aux tests le détruire financièrement, et cela qu’il s’y soumette ou non, le refus valant culpabilité. Ici l’égalité femmes-hommes n’existe plus : aux femmes la toute-puissance et la toute licence d’anéantir un homme.

On voit où mène la judiciarisation des rapports entre les sexes, qui nous vient des États-Unis. Bientôt plus aucune confiance n’existera entre eux, l’ambiance sera empoisonnée dès le départ. Pourquoi ne pas alors établir avant tout rapport intime un contrat bilatéral écrit signé en bonne et due forme, selon lequel il n’y a pas d’enfant en jeu, ou même, pour éviter dans une relation l’accusation de viol, un document stipulant de façon expresse qu’il y a consentement réciproque à celle-ci : déjà outre-Atlantique on peut mensongèrement alléguer un viol pour obtenir en justice de l’argent de son partenaire. L’égalité y gagnerait, mais au détriment de toute confiance naturelle !

 

Egalite--illustration.jpg

 

 

***

 

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 23:01

ª(Chroniques de Golias Hebdo)

Maternage

Qui ne voudrait être materné, c’est-à-dire recouvert d’un amour indéfectible, et indéfiniment protégé contre tout ce qui pourrait arriver de fâcheux ? Cependant un minimum de réflexion nous montre que ce n’est pas possible, pour des adultes mûris, et même que ce n’est pas souhaitable, car déresponsabilisant et infantilisant.

Pourtant la mode est aux paroles et aux attitudes « maternantes ». Ainsi un slogan récurrent accompagnant un jingle de Radio Classique est : « La radio qui vous aime ! » Et aussi, à la fin de Vox Pop, l’émission qui passe sur Arte chaque dimanche soir, le présentateur s’adresse ainsi aux téléspectateurs : « Je vous embrasse, vous les 509 millions d’Européens et Européennes ! »

Cela laisse rêveur. Est-on vraiment rassuré d’être « aimé » par une radio ? Ou content d’être « embrassé » par un journaliste ? D’abord c’est là confondre les espaces, mêler le domaine public, où une distance est toujours nécessaire, et le domaine intime, privé, qui implique réserve, apprivoisement, lente progression dans le type de contact. Souvenons-nous de ce que dit le Renard au Petit Prince chez Saint-Exupéry : apprivoiser signifie créer des liens. Aimer une rose par exemple suppose beaucoup de temps : c’est celui qu’on lui aura consacré qui la fera importante à nos yeux... Supprimer tout cela d’emblée, aller directement à l’« amour » ou au « baiser » est anthropologiquement parlant une catastrophe. On pourrait en dire autant de ce tutoiement qui se généralise aujourd’hui : en quasi règle sur Internet, il se répand fâcheusement dans la vie courante, au mépris de l’intimité et de la réserve. Pour certains êtres sensibles, c’est absolument meurtrier : si on te tutoie, on te tue, toi.

La mode est de faire du monde un univers de Bisounours, de faire croire aux gens qu’on peut vivre toujours à Disneyland. L’imposture est d’autant plus grande que les véritables conditions de vie sont de plus en plus dures. Jamais, me semble-t-il, le décalage entre les slogans rassurants, consolateurs, et la réalité n’a été aussi grand qu’aujourd’hui. Méfions-nous donc du « maternage », de la fusion amniotique. Il faut sortir de la matrice, et affronter le réel. Au reste tout homme est vulnérable par où il tient à sa mère. Sachons comprendre la fable grecque : Achille était vulnérable à l’endroit de son corps par où sa mère l’avait tenu.

 

Maternage--illustration.jpg

 

 


 

Nota : Un recueil de toutes les chroniques précédentes, que j'ai données à Golias Hebdo de fin décembre 2008 à début mars 2014, est disponible en version enrichie, avec regroupement thématique des notions, et assorti de nombreux liens internes et externes facilitant son exploitation, sous forme de livre électronique multimédia :


Petite philosophie de l'actualité, format InternetCliquer sur l'image

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 23:01

ª(Chroniques de Golias Hebdo) 

Espaces

 

Violents éclats de voix, puis sanglots. Pourtant je suis au milieu de la foule. Je regarde juste devant moi. C’est bien une femme qui pleure là, l’oreille collée à son téléphone portable.

Cet ustensile abolit les frontières, mélange les espaces traditionnels : celui du monde public, et celui de la sphère privée. Ainsi il n’est pas rare maintenant de voir, spectateur indiscret, des ruptures en pleine rue, comme peut-être celle à laquelle je viens d’assister ...

       

Lire la suite dans :

 

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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