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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 01:01

Il me saisit bien souvent, à entendre certaines nouvelles. Ainsi tout récemment, se trouvant à Paris pour la Fashion Week, la star américaine de téléréalité Kim Kardashian a été victime dans son hôtel d’un vol à main armée pour neuf millions d’euros (Source : AFP, 03/10/2016).

 

À cette occasion, beaucoup de gens ont compati sur son sort sur les réseaux sociaux, d’autres se sont émus à propos de l’insécurité grandissante permettant aujourd’hui la hardiesse de telles attaques, mais qui s’est inquiété de l’énormité de cette somme, sans aucune mesure évidemment avec la qualité de la victime ? Il est quand même étonnant qu’au moment où ATD Quart Monde publie un livre dénonçant la stigmatisation dont sont victimes les pauvres dans notre société (voir mon billet « Ptochophobie », dans le numéro 447 de Golias Hebdo), personne n’ait relevé à ma connaissance sur Internet, à propos de ce fait-divers, l’indécence absolue d’un pareil chiffre. Qu’a fait cette personne, à part exhiber partout sa plastique avantageuse, pour posséder tant d’argent ?

 

Il est même probable qu’elle va en avoir davantage, ses bijoux étant confortablement assurés, au point qu’ils lui seront remboursés au-delà même de cette somme. Et en plus certains se demandent, non sans arguments, si ce vol n’a pas été organisé par la « victime » elle-même, pour augmenter le buzz autour de sa personne. (Source : Programme-tv.net, 13/10/2016). À l’indécence s’ajouterait donc l’escroquerie.

 

Mais je ne me fais aucune illusion : ses fans continueront à admirer et à « liker » leur bimbo. Et le silence choqué qu’elle s’impose aujourd’hui n’aura à terme que des conséquences positives : ses « followers » l’assiègeront encore plus, lorsqu’elle reparaîtra en public. Aucune réflexion ne leur viendra de l’événement. Tant pis, je les laisse à leur sottise, et préfère, au règne inexpiable et bien tangible de l’argent, celui de mes rêves, même irréels. Comme disait René Char : « Obéissez à vos porcs qui existent, je me soumets à mes dieux qui n’existent pas. »

 

D.R.

D.R.

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 01:15

Tout ce que j’entends dire à son propos sur les médias me fait bondir. Les commentaires y sont démagogiques et aveuglés. Or qui ne voit que le niveau des connaissances élémentaires exigibles d’un élève ne cesse de s’abaisser depuis des décennies ? Pour le triptyque de base, lire, écrire, et compter, qui osera dire qu’un bachelier actuel est moins performant qu’un titulaire du feu certificat d’études primaires ? J’accorde qu’on a peut-être moins besoin qu’autrefois de savoir par cœur ses tables de multiplication, à l’heure des calculettes. Cependant il importe toujours non seulement de savoir raisonner, mais de comprendre l’énoncé même d’un problème. Or de l’aveu même des professeurs de mathématiques cette compréhension minimale de l’écrit n’est pas assurée.

 

La base de l’enseignement est de faire que l’élève comprenne et manie correctement la langue qu’il parle. Et c’est ce qu’il ne garantit plus aujourd’hui. On s’éparpille, on multiplie ici les activités d’éveil, là les sorties scolaires, etc. On veut faire de l’école un lieu de vie, d’épanouissement, et on oublie sa raison d’être fondamentale : la transmission d’un savoir. Que son acquisition soit difficile, je ne le nie pas. Mais faut-il pour cette raison brader la mission essentielle, au prétexte de sa difficulté ?

 

L’« élitisme républicain » de naguère est bien oublié, et le mot de « sélection » révulse. Au nom de je ne sais quel angélisme on veut supprimer l’idée de compétition : on oublie que, bien comprise, elle s’exerce plus avec soi-même qu’avec les autres. On prétend que la note stigmatise la personne entière, alors qu’elle ne sanctionne qu’un résultat ponctuel et toujours perfectible. Et surtout on veut maintenir le plus longtemps possible le plus possible d’élèves dans des études abstraites, dont certains n’ont que faire. En quoi on les trompe et dessert pour l’avenir. Qui ne connaît tel plombier, par exemple, qui gagne plus que tel médecin ?

 

Pauvres nouvelles générations : vous attirez les démagogues comme le miel attire les mouches !

 

D.R.

D.R.

...

 

Voir aussi : 

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 01:01

Ses nécessités passent souvent avant la réflexion et l’examen personnels. C’est ce que je me suis dit après une discussion avec un prêtre de mes amis. Il a convenu bien volontiers avec moi que beaucoup de dogmes et enseignements de l’Église étaient caducs, mais il a ajouté qu’il était nécessaire de continuer à les défendre publiquement, pour des raisons précisément de pastorale, c’est-à-dire, en clair, pour ne pas choquer les fidèles en les déstabilisant par la remise en question de tout ce qui leur a été inculqué depuis leur enfance.

 

Cette opposition entre pastorale et recherche est classique. Ainsi il y a eu des papes pasteurs, comme Jean-Paul II, et des papes théologiens, hommes de cabinet, comme Benoît XVI. Les seconds ont moins d’aura, de charisme, que les premiers. Comme si la foule préférait toujours suivre par empathie celui qui les guide, que réfléchir sur ce qu’on lui dit de croire.

 

La conversation avec mon ami m’a amené à deux conclusions. D’abord qu’il y a souvent un fossé énorme entre ce qui s’échange librement en privé, et ce qui se dit en public. Tel esprit est ouvert et se confie en toute liberté à ses amis, qui au contraire coram populo endossera un rôle et répètera un catéchisme. Ce n’est pas propre en monde chrétien au monde catholique : c’est vrai de toutes les confessions. C’est pourquoi j’ai pu parler à ce propos, y incluant les pasteurs protestants, de Schizophrénies religieuses (Golias Magazine, n°115).

 

En second lieu, je trouve bien dommage de continuer à admettre ce double langage. J’ai pensé à ce que dit le prêtre à K. à la fin du Procès de Kafka, à propos de la parabole de La Porte : « On n’est pas obligé de croire vrai tout ce qui est dit, il suffit qu’on le tienne pour nécessaire. » À quoi K. répond, de façon à mon avis fort pertinente : « Triste opinion… elle élèverait le mensonge à la hauteur d’une règle du monde. » Faut-il, pour garantir la pérennité d’une Institution, maintenir les ouailles, les petites brebis, dans l’aveuglement ? Je ne le pense pas.

 

***

 

A lire aussi, sur le même sujet :

 

Schizophrénie religieuse (l'homme coupé en deux). D.R.

Schizophrénie religieuse (l'homme coupé en deux). D.R.

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
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