16 novembre 2016
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C’est une erreur dans un programme informatique. Les conséquences peuvent en être cocasses, ou tragiques. Ou possiblement les deux à la fois, comme il vient de se voir dans une mésaventure arrivée à Facebook. Le réseau social a en effet annoncé à deux millions de membres états-uniens, dont son fondateur lui-même, qu’ils étaient morts. Lorsqu’ils se sont connectés, les internautes ont aperçu en haut de leur page une fleur et le message « En souvenir » précédant leur prénom et leur nom, qui signalent les comptes de commémoration des utilisateurs décédés, dont les proches ont fait la demande. Le réseau social a reconnu une « terrible erreur » (Source : lefigaro.fr, 12/11/206).
Cocasserie d’abord. Ce n’est pas la première fois qu’un média annonce à tort la mort de quelqu’un. Et les réactions sont parfois fort spirituelles. Ainsi un écrivain célèbre, ayant vu dans son journal l’annonce de son décès, écrivit au rédacteur en chef pour tout simplement résilier son abonnement, qui évidemment n’avait plus lieu d’être s’agissant d’une personne disparue.
Mais les conséquences de ce type de bourdes peuvent être tragiques. Imaginez la réaction de parents à l’étranger découvrant sur Facebook le profil « commémoratif » d’un proche !
On sait que l’erreur ou la méprise sur la mort de quelqu’un sont les ressorts de beaucoup de fictions tragiques. Par exemple Pyrame, cherchant Thisbé, et ne voyant à sa place que son foulard et un lion, pense qu’elle a été dévorée par ce dernier, et se tue : évidemment apparaît ensuite Thisbé, bien vivante. Pensez aussi à Roméo et Juliette : le premier se tue par désespoir, pensant la seconde morte, alors qu’il n’en est rien. La faute tragique (hamartia) vient d’une erreur d’interprétation, qui équivaut à une fausse information.
On sait aussi que des crises financières très graves peuvent venir de programmes prenant des décisions si rapides qu’ils ne peuvent être contrôlés. Aussi les fanatiques de l’informatique feraient-ils bien d’avoir plus de prudence dans leur engouement.
Notice nécrologique, sur Facebook, de son fondateur (D.R.)
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Chroniques de Golias Hebdo (Actualité)
28 octobre 2016
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Lors de l’émission dominicale de France Inter Questions politiques du 23/10/2016, Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la droite en vue de la prochaine élection présidentielle, a été interrogé à propos de la question du voile musulman, burka ou niqab. Il a bien distingué l’islam, religion évidemment respectable au même titre que les autres, de l’islam politique, qui en testant jusqu’où elle reculera défie les lois de notre république, et qu’il convient de combattre résolument. Là je me suis senti en plein accord avec lui. Mais ensuite, interrogé sur l’opportunité d’admettre les crèches dans les bâtiments publics, il s’est prononcé pour cette admission, en disant qu’il s’agissait là de respecter ce qui fait de longue date notre identité culturelle.
Je vois là une incohérence majeure. D’une part on interdit les signes d’appartenance communautaire pour les autres, et pour soi-même on les admet. Deux poids deux mesures donc : que diront nos compatriotes musulmans, que la crèche peut déranger, voire provoquer ?
Certes le rapporteur public du Conseil d’État a recommandé d’autoriser, sous conditions, l’installation desdites crèches dans les bâtiments administratifs, disant que cette installation ne contrevenait pas au principe de laïcité (Source : bfmtv, 21/10/2016).
Mais voici ces « conditions » : il faut que cette exposition soit « temporaire », qu’elle ne s’accompagne d’aucune manifestation de « prosélytisme religieux » et enfin qu’elle revête le « caractère d’une manifestation culturelle ou au moins festive ». Or cette différence qu’on fait souvent entre le culturel et le cultuel est fort spécieuse, car sauf à admettre comme inévitables et irréversibles la déculturation et l’amnésie qu’elle engendre, la crèche, qu’on le veuille ou non, commémore pour les chrétiens la naissance du Christ. Mais aussi et de toute façon ces conditions sont si floues et leur application difficile à prouver que l’autorisation, si elle a lieu, sera impossible à justifier juridiquement. Je gage que peu voudront en profiter.
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Chroniques de Golias Hebdo (Actualité)
25 octobre 2016
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Il en est de différentes sortes. Mais une des plus graves concerne le langage. Ainsi un candidat à la primaire de la droite en vue de la prochaine élection présidentielle a provoqué à son encontre une levée de boucliers généralisée, en déclarant que la candidate démocrate états-unienne à la fonction présidentielle était « soumise aux lobbies sionistes ». Aussitôt on a parlé à ce propos de « poncif antisémite » (Source : europe-israel.org, 20/10/2016).
Je ne me prononce pas du tout sur la vérité ou la fausseté du fait lui-même (cette « soumission » existe-elle ou non ?), mais sur la pertinence ici des expressions employées. Qu’est-ce qu’un lobby ? Un groupe de pression comme il y en a tant : celui des marchands d’armes, de l’industrie pharmaceutique, des féministes, etc. Aux États-Unis d’Amérique, qui sont communautaristes, ils sont légion, et pèsent directement ou indirectement sur les acteurs politiques. Il n’y a pas lieu de s’en étonner, ou de feindre de découvrir le phénomène.
Qu’est-ce que le sionisme ? C’est tout simplement un mouvement visant à soutenir la politique de l’État juif. Quand cette dernière est approuvée, peuvent exister très bien des « lobbies sionistes ». Mais si elle est jugée nationaliste, irrédentiste, et colonialiste, on peut naturellement s’y opposer. On est alors antisioniste.
Qu’en est-il de l’antisémitisme ? On le confond la plupart du temps avec l’antijudaïsme. Mais ce dernier mot seul convient pour dire l’hostilité vis-à-vis des juifs. Il est absurde de dire par exemple que les Arabes sont antisémites, puisque ce sont eux-mêmes des sémites !
Mais très répandu maintenant, et là l’escroquerie est majeure, est le fait de confondre antisionisme et antijudaïsme : or on peut très bien être hostile à la politique actuelle de l’état d’Israël, mais non aux juifs eux-mêmes. Mais en alléguant l’antisémitisme ou peut faire à quiconque des procès d’intention, l’accuser en sorcellerie.
Sachons donc n’accorder à chaque mot que le sens précis qui lui convient, et nous y verrons plus clair.
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Chroniques de Golias Hebdo (Actualité)