7 juillet 2016
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La Maison des examens, service du ministère de l’Éducation nationale qui gère l’organisation du baccalauréat en Île-de-France, a dernièrement envoyé une note aux proviseurs des lycées pour leur demander de « s’assurer de la présence effective » des élèves convoqués au rattrapage le 6 juillet, jour de l’Aïd-el-Fitr (fin du ramadan). « Ceux invoquant la fête de l’Aïd-el-Fitr devront être reconvoqués le lendemain. Vous voudrez bien indiquer le plus rapidement à mes services le nombre de candidats concernés » (Source : Le Monde.fr, 05/07/2016).
Cette mesure est d’inspiration communautariste et contraire à l’intégration, car elle conduit évidemment à discriminer les élèves en fonction de leur religion, chose illégale chez nous. Le SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale) l’a remarqué. Et Nicolas Cadène, rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, a déclaré au journal Le Parisien : « L’administration n’a pas à anticiper les éventuelles demandes, pour la bonne raison que cette démarche revient à assigner les élèves à leurs pratiques religieuses. C’est contraire à l’approche laïque ».
Je suis naturellement d’accord avec ces analyses, et me demande quelle mouche a bien pu piquer le rédacteur de cette note, pour qu’il puisse prendre l’initiative d’aller au-devant de souhaits que les intéressés d’ailleurs n’ont jamais jusqu’ici formulés. On notera aussi que la mesure ainsi proposée, outre qu’elle viole le principe de laïcité, est susceptible de générer une injustice vis-à-vis des autres candidats, qui auront eu une journée de moins pour réviser leurs épreuves.
Ce cas doit encore faire réfléchir sur la mise en œuvre de plus en plus fréquente de ce fameux principe de précaution, qui conduit ici à anticiper la moindre demande possible, même non énoncée, dès qu’elle a un soupçon de caractère religieux. Tant sont grandes aujourd’hui la pusillanimité et la peur chez ceux qui nous dirigent ! (voir aussi mon billet « Précaution », Golias Hebdo, n°345).
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Pour quelques questions particulières touchant à la laïcité, on peut lire aussi :
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Chroniques de Golias Hebdo (Actualité)
3 juillet 2016
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Le mot signifie l’emploi, pour arriver à ses fins, de procédés dont la moralité n’est pas garantie. On résume ordinairement cette attitude par la formule connue : « La fin justifie les moyens ». L’essentiel est d’atteindre le but qu’on se propose, et l’on n’est pas regardant sur ce qui le permet. Le résultat prime tout.
Dans le contexte de troubles sociaux actuel, il peut se faire que notre gouvernement ait adopté cette attitude face aux casseurs qui ont fait dégénérer les manifestations syndicales. Peut-être a-t-il favorisé cette dégradation, précisément pour rendre impopulaires lesdites manifestations. Ainsi a-t-on lu sur Internet une interview du secrétaire général du syndicat policier majoritaire Alliance, Jean-Claude Delage, qui s’est interrogé sur les consignes de non-intervention reçues face aux casseurs, et a accusé le gouvernement de vouloir ainsi décrédibiliser les mouvements sociaux (Source : BFMTV, 5 mai 2016).
D’après lui, la consigne du Ministère de l’Intérieur a été d’attendre au moins une heure pour réagir aux premiers troubles, alors qu’il eût été possible de réagir immédiatement. En outre, certains casseurs ayant été déjà identifiés, on aurait pu peut-être préventivement les assigner à résidence dans le cadre de l’état d’urgence, ou sinon les interpeller aussitôt qu’ils ont été remarqués.
Sartre dans Les Mains sales approuve le machiavélisme en faisant reprendre à son personnage principal la phrase de Saint-Just : « On ne peut gouverner innocemment ». Contre le « Tous les moyens ne sont pas bons » de son jeune adversaire idéaliste, il affirme : « Tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces ». Mais c’est le même Sartre qui dissimulait les crimes staliniens, déjà connus, au nom du principe pragmatiste selon lequel : « Il ne faut pas désespérer Billancourt ».
Je pense que le réalisme n’est pas tout. Contre Sartre, Camus a fort justement défendu l’éthique dans la conduite de l’action. Il y a en effet certaines causes, si fondées soient-elles – et en l’espèce ce n’est pas le cas – qui sont disqualifiées simplement par la méthode qu’on emploie pour les défendre.
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Nota : Un recueil de toutes les chroniques précédentes, que j'ai données à Golias Hebdo de fin décembre 2008 à début mars 2014, est disponible en version enrichie, avec regroupement thématique des notions, et assorti de nombreux liens internes et externes facilitant son exploitation, sous forme de livre électronique multimédia :

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Chroniques de Golias Hebdo (Actualité)
23 juin 2016
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J’espère qu’on me pardonnera ce néologisme, mais je vois là une tendance affectant l’information dans tous les domaines, dont celui de la politique. Ainsi le site Closer a-t-il lancé sur Internet une rubrique, Peopolitique, destinée à « couvrir » l’élection présidentielle de 2017. Elle est déjà bien alimentée, et diffuse au jour le jour maints petits potins concernant les acteurs futurs de cette élection.
Cette tendance est doublement néfaste : d’abord elle mêle systématiquement deux domaines qui devraient rester bien séparés, la vie publique et la vie privée. Les critiques ad hominem fusent de toutes parts, satisfaisant tous ceux, très nombreux apparemment, qui sont friands de ragots.
Ensuite cette tendance histrionique flatte le goût systématique de l’amusement répandu dans notre modernité, ce que Baudrillard appelait la fun morality. Je pense aussi à ce que Lipovetsky, à la fin de L’Ère du vide, définissait comme une sorte d’humour léger et convivial, un humour pop, qui ne tire pas à conséquence par sa superficialité même. À force de se moquer de tout, et dès le lendemain de passer à autre chose, plus rien n’a de vraie importance.
On aimerait que les gens soient toujours à leur vraie place, et n’en changent pas. Que les politiques restent des politiques, et les people, puisqu’il y en a, restent people. Mais aujourd’hui tout se mélange. Les politiques se « peopolisent » en participant à des émissions de variétés ou des talk-shows en compagnie de vedettes du show-biz. Et ces dernières ne dédaignent pas, à l’occasion, de se mêler de politique. Je sais bien que cela a déjà existé, et dans les deux sens, depuis l’empereur Néron qui se piquait d’être un acteur, jusqu’à Reagan, un acteur à l’origine, élu ensuite Président des USA. Je pense aussi aujourd’hui à tel clown populaire et populiste en passe d’être élu à la même fonction dans le même pays. Il y a aussi le cas de Coluche naguère chez nous. Mais l’exception ne devrait pas être la règle, et comme dit le proverbe Abusus non tollit usum – l’abus ne supprime pas l’usage.
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Pour les amateurs de petits potins :
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Chroniques de Golias Hebdo (Actualité)