10 décembre 2015
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Ci-après, le billet que j'ai écrit à la suite des attentats qui ont visé en début d'année Charlie Hebdo. L'actualité en est la même aujourd'hui.
Réflexion (article suite aux attentats ayant visé Charlie Hebdo)
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Chroniques de Golias Hebdo (Actualité)
2 décembre 2015
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Après les dramatiques attentats que nous venons de connaître, l’Association des Maires de France vient de publier un Vade mecum sur la laïcité. Elle préconise de faire disparaître les crèches de Noël dans tous les bâtiments publics, insiste pour que les élus adoptent une neutralité personnelle radicale lors des offices religieux, leur demande aussi de ne pas soutenir des manifestations religieuses comme processions, baptêmes de navires, etc.
Avec ces recommandations je me suis senti naturellement en accord, et je ne serais pas allé chercher plus loin, si je n’avais lu le commentaire qu’en fait l’abbé Pierre-Hervé Grosjean, curé de Saint Cyr l’École, et Secrétaire Général de la Commission « Éthique et Politique » du Diocèse de Versailles, pour qui ce texte relève non de la laïcité, mais d’un laïcisme agressif et antichrétien (Source : Le Figaro.fr, 19/11/2015).
L’argumentaire de l’abbé tient en deux points. D’abord il souligne que ces comportements et usages relèvent de traditions anciennes qui tissent notre identité profonde, et qu’il ne faut pas confondre culturel et cultuel. Mais à qui fera-t-on croire qu’une crèche n’a aucun contenu religieux ? Elle a sa place évidente dans une église, ou bien dans un musée ou dans une exposition de santons par exemple, mais pas dans un lieu administratif public, qui incarne les valeurs de neutralité absolue de la République en matière religieuse.
Le second point est plus grave. L’abbé souligne que les attentats ont visé la « la bannière de la croix », et en conclut qu’il faut défendre, en riposte, cette croix et cette bannière qui ont été attaquées : « L’intégrisme laïque qui veut faire disparaître cette même bannière et les traditions qui participent à ce mode de vie, joue le jeu de l’ennemi. En guerre, cela s’appelle de la trahison… » Je reste sidéré par le côté agressif et belliqueux de cette formulation. Autrement dit, ils ont attaqué notre religion, ils n’ont désormais qu’à bien se tenir, on va leur faire voir comment nous pouvons leur répondre !
Certes je sais très bien faire la différence entre la laïcité et le laïcisme. Simplement pour le cas en question, je pense que l’emploi du dernier mot n’est pas du tout pertinent.
Voir aussi :
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Chroniques de Golias Hebdo (Actualité)
21 novembre 2015
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C’est le fait de se suffire à soi-même, ne pas dépendre des autres. Elle était, avec l’ataraxie ou absence de trouble, l’idéal de la sagesse antique. C’est elle aussi que recommandait Schopenhauer : « La tête d’autrui, disait-il, est un bien triste lieu pour que l’homme en fasse le siège de son bonheur. »
J’ai pensé à cela en lisant les résultats de l’enquête de l’Institut danois de Recherche sur le Bonheur, qui s’est interrogé sur le rôle joué par Facebook sur cette question. Les personnes interrogées ont été divisées en deux groupes : celles ayant vécu une semaine sans utiliser le réseau social se sont dites in fine plus heureuses que celles qui l’avaient pratiqué. « Au lieu de se concentrer sur ce dont nous avons besoin, nous avons une tendance malheureuse à nous concentrer sur ce que les autres ont. Or, sur Facebook, les gens ont 39% de risques de se sentir moins heureux que leurs ‘amis’ », estiment les auteurs de l’étude (source : AFP, 10 novembre 2015).
Effectivement, pourquoi faudrait-il se comparer à d’autres, virtuellement, pour se sentir vivre soi-même, et courir ainsi le risque, chimérique, de se déprécier ? Facebook unit à la fois et paradoxalement le narcissisme le plus égocentré à la dépendance absolue à l’égard d’autrui. D’un côté on s’y étale avec complaisance, mais de l’autre on y mendie implicitement l’approbation d’autrui, dans une pathétique quête de quelques Likes. On oublie que seul celui qui se suffit d’abord à soi-même et qui donc peut assumer son essentielle solitude peut, dans un second temps, s’ouvrir aux autres. Bref on vit pour soi-même et par les autres, alors qu’il faudrait vivre par soi-même et pour les autres. J’ai développé tout cela dans mon ouvrage Méandres de l’amour (Dervy, 2014).
Ainsi, au lieu de se répandre de façon innocemment impudique sur les réseaux sociaux et d’en attendre le bonheur de façon tout aussi innocemment déraisonnable, mieux vaut se réunir d’abord à soi-même : cette conversion déteindra forcément sur l’entourage immédiat. Et si nous avons besoin à tout prix de communiquer au loin, mettons en pratique l’ancienne maxime : Vitam recunde, cogitationem effunde – Cache ta vie, et répands ta pensée.
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Nota : Un recueil de toutes les chroniques précédentes, que j'ai données à Golias Hebdo de fin décembre 2008 à début mars 2014, est disponible en version enrichie, avec regroupement thématique des notions, et assorti de nombreux liens internes et externes facilitant son exploitation, sous forme de livre électronique multimédia :

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Chroniques de Golias Hebdo (Actualité)