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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 01:01

Elle caractérise semble-t-il le catholicisme, comme l’indique, dans un article du 2 juillet 2015, le site Internet de Témoignage chrétien (« Il y a une souplesse typiquement catholique »). Tandis que le protestantisme ne transige pas avec les principes, le catholicisme admettrait en tout domaine des accommodements. Les questions évoquées dans l’article sont très diverses : homosexualité, avortement, etc. Mais toutes montrent la différence qu’il y a entre les injonctions romaines, intransigeantes, et les comportements locaux, beaucoup plus laxistes.

 

Comme toujours, cette question est très complexe. Le protestantisme a pour lui la pureté des principes. On sait que c’est contre la simonie de l’Église romaine, le trafic des Indulgences, que Luther s’est dressé en son temps. Il voulait une cohérence totale entre le discours et la pratique. Cette position critique et réprobatrice est nécessaire, sans doute, pour prévenir les abus inhérents au fonctionnement de toute Institution.

 

Cependant la pureté protestante a son revers : cet idéal de transparence totale peut mener à une sorte de totalitarisme du groupe, broyant l’individu. Ne pas mettre des rideaux aux fenêtres de sa maison, pour montrer que l’on n’a rien à cacher, est dangereux, à la fois au propre et au figuré. Car qu’en est-il de l’intimité, si l’on vit toujours sous le regard des autres ? On risque d’en être paralysé, coupable potentiel. Le catholicisme est peut-être plus prudent, quand il admet le droit à une certaine obscurité ou opacité. La nature humaine est ainsi faite, qu’on répugne à s’exposer tout nu au regard de tous.

 

Le grand mérite du protestantisme a été de revenir aux textes de base, débarrassés des commentaires du magistère. Mais vouloir revenir à la Seule Ecriture, sans l'écran de la Tradition, c'est oublier que l'Ecriture elle-même, telle qu'elle nous est parvenue, est le résultat d'une Tradition. C’est bien un fait en tout cas que les protestants, en général, lisent beaucoup plus que les catholiques. Mais ces derniers s’abritent derrière ce que disent leurs bergers, et se contentent très souvent des actions concrètes, caritatives...

 

Faut-il trancher ? Je songe à la querelle des jansénistes et des jésuites, mise en scène dans les Provinciales de Pascal. Que choisir, entre la pureté morale revendiquée des premiers et les accommodements pratiques des seconds, bel exemple de souplesse ?

Souplesse

***

 

Nota : Un recueil de toutes les chroniques précédentes, que j'ai données à Golias Hebdo de fin décembre 2008 à début mars 2014, est disponible en version enrichie, avec regroupement thématique des notions, et assorti de nombreux liens internes et externes facilitant son exploitation, sous forme de livre électronique multimédia :

 

Petite philosophie de l'actualité, format Internet

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 01:01

Il y a bien des passages où notre Bible n’en fait guère preuve. Je pense par exemple à maints endroits du Lévitique, où le rédacteur s’acharne de façon barbare sur ceux qui n’obéissent pas, fût-ce dans le moindre article, à ce qui est censé être la voix de Dieu. Et si par malheur un esprit aveugle vient à prendre ces passages au pied de la lettre, le résultat est catastrophique. Par exemple un prélat ultraconservateur suisse, Vitus Huonder, évêque de Coire, diocèse de Zurich, a récemment devant un public ravi évoqué la mise à mort des homosexuels, en brandissant précisément deux citations du Lévitique, dont celle-ci : «  Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils commettent tous deux une abomination. Ils seront punis de mort, leur sang retombera sur eux. » (20/13) Coïncidence fâcheuse : c’est au nom de ces mêmes passages de la Bible qu’un extrémiste juif a poignardé six personnes, la veille du discours de l’évêque, au milieu de la Gay Pride de Jérusalem (Source : 360°, 1er août 2015)

 

Je me demande pourquoi ces passages, qui sont de vrais appels au lynchage, figurent encore dans la Bible, au risque d’exciter la rage sanguinaire des esprits faibles. Et malheureusement ce livre n’est pas de par le monde le seul livre religieux à déchaîner la furie intolérante ! On le dit chez nous être de Dieu. Aux États-Unis d’Amérique, c’est sur lui que jurent encore les présidents nouvellement intronisés. Que ne lisent-ils ce qu’il contient ! Et encore, pour dire qu’il ne se trompe jamais, les conservateurs littéralistes parlent de son « inerrance ». La sagesse, il me semble, aurait été d’en faire le lifting, et d’en expurger les passages inadmissibles comme ceux mentionnés plus haut. Il eût fallu y garder la mansuétude, et en proscrire l’anathème, en s’inspirant par exemple de ce qu’a pu dire Jésus après le prophète Osée : « Je veux la miséricorde, et non le sacrifice. » (Matthieu 9/13)

 

Assurément la Bible n’est pas le livre de Dieu, mais celui d’hommes parlant de Dieu. Sont-ils inspirés par lui ? Jugeons-en aux résultats. « Tout arbre se reconnaît à ses fruits. » (Luc 6/43) À l’évidence, on constate que ces hommes sont parfois bien mal inspirés !

 

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Nota : Un recueil de toutes les chroniques précédentes, que j'ai données à Golias Hebdo de fin décembre 2008 à début mars 2014, est disponible en version enrichie, avec regroupement thématique des notions, et assorti de nombreux liens internes et externes facilitant son exploitation, sous forme de livre électronique multimédia :

 

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 01:01
Extraterrestres

La découverte d’une exoplanète ressemblant à la terre le mois dernier par la NASA a vite mené à s’interroger sur l’existence d’une intelligence extraterrestre. Le cardinal José Gabriel Funes, chargé de surveiller l’Observatoire astronomique du Vatican, s’est lui-même dit « ouvert à la possibilité d’une vie extraterrestre ». Selon lui en effet, « il n’y a aucune contradiction entre la théologie catholique et la croyance aux extraterrestres ». Cependant il a affirmé que « la découverte d’une vie intelligente ne veut pas dire qu’il y existe un autre Jésus. L’incarnation du fils de Dieu est un événement unique dans l’histoire de l’humanité et de l’univers. Dieu est devenu un homme à travers Jésus en Palestine, il y a 2000 ans. » (Source : Le Huffington Post, 4 août 2015)

 

Il y a certes cohérence à reprendre le dogme de l’incarnation de Dieu. Elle n’est pas vue comme périodique dans le cours de l’histoire, et donc pouvant se produire encore, comme dans le cas de l’avatar hindouiste. Le « a souffert sous Ponce-Pilate » du Credo en atteste l’inscription factuelle, et donc non reproductible : sinon, on ne comprendrait pas pourquoi une telle publicité a été faite pour les siècles des siècles au préfet romain !

 

Mais cohérence ne veut pas dire intelligence. Pourquoi s’attacher ne varietur à un tel dogme, qui ne s’est imposé que tardivement en christianisme, et n’a pas rencontré l’adhésion de tous ? L’incarnation de Dieu en la personne de Jésus-Christ n’est qu’une option. Outre qu’évidemment elle n’est partagée ni par le judaïsme ni par l’islam, elle est très souvent contredite au sein du christianisme même dans les textes fondateurs, à commencer par exemple par l’évangile de Jean, où le Messie pourtant a la plus haute stature. On y lit en effet : « Le Père est plus grand que moi » (14/28). Pourquoi être ici plus royaliste que le roi ?

 

Face à la possibilité d’extraterrestres, le pape François n’a rien trouvé de mieux à dire qu’il fallait les baptiser : « Qui sommes-nous pour leur fermer la porte ? » (même source) Là encore il a été fidèle à la Tradition. Mais ne faut-il pas la réviser ? Pourquoi vouloir annexer à tour de bras, et pourquoi n’existerait-il pas un Jésus Alien ?

 

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Voir aussi :

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
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