Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
13 décembre 2024 5 13 /12 /décembre /2024 02:00

Par analogie avec celle survenant chez l’homme, due à une fausse perception, on utilise ce mot dans le domaine de l’intelligence artificielle pour caractériser une réponse fausse qui est présentée comme un fait certain. On en trouvera des illustrations dans l’article de Wikipedia qui lui est consacré.

 

J’ai eu le désir que vérifier le phénomène sur ChatGPT, en lui demandant quelle était la philosophie qui se dégageait de mes propres ouvrages, et de quel autre écrivain le programme jugeait que j’étais proche. Eh bien, cela n’a pas tardé : très vite je me suis vu affublé de titres de livres que je n’avais pas écrits, et de noms de personnalités œuvrant dans un domaine qui n’est absolument pas le mien. J’ai vu là un déluge d’hallucinations.

 

Un instant j’ai pu penser que mes requêtes n’étaient pas assez explicites, et que la responsabilité du phénomène m’incombait. Mais je me suis vite rendu à l’évidence, et j’ai vu que selon Wikipedia dès 2023 les analystes ont considéré les hallucinations comme un problème majeur de ces technologies, un dirigeant de Google identifiant leur réduction comme une tâche « fondamentale ». En fait l’IA ne cherche pas la vérité des choses, mais leur probabilité et leur plausibilité. Comme elle est conçue pour être persuasive par la vraisemblance de ses productions, et non pas véridique, ses résultats peuvent sembler très réalistes, mais inclure des affirmations erronées.

 

Dès lors, on ne peut qu’être très prudent quant à la confiance qu’on lui accorde. Indubitablement très utile dans certains domaines, elle est dangereuse dans d’autres, spécialement ceux pour qui est indispensable la caution du réel et des faits.

 

D’autre part, pour prendre l’exemple de mon propre domaine, celui de la littérature, l’IA ne peut produire que des pastiches ou des plagiats d’œuvres antérieures qu’elle a en mémoire, car elle ne regarde que vers le passé, le déjà connu, et non le nouveau, toujours non prédictible. Elle ne comprend pas ce qu’elle énonce, et de la pensée elle ignore la chair vivante, elle n’en montre que la réduction statistique, les os, le squelette, se contentant de généralités abstraites, finalement « passe-partout ». Les étudiants qui l’utilisent pour faire une dissertation présentent un texte sans exemples, qui pourtant sont l’essentiel et le plus personnel. Il y a bien sûr ses thuriféraires, tel Elon Musk : « Un nouveau monde ! Adieu les devoirs ! » Mais ce sont les nouveaux incultes.

 

Voir aussi : Cyber-Jésus.

 

 

D.R.

 

 

Voici la réponse que le programme d'IA Perplexity AI a faite à une demande concernant cet article (communiquée par mon ami Michel Jas, que je remercie) :

 

Réponse

Partager cet article
Repost0
11 décembre 2024 3 11 /12 /décembre /2024 01:00

C’

est aux yeux de tous une grave pathologie, s’opposant à l’état de normalité. Mais cette rassurante opposition m’a quitté, quand j’ai lu un intéressant article émanant de médecins américains selon lequel les grandes figures du monothéisme ont souffert de pathologies mentales (Source : Slate.fr, 30/03/2016).

 

Elles illustreraient parfaitement la phrase du psychiatre Thomas Szasz : « Si vous parlez à Dieu, vous êtes religieux. Si Dieu vous parle, vous êtes psychotique. »

 

Ainsi d’après l’article en question Abraham incarna-t-il le premier un cas de psychose, manifestée par des hallucinations, à commencer par celle, auditive, qui lui enjoignit de sacrifier son fils à Dieu, délire mystique qui le mena à tenter un passage à l’acte.

 

Moïse souffrit lui aussi de psychose hallucinatoire chronique, manifestée par exemple dans l’épi­sode du Buisson ardent. À quoi s’est ajouté un symptôme dit de graphorrhée ou d’impulsivité irrésistible à écrire, visible dans l’épisode des Dix Commandements.

 

Jésus fut, lui, un bipolaire oscillant entre phases d’exaltation maniaque et phases dépressives, voire mélancoliques, ces dernières accompagnant son choix final d’une mort volontaire, sorte de suicide par procuration, nécessitant pour s’accomplir l’intervention miséricordieuse de Judas.

 

Paul, lui, fut un hystérique, dont le trouble de conversion ressemble fort à une crise d’épilepsie.

 

Pour Mahomet, les auteurs de l’article vont jusqu’à évoquer l’hypothèse d’une tumeur cérébrale.

 

 

... Que penser de tout cela ? On pourrait y voir une démystification voltairienne et ricanante de tous ces grands fondateurs, qui auraient pu être guéris par des antidépresseurs ou des électrochocs. Ces insolites comparaisons ne sont pas farfelues. On sait par exemple que l’épilepsie était déjà pour les anciens Grecs et Romains une maladie « sacrée », manifestation en l’homme de la présence divine.

 

Mais je préfère y voir un encouragement donné aux vrais malades, une réhabilitation qui leur est donnée par l’exemple de ces grandes figures, à l’image desquelles ils peuvent se considérer eux-mêmes.

 

Artistes et écrivains se reconnaîtront aussi dans le trouble bipolaire : c’est un fait bien connu que l’exaltation maniaque, si elle est ordinairement dangereuse, favorise aussi bel et bien la créativité.

 

Ainsi, sans aller jusqu’à dire, comme le Knock de Jules Romains, que tout bien portant est un malade qui s’ignore, je dirai que les linéaments de toutes ces maladies sont déjà en nous-mêmes, et qu’entre elles et nous il n’y a pas une différence de nature, mais de degré.

 

Article paru dans Golias Hebdo, 14 avril 2016

 

#Religion. #Pathologie. #Normalité.
D.R.

 

***

 

Ce texte est extrait d'un des deux tomes de mon ouvrage Chroniques religieuses. Pour plus de détails sur ces deux livres, cliquer: ici.

Partager cet article
Repost0
9 décembre 2024 1 09 /12 /décembre /2024 01:00

U

n jeune américain de 27 ans a été tué à coup de flèches, dès son arrivée sur leur territoire, par les indigènes habitant l’île de North Sentinel, dans un archipel de l’océan Indien rattaché à l’Inde.

 

Très croyant, ce jeune homme se pensait en terre de mission. Dans une ultime lettre adressée à sa famille, rédigée le matin de sa mort, il confiait : « Vous pensez peut-être que je suis fou de faire tout ça mais je pense que ça vaut la peine d’apporter Jésus à ces gens... Ce n’est pas en vain – les vies éternelles de cette tribu sont à portée de main et j’ai hâte de les voir adorer Dieu dans leur propre langage. » (Source : LeMonde.fr, 21/11/2018)

 

Ce prosélytisme en effet est bien comme il le disait une folie. Il peut malheureusement s’auto­riser de la fin de l’évangile de Matthieu : « Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. » (28/19-20)

 

Il y a peu de chances que ce passage soit de la bouche de Jésus lui-même, le dogme trinitaire qu’il contient et auquel il se réfère ayant été édicté plus tard. Mais passage funeste en tout cas, au nom duquel beaucoup de vies furent sacrifiées dans l’histoire, non seulement celles des évangélisés, mais comme ce vient d’être le cas pour notre pauvre jeune homme, des évangélisateurs.

 

Il était sans nul doute illuminé, et naïf de croire que la peuplade en question n’avait aucune vie spirituelle, aucun contact avec le divin. Ce sont de fervents animistes, manifestement en tout cas plus imprégnés de spiritualité dans leur vie quotidienne et le moindre de leurs gestes que la plupart des croyants « civilisés ». Qu’ils trouvent Dieu dans la Nature, pourquoi le leur reprocher ? C’est bien ce qu’a dit Spinoza chez nous.

 

En attendant, l’intrusion de ce corps étranger, même mort, chez eux risque de leur apporter des agents infectieux mortels contre lesquels, vivant en autarcie de temps immémorial, ils n’ont pas d’immunité, au point que selon une ONG de protection des tribus autochtones (Survival Interna­tional) tout leur groupe risque maintenant de périr.

 

Finalement, au lieu de leur apporter Dieu, le jeune homme peut leur avoir apporté la mort, comme celle dont il a été victime. Funeste dessein, et funeste destin !

 

Article paru dans Golias Hebdo, 6 décembre 2018

 

D.R.

***

 

Cet article est extrait du livre suivant :

Petite philosophie de l'Insolite
Théron, Michel
17,00Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Les textes composant cet ouvrage sont tous parus, sous leur forme initiale, dans un journal hebdomadaire. Ils concernent des sujets d'actualité étranges, bizarres, insolites, souvent amusants, mais se prêtant toujours à un commentaire philosophique. Ils peuvent servir de points de départ pour la réflexion individuelle du lecteur, mais aussi ils peuvent alimenter des débats thématiques collectifs (cours scolaires, cafés-philo, réunions de réflexion...).

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de michel.theron.over-blog.fr
  • : "Mélange c'est l'esprit" : cette phrase de Paul Valéry résume l'orientation interdisciplinaire de mon blog. Dans l'esprit tout est mêlé, et donc tous les sujets sont liés les uns aux autres. - Si cependant on veut "filtrer" les articles pour ne lire que ce qui intéresse, aller à "Catégories" dans cette même colonne et choisir celle qu'on veut. On peut aussi taper ce qu'on recherche dans le champ "Recherche" dans cette même colonne, ou encore dans le champ : "Rechercher", en haut du blog - Les liens dans les articles sur le blog sont indiqués en couleur marron. Dans les PDF joints, ils sont en bleu souligné. >>>>> >>>>> Remarque importante (avril 2021) : Vous pouvez trouver maintenant tout ce qui concerne la Littérature, la Poésie et l'Art dans mon second blog, "Le blog artistique de Michel Théron", Adresse : michel-theron.eu/
  • Contact

Profil

  • www.michel-theron.fr
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

Recherche

Mes Ouvrages