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4 juillet 2024 4 04 /07 /juillet /2024 01:01

C’est dit le dictionnaire un « courant de pensée du mouvement écologiste, qui se consacre à la protection et à la restauration de l’environnement, ainsi qu’à la préservation des espèces vivantes ». Eh bien, je serais tenté de voir dans ce mot un sens problématique, car dans cette lutte on peut parfois aller très loin.

 

Ainsi deux juristes néerlandais viennent de publier une étude dans le Journal of Environmental Law concernant les chats, par rapport à la législation de l’Union européenne sur la protection de la nature. Il en ressort que pour respecter le droit européen les propriétaires de chats ne devraient pas laisser leur animal sortir de chez eux et se promener en liberté, car les chats sont responsables de massacres de maintes espèces vivantes, dont au premier chef les oiseaux. Ils seraient responsables dans la seule France de la mort de 75 millions de ces derniers. Et les chats évidemment ne distinguent pas parmi eux les espèces protégées et celles qui ne le sont pas (Source : lavoixdunord.fr, 27/11/2019).

 

Confinons donc les chats à l’intérieur des maisons, et les oiseaux seront bien gardés. Empoisonnons rats et souris par des produits chimiques, même s’ils sont toxiques pour nous. Oublions que par nature, cette nature même que les écologistes défendent, les chats sont des félins prédateurs, des « tigres de salon » comme les appelait Victor Hugo. Oublions même, en généralisant, que la nature est un massacre permanent, comme dit le même poète : « Le monde est un massacre où le meurtre fourmille / Et la création se dévore en famille ». Soyons angéliques, et rêvons comme le dit le prophète que le loup dormira avec l’agneau (Isaïe 11/6) – même si ce jour-là l’agneau ne dormira pas beaucoup... Au fond, pourquoi préserver la nature, si l’on peut en changer les lois !

 

Oublions de même que les oiseaux mangent des insectes, en voie de disparition aussi, et qui peuvent avoir leurs propres défenseurs. Que le mieux est l’ennemi du bien, et que comme dit le proverbe latin la pire corruption est celle du meilleur (corruptio optimi pessima). Qu’à vouloir améliorer toutes choses on risque de les empirer, qu’il y a un effet pervers possible dans toute nouvelle mesure, et que le principe de précaution peut devenir principe d’inaction.

 

Quant à moi, j’oublierai le ridicule de ces graves juristes, et me contenterai de relever quotidiennement dans mon jardin les plumes témoignant du massacre effectué par tous les chats de mon quartier.

 

Article paru dans Golias Hebdo, 5 décembre 2019

 

D.R.

 

***

Ce texte est extrait de mon dernier recueil d'articles Petite philosophie de l'Insolite. L'ouvrage est disponible en deux formats, papier et livre électronique (E-Book). On peut en feuilleter le début en cliquant ci-dessous sur : Lire un extrait. On peut le commander sur le site de l'éditeur en cliquant sur : Vers la librairie BoD. Il est aussi disponible sur commande en librairie et sur les sites de vente en ligne.

Petite philosophie de l'Insolite
Théron, Michel
17,00€Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Les textes composant cet ouvrage sont tous parus, sous leur forme initiale, dans un journal hebdomadaire. Ils concernent des sujets d'actualité étranges, bizarres, insolites, souvent amusants, mais se prêtant toujours à un commentaire philosophique. Ils peuvent servir de points de départ pour la réflexion individuelle du lecteur, mais aussi ils peuvent alimenter des débats thématiques collectifs (cours scolaires, cafés-philo, réunions de réflexion...).

 
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28 juin 2024 5 28 /06 /juin /2024 01:01

J’

ai lu sur le site internet Christnews, qui cite Wikileaks comme source, qu’un archiviste du Vatican aurait affirmé : « Dieu n’existe pas, même le Pape n’y croit pas. »

 

Il existerait des documents transmis exclusivement de Pape en Pape depuis le milieu du 12ème siècle. Publiés partiellement via des photos prises depuis un téléphone portable, ils témoigneraient d’un doute manifeste dans la foi. Néanmoins, ils indiqueraient tout de même l’impor­tance pour la Curie de garder une unité et un pouvoir afin de servir le monde de manière positive.

 

Je ne sais si ce site est bien fiable. Néanmoins, ce qu’il dit ne m’étonne pas du tout. Que des pasteurs ne croient pas pour eux-mêmes à ce qu’ils enseignent à leur troupeau, et le dissimulent pour ne pas le décourager est tout à fait possible.

 

Souvenons-nous de ce que dit le Grand Inquisiteur dans Les Frères Karamazov de Dostoïevski : les grands dignitaires de l’Église peuvent bien être athées en leur for intérieur, mais l’essentiel est qu’ils délivrent leurs ouailles, par l’autorité du magistère, du doute auquel pourrait les mener leur liberté de penser, ainsi que du danger de l’indécision.

 

C’est pour cela d’ailleurs que Jésus revenu sur terre devrait être à nouveau mis à mort, car il a arraché les hommes à une soumission heureuse, pour les éveiller à l’an­goisse de la liberté personnelle, et à la responsabilité pour chacun de gérer lui-même sa vie. Dostoïevski prend bien soin de noter, par la bouche d’Aliocha, que c’est l’Église romaine qui est ici en question.

 

Psychologiquement, cette position s’explique. Combien de fois donne-t-on à l’entourage ce que l’on n’a pas soi-même, paix, bonheur, équilibre par exemple ! Les soignants peuvent bien nous le dire. S’ils rassurent les autres, cela ne veut pas dire qu’ils sont toujours eux-mêmes rassurés. Pourquoi en serait-il autrement s’agissant des guides religieux ? Les doutes doivent se taire devant les nécessités de la pastorale. Le but qu’on recherche l’em­porte sur les états d’âme personnels.

 

... Mais cette duplicité parfois nécessaire peut devenir cynisme. Je pense à la parole attribuée au pape Léon X, à l’adresse du cardinal Bembo, rapportée dans le Traité des trois imposteurs (§ xv) : « Combien cette fable au sujet du Christ nous a été profitable, voilà qui est assez connu depuis toujours – Quantum nobis nostrisque ea de Christo fabula profuerit, satis est omnibus sae­culis notum. »

 

Quand elle sert l’intérêt personnel et le goût du pouvoir, la duplicité ne s’excuse pas.

 

Article paru dans Golias Hebdo, 24 septembre 2015

 

D.R.

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Ce texte est extrait de mon dernier recueil d'articles Petite philosophie de l'Insolite. L'ouvrage est disponible en deux formats, papier et livre électronique (E-Book). On peut en feuilleter le début en cliquant ci-dessous sur : Lire un extrait. On peut le commander sur le site de l'éditeur en cliquant sur : Vers la librairie BoD. Il est aussi disponible sur commande en librairie et sur les sites de vente en ligne.

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24 juin 2024 1 24 /06 /juin /2024 01:01

O

n ne s’ennuie pas à lire la presse. Samedi dernier, lors de la Feria de Pampelune, quelque 150 personnes ont participé au grand concours du plus long lancer de noyaux d’olives.

 

Organisé depuis 2006, il a été remporté pour la première fois par un étranger, l’Australien Matt Davis, qui a propulsé son noyau à 16,36 mètres, soit l’équivalent de la longueur de quatre voitures. Il est recommandé aux personnes portant des dentiers de bien les fixer avant de lancer. Un conseil qui n’est pas anodin : par le passé, deux personnes âgées avaient lancé leur dentier en même temps que les noyaux, selon les organisateurs (Source : Le Progrès.fr, 13/07/2011).

 

Il semble que les hommes ne mettent aucune borne à leur imagination pour se divertir, c’est-à-dire littéralement se détourner (latin divertere) d’eux-mêmes. « L’homme est si vain, disait Pascal, qu’étant plein de mille causes essentielles d’ennui, la moindre chose, comme un billard ou une balle qu’il pousse, suffit pour le divertir. » Et on connaît la réflexion du même moraliste : « Tout le malheur de l’homme vient de ce qu’il ne sait pas demeurer en repos dans une chambre. »

 

Seul face à lui-même, l’homme peut se mesurer, jauger et juger. Peut-être alors s’ouvrira-t-il à une autre dimension, qu’on appelle la Transcendance ? L’homme passe infiniment l’homme, et qui ne meurt de n’être qu’un homme ne sera jamais qu’un homme. Mais non : voilà maintenant qu’il court au devant de l’oubli, et qu’il joint avec constance le futile à l’agréable.

 

La liste de ces manifestations cocasses est sans fin.

 

À Vals, en Ardèche, a lieu en juillet un championnat de lancer de pantoufles et de lancer de bérets, patronné par le Lion’s Club.

 

En Dordogne, se déroule de mai à octobre le championnat de France du lancer de slip, organisé par la Fédération française du lancer de slip (Source : La Dépêche, 15/05/2019).

 

À Trie-sur-Baïse, dans les Hautes-Pyrénées, le deuxième dimanche d’août, a lieu le championnat de France d’imitation du cri du cochon.

 

Ce dernier village est célèbre aussi par son championnat de France du plus gros mangeur de boudin, où une dame en vacances a déclaré : « Je fais ça parce que je ne suis pas connue. Je ne sais pas si j’aime le boudin, enfin je vais voir. » (Source : La Dépêche, 07/08/1999) Pour sa seule notoriété, l’homme veut-il maintenant régresser au cochon ? Eh bien, qu’il le fasse !

 

– Toute cette futilité permet de relativiser beaucoup de choses. Au fond, le sage avait bien raison : « Vanité des vanités, tout n’est que vanité. » (Ecclésiaste, 1/2). [v. Mini-Miss, Stupidité (II)]

 

Article paru dans Golias Hebdo, 28 juillet 2011

 

Un exemple de divertissement (D.R.)

 

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Pour voir la liste de tous mes livres édités chez BoD, cliquer : ici.

 

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
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