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20 septembre 2026 7 20 /09 /septembre /2026 01:01

C’est le refus de croire en un Dieu extérieur et antérieur au monde, chargé de nous punir si on lui désobéit, et de nous récompenser dans le cas contraire, en vertu d’un contrat passé avec lui, basé sur un échange réciproque, un donnant-donnant. Dans le monde judéo-chrétien, il est signifié par le pacte du mont Sinaï, où Moïse reçoit les commandements de Dieu.

 

Si on pense que l’athéisme est le contraire d’une religion instituée, comme la chrétienne, on découvrira dans Wikipédia qu’il existe un athéisme chrétien (titre d’un article), comme aussi un athéisme juif.

 

Pour le premier, Jésus est un enseignant, un guide moral et un maître spirituel. En aucune façon il n’est un dieu, la seconde personne de la Trinité, comme l’ont affirmé les dogmes qui l’ont recouvert en l’instrumentalisant, après sa mort. Sans doute celui qui fut apparemment un rabbin marginal n’eût pas voulu de cette divinisation. Il s’est contenté de revivifier l’orthopraxie traditionnelle : « Pourquoi m’appelez-vous ‘Seigneur’, ‘Seigneur’, et ne faites-vous pas ce que je dis ? » (Luc 6/46)

 

Bien sûr son enseignement a été très vite recouvert par les valorisations toujours majorées de sa personne, visibles dans les textes mêmes qui se réclament de lui. Mais peu importe : sa voix personnelle était initialement subordonnée au message qu’il portait, qui est le plus important. Je dirais même alors, quitte à choquer, que son existence historique réelle n’importe guère. Ce qui compte est Une voix nommée Jésus, comme j’ai intitulé mon livre consacré à l’évangile selon Thomas (Dervy, 2010), et les changements que cette voix peut opérer en nous.

 

Pourquoi faire intervenir Dieu dans ces changements, sauf à maintenir l’homme dans une éternelle enfance, craignant le châtiment qui peut tomber sur lui, espérant l’écarter par sa soumission, et aspirant toujours à des récompenses et des bienfaits prodigués d’en-haut ? Cette vision du type carotte-bâton est aliénante, et de ce point de vue la divinisation de Jésus, loin d’être une libération, est une régression psychique.

 

Quand une automobile ne marche pas, il ne faut pas l’accabler de malédictions, mais ouvrir le capot et rechercher d’où vient la panne. Sinon on ajoute un nouveau malheur à un malheur, par une double peine. On peut voir la voix de Jésus comme celle d’un thérapeute, pour qui c’est bien assez que les hommes soient déjà punis par leurs errements, et non pas en plus punis pour eux.

 

Article paru dans Golias Hebdo, 27 mai 2021

 

D.R.

 

 

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19 septembre 2026 6 19 /09 /septembre /2026 11:39

La Vie au milieu des sables de la vie :

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18 septembre 2026 5 18 /09 /septembre /2026 01:01

Un ancien article (29 avril 2021)

 

J’ai regardé avec beaucoup d’intérêt l’excellente émission Salvator Mundi : la stupéfiante affaire du dernier Vinci, passée sur France 5 le 13 avril dernier.

 

On y apprend qu’un tableau dont on ne sait encore s’il est vraiment de Vinci a été acheté 1000 dollars, et après des passages rocambolesques de main en main ainsi que des spéculations de tous ordres racheté finalement par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane 450 millions de dollars, ce qui en fait le tableau le plus cher du monde.

 

Ce qui m’a frappé est que jamais on n’a parlé dans l’émission du sujet du tableau. On s’est contenté de discuter de son authenticité (est-il de Vinci ou non ?), et des montages financiers dénués de scrupules qui ont permis l’envolée faramineuse de son prix. Personne par exemple n’a remarqué qu’il est étrange qu’il ait pu être acheté par un prince arabe, appelé à régner sur un pays détenteur des lieux saints de l’Islam, alors qu’il représente un motif religieux chrétien. Normalement la tradition iconoclaste musulmane aurait dû l’en détourner, et susciter de sa part l’indifférence, si ce n’est l’hostilité.

 

En vérité, mû par des raisons géopolitiques, il a voulu assurer son pouvoir : après avoir régné par le pétrole, qui n’est pas inépuisable, il s’agit maintenant de régner par un soft power : le tableau trônera dans un des nombreux musées qu’il projette dorénavant d’installer dans son pays, et cela y favorisera le développement du tourisme.

 

La leçon de tout cela est simple : Dieu disparaît de l’horizon des hommes, et le remplacent l’argent et le pouvoir, les deux étant indissolublement liés. On spécule non pas sur un tableau et son sujet, sa signification, mais sur un simple nom postulé (celui de Vinci). C’est une bulle tout à fait creuse, comme toutes les bulles financières : abstraction pure, où le formel l’emporte sur le significatif.

 

L’art traditionnellement figurait les dieux, incarnait d’abord des croyances, puis des rêves, collectifs et individuels. Aujourd’hui il s’en est émancipé, vidé de son contenu. Autrefois sacré ou religieux, habité en tout cas, maintenant il est devenu autonome, et à la fin il en reste une forme évanescente et creuse, le simple nom de l’artiste supposé comme prétexte à jongleries financières.

 

Déplore-t-on cette fin ? En regard, voyez les icônes, bien habitées quant à elles par une Transcendance : subordonnées à plus grand qu’elles, elles ne sont pas signées.

 

Article paru dans Golias Hebdo, 29 avril 2021

 

D.R.

 

***

 

Ce texte est à paraître dans le journal Golias Hebdo. D'autres textes comparables figurent dans l'ouvrage suivant, premier tome d'une collection, dont on peut feuilleter le début (Lire un extrait), et qu'on peut acheter sur le site de l'éditeur (Vers la librairie BoD). Le livre est aussi disponible sur commande en librairie, ou sur les sites de vente en ligne.

Petite philosophie de l'actualité
Théron, Michel
15,00Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Les textes composant cet ouvrage sont tous parus, sous leur forme initiale, dans un journal hebdomadaire. Souvent inspirés par l'actualité, ce qui les rend plus vivants, ils ont cependant un contenu intemporel, et se prêtent toujours à une réflexion philosophique. Ils peuvent servir de points de départ pour la réflexion individuelle du lecteur, mais aussi ils peuvent alimenter des débats thématiques collectifs (cours scolaires, cafés-philo, réunions de réflexion...).

Pour voir l'ensemble des volumes parus dans cette collection, cliquer ici.

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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