Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 01:01

En ce jour de Pâques, je publie ici un article destiné à Golias Hebdo.

 

Celle du Christ est commémorée par les chrétiens à l’occasion de la fête de Pâques. D’un point de vue symbolique, elle correspond à celle de la végétation, qui renaît chaque année au printemps. L’œuf de Pâques aussi a la même fonction, car il contient en germe une future naissance.

 

À l’image de la résurrection du Christ, vue littéralement, certains croient qu’il en sera de même pour leur propre corps : après leur mort, ils renaîtront physiquement pour affronter le jour du Jugement. Cette vision du phénomène est attestée dans le Symbole des Apôtres, sous le nom de « résurrection de la chair ». Le Symbole de Nicée, lui, est beaucoup plus prudent, puisqu’il ne parle pas de la « mort » du Christ, en ne prononçant même pas ce mot.

 

Renaître corporellement est affaire de foi pure, et je me garderai bien de critiquer ceux qui l’ont. Cependant, pour certains esprits plus rationnels, une autre version de la résurrection est possible, une version symbolique. On pourrait parler d’un redressement spirituel, qui dans l’évangile selon Jean est gagé sur l’écoute d’une parole : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit en celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle ; il ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. » (5/24) Les temps ici concernent uniquement le présent, et non pas le futur, le temps de ce Jugement à venir dont on nous a longtemps menacés.

 

Au reste, combien de fois mourons-nous déjà dans nos vies ! Pensons à toutes les blessures que nous avons reçues et qui ont laissé des traces au fond de nous, à tous les deuils que nous avons éprouvés, à toutes les ruptures dont nous avons été victimes, et qui souvent sont aussi meurtrières que la mort elle-même ! C’est merveille que de pouvoir s’en relever ! Couturés de cicatrices, sans espoir salvateur, combien un redressement est inattendu quand il se produit ! Le miracle de l’amour est que quelqu’un puisse nous aimer encore quand nous ne nous aimons plus.

 

Finalement la résurrection, vue ainsi, est simplement une capacité de résilience, qu’elle soit fondée sur la metanoïa ou conversion évangélique, ou simplement sur l’action réparatrice de la vie. Cette version (préférable pour moi) pourrait se résumer par cette formule de l’évangile selon Philippe : « Ceux qui disent que Jésus est mort, puis est ressuscité, se trompent. En vérité, il est d’abord ressuscité, et puis il est mort. »

 

D.R.

 

***

 

Ce texte est à paraître dans le journal Golias Hebdo. D'autres textes comparables figurent dans l'ouvrage suivant, premier tome d'une collection, dont on peut feuilleter le début (Lire un extrait), et qu'on peut acheter sur le site de l'éditeur (Vers la librairie BoD). Le livre est aussi disponible sur commande en librairie, ou sur les sites de vente en ligne.

Petite philosophie de l'actualité
Théron, Michel
15,00Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Les textes composant cet ouvrage sont tous parus, sous leur forme initiale, dans un journal hebdomadaire. Souvent inspirés par l'actualité, ce qui les rend plus vivants, ils ont cependant un contenu intemporel, et se prêtent toujours à une réflexion philosophique. Ils peuvent servir de points de départ pour la réflexion individuelle du lecteur, mais aussi ils peuvent alimenter des débats thématiques collectifs (cours scolaires, cafés-philo, réunions de réflexion...).

Pour voir l'ensemble des volumes parus dans cette collection, cliquer ici.

Partager cet article
Repost0
2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 01:01

Je republie ici un article paru en son temps dans Golias Hebdo, et consacré à la façon dont on peut considérer la famille.

 

L

es catholiques viennent de fêter la fête de la Sainte Famille, fixée au dimanche qui suit Noël. Il s’agit bien entendu de la famille de Jésus, qu’on nous invite à célébrer.

 

Pourtant, en ouvrant mon Évangile, j’y remarque le passage suivant : « Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs,  il ne peut être mon disciple. » (Luc 14/26) Quel décalage, alors, entre ce refus radical de la famille bio­logique, et cette fête qu’on nous propose !

 

Ce texte me poursuit toujours, d’autant que le verbe haïr (en grec, miseîn) y figure, et qu’il ne sert à rien de vouloir l’atténuer.

 

De ma perplexité, cependant, m’a tiré la lecture de l’évangile selon Thomas. On y lit en effet, au logion 101 : « Celui qui ne récuse son père et sa mère comme moi ne pourra devenir mon disciple, et celui qui n’aime son Père et sa Mère comme moi ne pourra devenir mon disciple. Car ma mère m’a engendré, mais ma véritable Mère m’a donné la vie. »

 

Enfin un texte magnifiquement lumineux ! Pourquoi faut-il à la fois récuser père et mère, et les aimer ? C’est que, dans le premier cas, il s’agit des parents réels, dont nous avons tôt fait de voir, par la proximité même où nous sommes d’eux, les imperfections, les faiblesses. Et dans le second cas, il s’agit des parents idéaux, mythiques, archétypaux.

 

Ce sont des projections admiratives que nous faisons, enfants, sur nos parents, mais dont le souvenir peut nous accompagner toute notre vie, pour conjurer la déception que fatalement ils nous donnent dans le monde réel. Peut-être au fond nos parents ainsi idéalisés, projetés et attendus par notre psyché ne naissent-ils pleinement en nous que lorsqu’ils meurent...

 

Parfois ce sont le Parrain et la Marraine qui jouent dans la réalité ce rôle de Père divin et Mère divine, en anglais Godfather et Godmother. Pour les enfants qui ont la chance d’en avoir, ils peuvent correspondre à ce profond besoin psycho­logique de sécurisation, en tirant leur prestige de leur éloignement même. En dehors même de toute signification religieuse, je dirai que l’usage de donner ainsi des garants tutélaires à l’enfant qu’on baptise est bénéfique : sa vérité pour moi est son utilité.

 

Si donc Père et Mère idéaux sont les caryatides qui soutiennent l’enfant balcon, ils peuvent rester pour nous adultes des viatiques vivifiants : il est bien dommage que Luc n’en ait pas fait mention, et nous laisse sur un mot abrupt et tranchant qui peut désespérer.

 

Aussi, même si comme disait Jules Renard tout le monde dans la réalité n’a pas la chance d’être orphelin, tout le monde peut garder et chérir au fond de soi le souvenir de ses parents idéaux, qui constituent la vraie famille – spirituelle.

 

5 janvier 2009

 

D.R.

 

Voir aussi :

***

 

Le texte ci-dessus, initialement paru dans Golias Hebdo, fait maintenant partie de mes Chroniques religieuses, ouvrage en deux tomes, disponible en version papier et e-book : 

Partager cet article
Repost0
31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 01:01

 

Rien n’existe qui n’ait son ombre

Un fantôme qui toujours veille

Où s’écrit en instants sans nombre

La signature du soleil



Ne rêve jamais t’en soustraire

Sinon tu ne le pourrais pas

On ne peut jamais s’en défaire

Ce que tu fuis suivra tes pas



En toi est un monde ignoré

Qui se nourrit de tes refus

Où se mélangent sans arrêt

Monde clair et monde confus



Et le premier n’est rien sans l’autre

Dont la leçon nous donne à voir

Comment dans une vision nôtre

Se magnifie le blanc du noir...

 

 

***

 

D'autres photos accompagnées de poèmes figurent dans mes derniers livres Éternels instants (Tomes I, II, III et IV). Ce sont des petits livres d'art de 100 pages chacun, format 12 x 19 cm, imprimés sur papier photo brillant 200 gr. On peut les offrir en cadeau, ou s'en faire cadeau à soi-même. Vous pouvez en feuilleter le début (cliquer ci-dessous sur Lire un extrait), les commander sur le site de l'éditeur (cliquer sur Vers la librairie BoD), ou bien en librairie (diffusion SODIS), ou sur les sites de vente en ligne 

ISBN : 9782322133673, 9782322171361, 9782322193066, 9782322223541 

Éternels instants 1
Théron, Michel
15,00Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

La photographie est un arrêt du temps. Les poèmes qui accompagnent les photos de ce livre procèdent aussi de l'intention d'arrêter le temps, dont le déroulement n'est pas vu comme un accomplissement, mais comme une dégradation, ainsi que l'ont bien remarqué les gnostiques chrétiens, dont ce livre reprend les intuitions. Chronos dévore implacablement ses enfants, tel l'ogre de Goya dans son tableau "Saturne". Heureusement qu'à de certains moments transperçants l'éternité (...)

 

è Pour voir les trois ouvrages suivants de cette collection, cliquer : ici.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de michel.theron.over-blog.fr
  • : "Mélange c'est l'esprit" : cette phrase de Paul Valéry résume l'orientation interdisciplinaire de mon blog. Dans l'esprit tout est mêlé, et donc tous les sujets sont liés les uns aux autres. - Si cependant on veut "filtrer" les articles pour ne lire que ce qui intéresse, aller à "Catégories" dans cette même colonne et choisir celle qu'on veut. On peut aussi taper ce qu'on recherche dans le champ "Recherche" dans cette même colonne, ou encore dans le champ : "Rechercher", en haut du blog - Les liens dans les articles sur le blog sont indiqués en couleur marron. Dans les PDF joints, ils sont en bleu souligné. >>>>> >>>>> Remarque importante (avril 2021) : Vous pouvez trouver maintenant tout ce qui concerne la Littérature, la Poésie et l'Art dans mon second blog, "Le blog artistique de Michel Théron", Adresse : michel-theron.eu/
  • Contact

Profil

  • www.michel-theron.fr
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

Recherche

Mes Ouvrages