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5 octobre 2021 2 05 /10 /octobre /2021 01:05

L’

Église vient de rappeler à ses évêques les règles en vigueur pour le choix du pain et du vin pendant la messe. Elle ne veut pas d’hostie sans gluten, mais y admet l’introduction des OGM (Source : LePoint.fr, 08/07/2017).

 

Autrement dit, les personnes souffrant de maladie cœliaque, allergiques au gluten, et les écologistes hostiles aux OGM ne pourront communier. Cela fait beaucoup d’ostracismes !

 

Pour les catholiques, le pain et le vin deviennent réellement le corps et le sang du Christ pendant l’eucharistie, mais pour que s’opère cette transsubstantiation le pain doit être azyme (sans levain) et de pur froment, et le vin provenir de pur raisin, non aigri (transformé en vinaigre). Si ces deux conditions ne sont pas remplies, le sacrement ne s’accomplit pas (non conficitur sacra­mentum).

 

Je renvoie ici aux Instructions pour dire la Messe (Ordo Missae, Imprimerie du Vatican, 1965, en latin : pp.59-62). La matière est plus essentielle que la personnalité même de l’offi­ciant : si celui-ci est en état de péché mortel, si même il prononce les paroles liturgiques pour s’en amuser (delusorie), pourvu que ces dernières et le rite soient bien observés, valable est le sacrement (ibid., p.63) !

 

Par exemple les Donatistes du 4e siècle, qui pensaient qu’un sacrement était invalidé par l’indignité de celui qui l’administre, ont été attaqués par saint Augustin et décrétés hérétiques.

 

Que ne connaît-on l’histoire, pour relativiser tout cela ! Déjà l’opposition entre les partisans du pain sans levain (azymites), et ceux du pain levé (fermentaires) a été une des causes au 11e siècle de la séparation des églises chrétiennes d’Occi­dent et d’Orient.

 

Ensuite sur la signification de la présence réelle du corps du Christ sur l’autel on a hésité pendant tout le premier millénaire. On disait prudemment que cette présence se faisait d’une certaine manière (super quemdam modum), sans plus. Ses conditions matérielles n’ont été fixées par Rome qu’à partir du Concile de Trente, contre les protestants réformés qui voyaient dans la dernière Cène un sens non littéral, mais symbolique.

 

Et on connaît la fameuse Querelle des rites, des 17e et 18e siècles, où Rome a refusé que les mis­sionnaires puissent utiliser pour la messe d’autres matières que le pain et le vin, inconnus des populations évangélisées.

 

Pourquoi s’obstiner ainsi sur une vision si matérialiste et réductrice d’un usage ? Perseverare diabolicum !

 

24 août 2017

 

 

D.R.

***

 

Ce texte est extrait du livre suivant, dont on peut feuilleter le début (Lire un extrait), et qu'on peut acheter sur le site de l'éditeur (Vers la librairie BoD) :

 

Petite philosophie de l'Insolite
Théron, Michel
17,00Livre papier
Lire un extrait

DESCRIPTION

Les textes composant cet ouvrage sont tous parus, sous leur forme initiale, dans un journal hebdomadaire. Ils concernent des sujets d'actualité étranges, bizarres, insolites, souvent amusants, mais se prêtant toujours à un commentaire philosophique. Ils peuvent servir de points de départ pour la réflexion individuelle du lecteur, mais aussi ils peuvent alimenter des débats thématiques collectifs (cours scolaires, cafés-philo, réunions de réflexion...).

 

***

 

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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 11:17

Voici, mise sur mon blog artistique, la suite de mes réflexions sur les Impasses de l'Art moderne :

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3 octobre 2021 7 03 /10 /octobre /2021 01:01

J’ai revu récemment sur Arte le film de Matthieu Kassowitz La Haine, sorti en 1995. Ce qui m’a frappé est que les trois jeunes gens originaires des banlieues dont le film suit les aventures parlent constamment, mais par seules bribes. Suivant la pure impulsion du moment, ils abandonnent un sujet pour passer aussitôt à un autre. Guidés par leurs instincts et en proie à leurs émotions, ils sont incapables d’enchaîner un discours suivi. Au milieu du film, un vieil homme leur raconte une histoire assez longue, sur laquelle ils pourraient réfléchir. Mais non, ils n’y comprennent rien, et tout ce qu’ils trouvent à dire est : « Mais qu’a-t-il voulu nous dire ? »

 

Il me semble que là est une origine de la déshérence des banlieues : l’incapacité de ces jeunes à saisir un discours d’une certaine longueur. Or on sait que c’est le langage qui est civilisateur. Il remplace l’expression pure de l’instinct dans le monde réel par la représentation des choses qui s'y trouvent, et par rapport auxquelles il crée une distance salutaire. La nature, dont sont très proches les jeunes gens du film, ne connaît que les faits, et comme loi, celle du fait accompli. Seul le langage peut faire imaginer autre chose que les faits seuls, se représenter des normes, et faire reculer l’expression des instincts. La pensée du forfait assortie de celle de son châtiment peut l’empêcher de survenir.

 

C’est surtout le cas, au sein du langage, du discours suivi, d’une certaine longueur. C’est la fonction traditionnelle des mythes et des récits. Plus peut-être que les seules injonctions. La Bible, par exemple, connaît les deux. Ainsi, le Lévitique ne contient que des injonctions, qui n’ont d’autre but que faire baisser la tête. Mais les récits, dont par exemple le livre de Jonas, font appel à l’intelligence de l’auditeur ou du lecteur. Des marges d’indétermination s’insinuent en eux, et le message qu’ils offrent n’est pas univoque. Réfléchir sur eux permet la métacognition, c’est-à-dire la capacité qu’a la pensée à s’interroger elle-même. Il me semble qu’il est plus digne d’un homme de les fréquenter, car il peut co-créer à bien des siècles de distance avec leur rédacteur. C’est pourquoi personnellement, à la Chanson de Roland ou à La Marseillaise, je préfère comme « récit national » les fables de La Fontaine, qui font réfléchir et non marcher au pas.

 

Quel dommage que nos trois « héros » n’y aient pas accès !

 

D.R.

 

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  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).
  • Agrégé de lettres, professeur honoraire en khâgne et hypokhâgne, écrivain, photographe, vidéaste, chroniqueur et conférencier (sujets : littérature et poésie, stylistique du texte et de l'image, culture générale et spiritualité).

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